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La grogne des pêcheurs s'étend, Michel Barnier à Bruxelles

PARIS (Reuters) - A deux jours d’une réunion avec le gouvernement, les pêcheurs en colère contre la hausse des carburants ont accentué la pression en bloquant des ports et terminaux pétroliers où en laissant leurs bateaux à quai.

LA FLAMBÉE DU GAZOLE

Le mouvement lancé il y a près d’une semaine à La Rochelle, en Charente-Maritime, Saint-Gilles-Croix-de-Vie et aux Sables d’Olonne, en Vendée, a gagné des ports de l’Atlantique, de la Manche et de la Méditerranée.

Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, s’est déclaré prêt de son côté à accélérer le versement des aides aux pêcheurs dans le cadre du plan de 310 millions d’euros sur trois ans annoncé en janvier.

Il a émis l’espoir que la Commission européenne approuverait le plan d’aide “dans les jours qui viennent”.

“Nous sommes dans la dernière ligne droite des négociations avec la Commission”, a-t-il dit après une réunion à Bruxelles avec ses homologues des Vingt-Sept. “Nous travaillons avec eux pour voir comment on pourrait utiliser plus rapidement et plus intensivement ces outils.”

Des pêcheurs ont bloqué lundi le terminal pétrolier de Lavera, dans les Bouches-du-Rhône, et les accès routiers du dépôt de carburant de Frontignan, près de Sète, dans l’Hérault, selon la gendarmerie.

A Dieppe (Seine-Maritime), des marins-pêcheurs ont bloqué lundi en début d’après-midi la ligne de ferries Transmanche Dieppe-Newhaven, a-t-on appris auprès du comité local des pêches.

Selon Eric Maret, président du comité de Dieppe, quelque 200 pêcheurs ont tendu un câble entre les jetées pour empêcher toute rotation des deux ferries de la compagnie Transmanche, filiale de LD Lines (Louis Dreyfus).

Dans la Manche, les manifestants bloquent “jusqu’à nouvel ordre” le port de plaisance de Cherbourg pour dénoncer le prix du gasoil et la politique des quotas.

“ON N’A RIEN VU VENIR”

D’autres pêcheurs ont opté pour la grève, comme à l’île d’Yeu (Vendée), Le Croisic (Loire-Atlantique), l’île d’Oléron (Charente-Maritime) ou en Bretagne-Nord.

Tous réclament des aides complémentaires dans la perspective de la réunion prévue mercredi avec le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, dans le cadre d’un comité de suivi d’un plan annoncé en janvier.

Les “aides promises” au début de l’année aux pêcheurs en difficulté en raison de la hausse des prix du carburant “seront versées”, a assuré lundi le ministre du Budget.

“Quand une profession souffre, l’Etat français en général joue son rôle. Des tas de choses ont été faites”, a déclaré Eric Woerth sur BFM-TV et RMC.

Dimanche, Michel Barnier a rappelé que le gouvernement s’était engagé à financer un plan pluriannuel de développement durable doté de 310 millions d’euros sur trois ans afin de permettre l’adaptation de la flotte aux enjeux actuels.

Le mouvement s’est étendu par solidarité en Méditerranée où des pêcheurs bloquent depuis dimanche soir les accès du terminal pétrolier de Lavera, dans les Bouches-du-Rhône.

Une dizaine de pétroliers n’ont pu accéder ou sortir du site.

“Les pêcheurs ont décidé ces opérations ponctuelles de blocage en signe de solidarité nationale avec la profession. Ces opérations vont se succéder jusqu’à la réunion de mercredi”, a dit le président du syndicat des pêcheurs de Méditerranée, Mourad Kahoul.

Trois des principaux armements de pêche de Bretagne-Nord - Porcher, Eouzan, Acarmor - représentant près d’une trentaine de navires côtiers et hauturiers ont décidé pour leur part de faire rentrer leurs navires à quai.

“A chaque fois qu’un bateau part en mer, on perd entre 3.000 et 5.000 euros par semaine. Alors grève ou pas grève, de toutes façons, économiquement, on est obligé de stopper. Et pour repartir, on ne se contentera pas de promesses”, prévient Emile Eouzan, qui dirige l’armement du même nom.

Selon lui, le plan annoncé en janvier n’a pas donné de résultats concrets jusqu’à présent.

“A part un chèque qui représente une semaine de frais de gasoil par navire, on n’a rien vu venir”, assure-t-il.

A Cherbourg, dans la Manche, les pêcheurs bloquent “jusqu’à nouvel ordre” le port de plaisance pour dénoncer le prix du gasoil et la politique des quotas.

“Avec ce carburant trop cher, c’est la mort de la pêche”, a déclaré Daniel Lefèvre, président du comité régional des pêches de Basse-Normandie.

Parallèlement, des pêcheurs poursuivaient lundi le blocage des ports de La Rochelle (Charente-Maritime) et maintenaient les barrages d’accès des camions au terminal pétrolier de la Palice.

“Nous maintiendrons les barrages au moins jusqu’à mercredi et la réunion avec le ministre de la Pêche”, a dit à Reuters Pascal Guénezan, l’un des organisateurs.

Gérard Bon avec Yves Clarisse et les correspondants régionaux de Reuters

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