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Les pêcheurs font monter la pression avant une réunion à Paris

PARIS (Reuters) - Les pêcheurs français intensifient leur mouvement contre la hausse du prix du gazole en bloquant terminaux pétroliers et ports de commerce, à la veille d’une réunion à Paris avec Michel Barnier.

LA FLAMBÉE DU GAZOLE

Nicolas Sarkozy a affirmé sa “détermination à défendre ce secteur essentiel” et annoncé une “adaptation” des aides existantes, mais pas de mesures nouvelles.

“Sarko menteur, les marins meurent”, proclame une banderole à La Rochelle, l’un des points chauds du mouvement.

Les marins-pêcheurs continuent la grève des sorties en mer et bloquent les accès maritimes et parfois routiers de ports de la Mer du Nord, de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée pour réclamer des mesures “concrètes”.

L’accès routier du terminal de Lavera à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), premier port pétrolier français et deuxième raffinerie du pays, a été fermé par une centaine de manifestants avec des palettes et des pneus, comme à La Rochelle, selon des sources syndicales.

Les pêcheurs ont aussi organisé des manifestations, comme à Arcachon (Gironde) où ils souhaitaient “informer la population”. A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), des barrages filtrants en mer ont été mis en place et des actions étaient prévues sur l’autoroute A16.

Nicolas Sarkozy et Michel Barnier ont promis que la mise en oeuvre du plan d’aide de 310 millions d’euros sur trois ans décidé en janvier serait accéléré et “adapté”, mais il n’est pas question pour l’instant de crédits supplémentaires.

Le ministre de la Pêche a déclaré sur RTL qu’il attendait le feu vert de la Commission européenne “dans les heures qui viennent”, mais un responsable du dossier à Bruxelles a fait état d’un délai de plusieurs jours, tout en précisant qu’un accord était acquis sur les 15 mesures proposées par Paris.

ACTION SUR LES PRIX ?

Sur fond d’une crise de “surpêche” qui menace selon les scientifiques la reconstitution des stocks de poisson, les 24.000 marins-pêcheurs français se disent en danger de mort économique en raison de la hausse des prix du gazole, conjuguée à des prix de vente à la criée selon eux en baisse.

Le dossier est sensible pour Nicolas Sarkozy, qui s’était engagé auprès des pêcheurs lors de deux visites mouvementées au Guilvinec (Finistère) en novembre et à Boulogne-sur-Mer en janvier.

La première a abouti au plan d’aide en cours d’examen à Bruxelles, financé par une taxe de 2% sur le prix du poisson mise en place au 1er janvier. Trente millions d’euros ont déjà été versés, selon l’Elysée.

Lors de la seconde visite, le chef de l’Etat avait évoqué une suppression ou un assouplissement des quotas de pêche par espèces, destinés à protéger la ressource et approuvés en décembre par la France. Il n’a pour l’instant donné aucune suite à cette déclaration.

Dans une lettre mardi au Comité national des pêches, Nicolas Sarkozy estime avoir rempli ses engagements mais reconnaît l’aggravation du contexte économique.

“Face à cette situation, j’ai demandé au gouvernement d’examiner la situation individuelle des entreprises de pêche en difficulté et d’adapter dans les prochains jours les mesures du plan à ce nouveau contexte”, écrit le chef de l’Etat.

Les pêcheurs réclament de leur côté une action directe sur le prix du carburant et le prix du poisson et dénoncent avec virulence les quotas, injustifiés selon eux.

“Les aides de l’Etat ne peuvent être une solution à long terme. L’Europe dépense des fortunes pour faire mettre des bateaux à la casse. Je pense qu’elle pourrait consacrer une partie de ces sommes pour compenser la hausse du gazole” a dit à Reuters Pascal Guénezan, patron-pêcheur de La Rochelle.

Gérald Mesny, pêcheur d’Arcachon, estime de son côté à deux euros la hausse du prix du kilo de poisson nécessaire pour compenser le surcoût du gazole.

“Actuellement, nous vendons au-dessous du prix de revient et le système fait que nous ne pouvons aucunement peser sur notre prix de vente (...). Ce système de cours planchers réformerait cette situation et je pense que l’ensemble de la filière pourrait prendre en charge ces deux euros au kilo sans problème”, estime-t-il.

Thierry Lévêque avec les correspondants régionaux de Reuters

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