March 20, 2014 / 9:40 AM / 4 years ago

Ayrault appelle à faire barrage au FN, l'UMP accuse

PARIS (Reuters) - A trois jours du premier tour des municipales, Jean-Marc Ayrault exhorte la droite à tout faire pour éviter l’élection de maires Front national, un appel implicite au “front républicain” qu’a rejeté l’UMP.

Jean-Marc Ayrault appelle la droite à "tout faire" pour éviter que des maires Front national soient élus lors des élections municipales dont le premier tour a lieu dimanche. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le FN présente 596 listes et espère conquérir des villes sur ses terres d’influence - Hénin-Beaumont dans le Nord, Tarascon ou Brignoles dans le Sud-Est, par exemple.

Le seuil de qualification pour le second tour ayant été abaissé à 10% des suffrages exprimés, le parti de Marine Le Pen pourrait se maintenir dans plusieurs centaines de communes et imposer des triangulaires, voire des quadrangulaires.

“Les républicains devraient tout faire pour qu’il n’y ait aucune possibilité qu’il y ait un maire Front national dans une commune de France”, déclare le Premier ministre dans une interview enregistrée mercredi par Radio J et diffusée jeudi.

“Dès le soir du premier tour, les socialistes diront - moi je serai le premier à le dire - : ‘Tout faire pour empêcher l’élection d’un maire Front national’”, a-t-il ajouté.

Le Parti socialiste et l’UMP craignent que le Front national ne prospère dans un contexte d’abstention record.

Un sondage Ipsos-Steria pour France 3 et Le Monde diffusé jeudi montre que 30% des Français jugent que l’élection d’un maire FN serait “une bonne chose”.

Le Front national, qui a “ruiné les communes”, “se développe sur le désarroi et les peurs, mais il n’apporte aucune solution”, souligne Jean-Marc Ayrault.

Il presse l’UMP de répondre dès dimanche à son appel et la met en garde, notamment son président Jean-François Copé, contre la tentation de courir “derrière les idées du Front national”.

“Les responsables de l’UMP, M. Copé en première ligne, prennent une lourde responsabilité par rapport à leur parti et par rapport aux intérêts de la France et des valeurs républicaines”, estime Jean-Marc Ayrault.

“On verra dès dimanche soir ce que l’UMP sera capable de faire”, insiste-t-il, plaçant les ténors du parti d’opposition devant leurs contradictions.

“HORS DE QUESTION DE VOTER POUR LE PS”

Jean-François Copé a rejeté catégoriquement l’appel “extravagant” du Premier ministre, accusant la gauche d’user de “vieilles ficelles mitterrandiennes” pour recueillir dans les urnes les fruits d’une montée artificielle du FN.

“Jean-Marc Ayrault, en faisant cela, adresse un message très clair : il nous explique qu’il souhaite que le Front national fasse le score le plus élevé possible pour pouvoir grâce à ça s’exonérer de toute responsabilité et nous resortir la vieille ficelle de la ‘République en danger’”, a-t-il dit au “Talk” Orange-Le Figaro.

Pour le président de l’UMP, il est “hors de question” au second tour “d’accepter la moindre alliance, la moindre fusion avec le Front national, mais hors de question également de voter pour le PS qui est allié à l’extrême gauche de M. Mélenchon qui n’a rien à envier à l’extrême droite”.

La seule issue, pour le député-maire de Meaux, est de voter UMP dès le premier tour pour éviter des triangulaires, montées de toutes pièces selon lui par le PS. “Tout est organisé pour une alliance entre le Front national et le PS, tout est fait pour ça”, a-t-il affirmé.

L’UMP s’en tient officiellement à la ligne contestée du “ni ni” (ni Front national ni Front républicain dans les cas où un candidat de gauche se retrouve seul face à un candidat FN), une ligne dictée par Nicolas Sarkozy lors des cantonales de 2011, lorsque le FN s’était maintenu dans près de 400 cantons.

L’ancien Premier ministre François Fillon a fait voler en éclats cette doctrine en septembre dernier en conseillant de voter pour “le moins sectaire” des candidats dans l’hypothèse d’un duel de second tour entre un socialiste et un Front national, une recommandation légitimant de fait le vote FN.

Ses propos ont suscité une vive polémique au sein du parti d’opposition, déchiré entre les tenants d’une “droite décomplexée” ouverte aux thèmes du FN et le camp des modérés.

Le secrétaire général du Front national, Steeve Briois, a dénoncé les déclarations “intolérables” de Jean-Marc Ayrault qui sonnent selon lui comme un “signal de rassemblement de l’UMPS”.

“Il est toujours aussi piquant de voir les pseudo-défenseurs de la démocratie représentative péter les plombs quand leur quasi-monopole est en passe d’être démantelé”, dit-il dans un communiqué.

Sophie Louet avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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