March 11, 2014 / 11:09 AM / in 4 years

Interpol doute de la piste terroriste pour l'avion malaisien

LYON (Reuters) - Interpol a émis mardi des doutes sur la piste terroriste dans l’enquête sur la disparition du Boeing malaisien, samedi, et annoncé que deux passagers détenteurs de passeports volés à des ressortissants italien et autrichien avaient utilisé des passeports iraniens dans un vol précédent.

Lors d'une conférence de presse au siège d'Interpol, à Lyon. L'organisation de coopération policière doute de la piste terroriste dans l'enquête sur la disparition du Boeing de Malaysia Airlines, samedi. /Photo prise le 11 mars 2014/REUTERS/Robert Pratta

Le Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines a disparu des écrans radars une heure environ après son décollage de Kuala Lumpur, la capitale malaisienne, à destination de Pékin. Il avait à son bord 239 personnes, dont quatre Français.

“Plus nous recevons d’informations, plus nous sommes enclins à conclure que ce n’est pas un incident terroriste”, a dit lors d’une conférence de presse le secrétaire général de l’organisation de coopération policière basée à Lyon, Ronald K. Noble.

Selon lui, deux détenteurs de passeports iraniens utilisés pour un vol entre Doha et Kuala Lumpur ont ensuite utilisé des passeports volés à des ressortissants italien et autrichien en 2012 et 2013 pour le vol Kuala Lumpur-Pékin.

Ils étaient âgés respectivement de 18 et 29 ans.

“L’un d’eux se rendait à Francfort pour retrouver sa mère, il s’agit d’un trafic d’êtres humains et non pas de terrorisme”, a expliqué le secrétaire général. “On a pu savoir, auprès de ceux qui connaissaient ces personnes, qu’ils cherchaient un statut de réfugié à la recherche d’une vie meilleure, on a ainsi pu exclure une intention criminelle.”

MANQUE DE CONTRÔLES

La police de Thaïlande, pays où les documents d’identité avaient été dérobés, pense, comme son homologue malaisienne, que les deux hommes qui voyageaient avec des passeports volés à bord du Boeing 777 n’avaient rien à voir avec le terrorisme, les premiers éléments laissant penser qu’ils étaient plutôt en quête d’asile dans un pays tiers.

L’agence de coopération policière a profité de l’affaire de la disparition du vol MH 370 pour alerter les Etats sur la nécessité du contrôle des passeports qui ne serait dans les faits pas suffisamment réalisée.

“Notre inquiétude est que plus d’un milliard de fois par an, des gens voyagent sans que leur passeport soit vérifié sur notre base de données, il est fréquent de voir des gens traverser les frontières sans que leur passeport soit contrôlé”, a regretté Ronald Noble.

Il a rappelé que le 11 septembre 2001, mais également lors de l’attentat du Word Trade Center en 1993, les responsables avaient utilisé des passeports volés.

Il a vivement regretté la trop faible consultation de la base de données mise au point par Interpol par les aéroports.

“L’Asie consulte moins notre base de données qu’elle ne devrait. Elle pourrait faire beaucoup mieux”, a-t-il dit.

Il a précisé que la base de données recensant les passeports volés comptait 40 millions de documents.

“Quatre passagers sur 10 seraient en possession de passeports volés ou perdus, c’est très courant”, a-t-il assuré. Il a également alerté l’opinion sur la nécessité de ne plus utiliser les passeports perdus puis retrouvés par leurs titulaires. “C’est comme pour une carte de crédit”.

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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