March 5, 2014 / 3:24 PM / 5 years ago

L'hypothèse d'un remaniement à brève échéance se précise

PARIS (Reuters) - L’hypothèse d’un remaniement ministériel après les élections municipales des 23 et 30 mars se précise en France, où le maintien de Jean-Marc Ayrault à la tête d’un gouvernement resserré semble, pour l’heure, le scénario le plus probable.

L'hypothèse d'un remaniement ministériel après les élections municipales se précise. Le maintien de Jean-Marc Ayrault à la tête d'un gouvernement resserré semble, pour l'heure, le scénario le plus probable. /Photo prise le 19 février 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

Le Premier ministre, qui dirige depuis 22 mois une turbulente équipe de 37 membres, a pris dans les devants dans Le Parisien de dimanche dernier en se disant “favorable” à une équipe “resserrée”, citant en exemple le gouvernement allemand.

La balle reste dans le camp de François Hollande, président le plus impopulaire de la Ve République en passe de lancer, avec le pacte de responsabilité, le pari majeur de son quinquennat.

A la présidence, on souligne que “l’idée et l’intérêt est que le Premier ministre dure le plus longtemps possible”.

“On n’en change pas deux ou trois fois dans un quinquennat. On en change une fois. Il faut bien choisir le moment et la personne, il ne faut pas se tromper”, ajoute-t-on.

Pour une partie de la majorité, le temps du changement est venu, au moment où la droite reste empêtrée dans ses divisions et les tourments visant notamment le président de l’UMP Jean-François Copé, accusé d’avoir privilégié des proches, et l’ancien président Nicolas Sarkozy, à travers l’affaire des écoutes présumées de Patrick Buisson.

“LE PACTE, CE N’EST PAS SON TRUC”

“Jean-Marc Ayrault, il fait le ‘Pacte’ mais il n’y croit pas. Ce n’est pas son truc. Il a même le sentiment que ça se fait contre sa réforme fiscale”, dit un élu socialiste.

A ses yeux, un changement à Matignon s’impose pour François Hollande “qui court, sinon, le risque d’une usure et que le pays lui file entre les doigts”.

Régulièrement attaqué, Jean-Marc Ayrault oppose toutefois sa “sérénité” et son “désintéressement” aux rumeurs, insistant sur la légitimité que François Hollande lui a conférée et se présentant comme celui qui pilotera le pacte de responsabilité.

Malgré la nervosité ambiante, les ministres tentent de rester stoïques.

“Les rumeurs de remaniement il y en a depuis le lendemain de la nomination du gouvernement, j’exagère à peine, donc on s’est un peu habitués à vivre avec ça”, déclarait la ministre de l’Economie numérique, Fleur Pellerin, la semaine dernière.

Interrogés fin février par l’Ifop pour Paris Match, les Français ont désigné Manuel Valls comme leur favori pour entrer à Matignon (49%). Le ministre de l’Intérieur arrive loin devant Jean-Marc Ayrault, à 24%, et le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, à 15%.

A l’Elysée, on se dit “surpris” par l’hypothèse Claude Bartolone et conscient que Manuel Valls, populaire chez les Français dans leur ensemble, “clive la majorité”. Laurent Fabius, répète quant à lui sur tous les tons qu’il a un travail à faire à la tête de la diplomatie française.

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis plaide dans Le Figaro de mercredi pour un remaniement après les élections européennes du 25 mai, “une fois que le peuple aura parlé, autrement dit quand les échéances électorales seront terminées”.

Mais les municipales sont jugées par beaucoup d’élus plus représentatives que le scrutin européen, pour lequel les sondages annoncent une forte abstention et une poussée de l’extrême droite. “On ne remanie pas après une élection discréditée”, tranche un pilier de l’Assemblée nationale.

PERSONNALITÉS EXPÉRIMENTÉES

Après 22 mois émaillés de “couacs” et d’accusations d’amateurisme contre une équipe où seuls quatre membres avaient, au départ, déjà occupé une fonction ministérielle, certains appellent de leur voeux l’arrivée de ministres expérimentés.

“En 2012, François Hollande a installé toute une génération aux postes de commande. Le résultat n’est pas concluant, donc il faut sans doute remiser avec quelques personnalités fortes qui ont un esprit collectif, pour insuffler une dynamique nouvelle”, plaide un responsable socialiste.

Un gouvernement resserré composé en partie de secrétaires d’Etat permettrait de faire le travail avec moins de monde au conseil des ministres, note un autre élu.

Au jeu des entrants, le nom de l’ancienne ministre de la Justice Elisabeth Guigou circule de même que celui du maire sortant de Paris, Bertrand Delanoë, qui affirme toutefois avoir d’autres projets.

Parmi les proches du chef de l’Etat, le nom du président de la Caisse des dépôts et consignations, Jean-Pierre Jouyet, est cité, de même que celui de l’ancienne candidate du PS à l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal.

La mère des quatre enfants de François Hollande a “reconstruit une relation de proximité” avec le président, souligne un proche de l’ancien couple.

“Elle s’est assagie. Il y a quand même le risque qu’elle décroche le téléphone à l’Elysée plutôt que celui du Premier ministre en cas de problème”, souligne-t-il.

Au-delà des personnes, l’Elysée est conscient que c’est de résultats dont François Hollande a besoin, dans une France plombée par le chômage et une économie atone.

“On ne récupère pas l’électorat par des mouvements de personnel”, note l’entourage du président. “Ce ne sont pas des changements de personnes qui donnent aux gens le sentiment que leur vie s’améliore. Ce qui compte, c’est la force avec laquelle on mène une politique. Ce qui compte, c’est : ‘est-ce que nous serons capables de montrer des résultats en 2017’”.

Edité par Yves Clarisse

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