March 11, 2014 / 8:08 AM / 4 years ago

Paris et l'UE maintiennent la pression sur Moscou sur l'Ukraine

PARIS (Reuters) - Des sanctions contre la Russie pourraient être prises dès cette semaine si Moscou ne répond pas à la proposition transmise par le secrétaire d’Etat américain John Kerry pour éviter une escalade en Ukraine, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Un soldat, faisant probablement partie des forces russes, à l'entrée d'une base militaire ukrainienne près de Simféopol. Selon le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, des sanctions contre la Russie pourraient être prises dès cette semaine si Moscou ne répond pas à la proposition transmise par le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, pour éviter une escalade en Ukraine. /Photo prise le 11 mars 2014/REUTERS/Vasily Fedosenko

John Kerry a averti samedi que toute initiative de Moscou en vue d’annexer la Crimée mettrait fin aux efforts diplomatiques pour régler la crise russo-ukrainienne.

“Nous leur avons envoyé une proposition pour cette désescalade, s’ils répondent positivement, John Kerry ira à Moscou et à ce moment-là, les sanctions ne sont pas immédiates”, a déclaré Laurent Fabius sur France Inter.

“S’ils ne répondent pas, ou s’ils répondent négativement, à ce moment-là il y a un train de sanctions qui peut être pris dès cette semaine”, a-t-il ajouté.

Laurent Fabius a cité le possible gel d’avoirs personnels à l’égard de Russes ou d’Ukrainiens, ou des sanctions sur les déplacements en matière de visas.

Paris ne doute pas de la tenue du référendum controversé prévu dimanche sur un rattachement de la Crimée à la Russie, que les nouvelles autorités ukrainiennes de même que l’Europe et les Etats-Unis considèrent comme illégal.

“Notre position, c’est bien sûr la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de considérer que la consultation qui aura lieu -car elle va avoir lieu- dimanche n’a pas de valeur juridique dans le droit international”, souligne-t-on dans l’entourage de François Hollande.     

“Pour qu’il y ait une consultation sur l’avenir d’un territoire, il faut qu’il y ait accord du gouvernement légitime de ce territoire”, ajoute-t-on. 

Le parlement ukrainien a menacé de dissoudre l’assemblée de la République autonome de Crimée si cette consultation n’était pas annulée d’ici mercredi.

AUCUNE LÉGITIMITÉ

Les élus, majoritairement russophones, du parlement criméen se sont prononcés par un vote la semaine dernière en faveur du rattachement à la Fédération de Russie et ont décidé de soumettre à référendum leur décision.

“De toutes les manières, le seul vote légitime, c’est le vote du 25 mai pour le président de la République en Ukraine, le vote du 16 mars n’a aucune légitimité”, a dit Laurent Fabius.

Son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier a souligné pour sa part mardi que l’UE préférait éviter la confrontation avec la Russie mais n’aurait d’autre choix que de préparer une riposte si Moscou ne fait pas machine arrière en Crimée, où elle a pris le contrôle des points stratégiques.

“Si le week-end se passe sans changement manifeste de l’attitude de la Russie, alors lundi au conseil européen nous devrons envisager un nouveau train de mesures”, a-t-il dit lors d’une visite dans les Etats baltes.

“Nous ne souhaitons pas la confrontation, mais étant donné les mesures prises par la Russie, nous devons malheureusement nous y préparer, comme je l’ai exposé devant vous”, a dit Steinmeier à la presse à Tallinn, en Estonie.

Pour l’entourage de François Hollande, il est nécessaire de maintenir la pression sur Moscou.

“Dimanche, il y a cette consultation, ensuite on va voir ce que va faire Moscou -si la Douma est saisie ou pas. Il y a une pression à avoir”, souligne-t-on. “On voit bien qu’il y a depuis le début de cette affaire du chaud et du froid. D’un côté on dit ‘le groupe de contact, pourquoi pas’, et d’un autre on laisse le processus se poursuivre en Crimée”.

L’Union européenne a déjà adopté un premier train de sanctions contre la Russie, en suspendant les discussions sur le régime des visas, qui avaient débuté en 2007, et sur un accord global censé régir les relations entre Moscou et l’UE.

L’Ukraine s’imposera au menu du Conseil européen de printemps la semaine prochaine qui réunira les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Huit à Bruxelles les 20 et 21 mars.

Gilles Guillaume et Elizabeth Pineau; édité par Henri-Pierre André

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