March 3, 2014 / 11:34 AM / 4 years ago

Jean-François Copé contre-attaque sur le front de la transparence

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé, qui se dit victime d’une “chasse à l’homme”, a riposté lundi aux accusations de favoritisme du Point en s’engageant à rendre publique la comptabilité de l’UMP en échange d’une même transparence des autres partis et des médias.

Jean-François Copé a riposté lundi aux accusations de favoritisme du Point en s'engageant à rendre publique la comptabilité de l'UMP et en annonçant deux propositions de loi imposant la transparence financière aux partis et dirigeants d'organes de presse bénéficiant de la manne de l'Etat. /Photo prise le 3 mars 2014/REUTERS/Stéphane Mahé

Lors d’une déclaration au siège de l’UMP, dans un registre très offensif, le président du premier parti d’opposition a dénoncé “une campagne de presse haineuse”, une “vendetta”, “un climat nauséabond” et des “méthodes dignes de l’Inquisition” sans répondre sur le fond à l’enquête de l’hebdomadaire.

Le député-maire de Meaux s’en est pris violemment à “certains organes de presse” et a mis implicitement en cause ceux de ses adversaires politiques, dans la majorité mais aussi dans son camp, qui chercheraient selon lui à le déstabiliser avant les municipales et les européennes.

“Je ne suis dupe de rien, les Français non plus ne sont dupes de rien”, a-t-il souligné, affirmant exercer ses fonctions “avec droiture et avec honnêteté”. “Les ficelles sont tellement grosses, à quelques semaines de scrutins très importants”.

Visant sans le nommer Franz-Olivier Giesbert, ex-directeur de la publication du Point devenu conseiller de la publication, avec lequel l’inimitié est notoire, Jean-François Copé a fustigé les “tarfuffes bouffis d’orgueil”.

Le Point, dans son édition parue jeudi, accuse une société de communication fondée par des proches de Jean-François Copé d’avoir surfacturé l’organisation de meetings électoraux de Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle de 2012.

UNE “TRANSPARENCE” DÉJÀ À L’OEUVRE

Le président de l’UMP déposera mardi une plainte pour diffamation à l’encontre de l’hebdomadaire, a précisé son entourage.

Expliquant vouloir “prendre au mot les donneurs de leçons”, Jean-François Copé a annoncé le dépôt de deux propositions de loi en faveur de “la transparence et de la démocratie” à la reprise des travaux de l’Assemblée début avril.

Le premier texte imposera à chaque parti ayant une représentation parlementaire ouvrant droit à un financement public “de mettre à la disposition de ceux qui le souhaitent l’ensemble des documents comptables” du mouvement depuis 2007.

Le président de l’UMP, comme l’immense majorité du groupe UMP à l’Assemblée, avait voté contre la loi sur la transparence de la vie politique en décembre 2013 après l’affaire Cahuzac.

“Obligation” serait faite à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (Cnccfp) de publier l’intégralité des pièces comptables de chacun des candidats à la dernière et à l’avant-dernière présidentielles.

Cette autorité créée en 1990 contrôle chaque année les comptes des partis politiques français, qui sont accessibles.

Le second texte proposerait “que les principaux dirigeants et salariés” des organes de presse “qui utilisent des fonds publics” soient soumis aux mêmes règles de déclaration d’intérêt et de patrimoine que celles des parlementaires.

L’UMP MESURÉE, LA GAUCHE CAUSTIQUE

Les documents comptables de l’UMP seront placés sous scellés dans l’intervalle et mis à la disposition du public dès ces deux textes adoptés. “Pour qu’il n’y ait pas la moindre suspicion, nous allons les mettre dans une pièce pour que plus personne ne puisse y avoir accès”, a dit à la presse le directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux.

Un propos témoignant du climat de défiance qui continue de régner à l’UMP depuis les empoignades entre “copéistes” et “fillonistes” lors de l’élection à la présidence du parti en novembre 2012.

Son entourage a précisé que Jean-François Copé était seul à l’origine de la riposte de lundi et les soutiens à cette initiative étaient plus que mesurés au sein de l’UMP.

L’ancien Premier ministre François Fillon, qui souligne ne pas avoir de “raison de ne pas croire” Jean-François Copé, a jugé que les propositions du président de l’UMP devaient être débattues après les municipales, qui sont “la priorité”.

Brice Hortefeux, lieutenant de Nicolas Sarkozy, a pris acte sur BFMTV de “propositions personnelles”.

A gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir a estimé que Jean-François Copé pratiquait “l’esquive”, tandis que le porte-parole des députés PS, Thierry Mandon, a déploré une riposte “maladroite” d’un dirigeant “acculé” qui se lance dans une “croisade surréaliste” pour la transparence.

Sandrine Rousseau, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, s’est étonnée du “double discours” du président de l’UMP qui prône la transparence quand il est mis en cause personnellement. Pour Florian Philippot, vice-président du Front national, Jean-François Copé use d’une “vieille diversion” alors qu’il est “en train de se noyer” avec l’UMP.

Sophie Louet avec Yann Le Guernigou et Emile Picy, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below