21 avril 2008 / 06:56 / dans 10 ans

Les bons résultats de Google pourraient aider Yahoo

par Michele Gershberg

<p>Les bons r&eacute;sultats trimestriels de Google devraient apporter de l'eau au moulin du rival Yahoo dans ses discussions avec Microsoft, les investisseurs &eacute;tant susceptibles d'y voir une preuve de la robustesse du march&eacute; de la publicit&eacute; en ligne. /Photo prise le 1er f&eacute;vrier 2008/REUTERS/Kimberly White</p>

NEW YORK (Reuters) - Les bons résultats trimestriels de Google devraient apporter de l‘eau au moulin du rival Yahoo dans ses discussions avec Microsoft, les investisseurs étant susceptibles d‘y voir une preuve de la robustesse du marché de la publicité en ligne.

Yahoo aborde une semaine cruciale avec la publication de ses résultats mardi et l‘expiration du délai concédé par Microsoft pour accepter l‘offre de rachat de 43 milliards de dollars (27,3 milliards d‘euros) de ce dernier.

Le géant des logiciels a récemment émis des doutes quant au juste prix à payer pour Yahoo alors que l’économie américaine ralentit et que le marché publicitaire est en berne.

Dans ce contexte, les chiffres publiés par Google pourraient aider Yahoo à rester ferme sur sa demande d‘un relèvement de l‘offre de Microsoft, le portail internet soutenant que la publicité en ligne résiste mieux dans les phases négatives.

Des analystes du secteur considèrent que les résultats de Yahoo pour le premier trimestre vont être déterminants pour la suite des discussions avec la firme de Redmond.

“Ce qui peut réellement faire évoluer l‘estimation de Microsoft c‘est la publication de bons résultats”, dit Ross Sandler, analyste pour RBC Capital Markets. “Nous pensons qu‘il existe une probabilité raisonnable d‘un redressement de Yahoo ce trimestre”.

Les prévisions de Yahoo font état d‘un chiffre d‘affaires net en hausse au premier trimestre, à 1,38 milliards de dollars (875 millions d‘euros) alors que les analystes s‘attendent, en moyenne, à un chiffre d‘affaires de 1,32 milliards de dollars (837 millions d‘euros), selon Reuters Estimates.

Google a quant à lui publié jeudi des bénéfices meilleurs que prévu et un chiffres d‘affaires en hausse de 42%, précisant que les dépenses de ses clients n‘avaient pas été affectées par les inquiétudes sur la santé de l’économie américaine.

Le titre Google bondissait de près de 20% à 539,18 dollars vendredi vers 18h40 GMT. Yahoo prenait 1,68% à 28,50 dollars.

“On devrait voir un vent porteur au cours de la semaine prochaine pour les sociétés internet” qui reposent sur la publicité, dit Sandler.

Ainsi, le conglomérat IAC/InterActiveCorp a vu son cours de bourse s‘apprécier de 2,8%, alors que l‘action de l‘agence de publicité en ligne ValueClick a gagné plus de 8%.

PAS DE RALENTISSEMENT

Le directeur général de Google, Eric Schmidt, a indiqué que ses équipes étudiaient avec attention différents scénarios concernant la situation économique et a précisé que, même si celle-ci s’était empirée, sa publicité ciblée par mot clé restait attractive aux yeux d‘entreprises toujours désireuses d‘atteindre les consommateurs de manière efficace.

“Ceci montre que le marché de la publicité en ligne est toujours en bonne santé, ce qui devrait aider Yahoo à obtenir un meilleur prix”, affirme Peter Dunay, responsable de la stratégie d‘investissement chez Meridian Equity Partners.

Les dirigeants du secteur de la publicité en ligne sont d‘accord avec Schmidt et affirment que leurs clients dépensent actuellement plus d‘argent sur internet, tant sur Google que sur Yahoo.

“Quelques uns de nos clients voient même dans ce retournement une opportunité d‘accroître leurs parts de marché”, dit Kelly Twohig, en charge des achats d‘espace sur internet pour Starcom USA, qui fait partie du groupe Publicis.

Leur raisonnement est que les consommateurs qui voient se réduire leur pouvoir d‘achat seront plus enclins à rechercher des informations sur des produits ou à les comparer en ligne.

Ceci fait du web un lieu où les entreprises peuvent diffuser leurs marques tout en réduisant leurs dépenses publicitaires partout ailleurs.

“Il est possible que des budgets de certaines marques soient retirés mais je pense vraiment que la publicité liée aux moteurs de recherche va augmenter”, affirme Sarah Fay, qui dirige les agences Isobar et Carat USA, du groupe Aegis.

“Ce type de publicité est en train d’être adopté par beaucoup de sociétés qui n‘en avaient fait qu‘un usage limité”, dit-elle.

L‘un des moyens adoptés par Yahoo pour convaincre Microsoft qu‘il vaut plus est notamment de tenir des discussions avec des partenaires potentiels pour une coentreprise ou une fusion, de Google lui-même en passant par AOL de Time Warner et News Corp.

Certaines de ces discussions ont porté sur la possibilité de sous-traiter l‘activité de moteur de recherche de Yahoo à Google, une mesure qui devrait cependant être au préalable validée par les autorités de régulation puisqu‘elle supprimerait pratiquement toute alternative au moteur de Google.

Mais les analystes considèrent qu‘aucun accord alternatif n‘incitera autant Microsoft à relever son offre que de bons résultats.

“C‘est l‘atout maître dans leur jeu”, dit Sandler.

Version française Julien Toyer

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