23 janvier 2014 / 12:06 / il y a 4 ans

Nokia, libéré des mobiles, doit maintenant relancer NSN

HELSINKI (Reuters) - Nokia a annoncé jeudi une chute de 22% sur un an du chiffre d‘affaires de sa filiale d‘équipements de réseaux au quatrième trimestre, qui illustre les difficultés auxquelles sera confronté le groupe une fois bouclée la vente à Microsoft de ses téléphones portables.

Nokia annonce une chute de 22% sur un an du chiffre d'affaires de sa filiale d'équipements de réseaux au quatrième trimestre, ce qui met en avant les difficultés auxquelles le groupe sera confronté une fois bouclée la vente à Microsoft de ses téléphones portables. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach

Le chiffre d‘affaires de Nokia Solutions and Networks (NSN) est tombé à 3,1 milliards d‘euros sur la période octobre-décembre.

Parallèlement, les ventes de la division Devices and Services, en cours de reprise par Microsoft, ont reculé de 29% à environ 2,6 milliards d‘euros, ce que le groupe explique par “la dynamique concurrentielle du secteur”.

A Helsinki, l‘action Nokia a fini la journée en baisse de 10,66% à 5,11 euros.

Les analystes expliquent cette chute par la déception suscitée par NSN, qui représentera environ 90% des ventes du groupe après la cession à Microsoft.

Les analystes financiers interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre d‘affaires de 3,2 milliards d‘euros pour NSN sur octobre-décembre.

La division a renoué avec la rentabilité en 2012 à la suite de sévères réductions des coûts et de la cession de certains actifs non rentables, ce qui a contribué à compenser les pertes des activités de téléphonie mobile, que Microsoft est en train de racheter pour 5,4 milliards d‘euros.

Mais les analystes financiers estiment que le groupe doit désormais se concentrer sur la croissance du chiffre d‘affaires, les coûts de recherche élevés du secteur favorisant les acteurs les plus importants.

“LES INVESTISSEURS RESTENT DANS LE FLOU”

“Ils doivent réduire les coûts et faire des bénéfices pendant plusieurs trimestres, mais il est important que les ventes se stabilisent puis augmentent au second semestre de cette année”, estime Greger Johansson, du cabinet de recherche Redeye.

Nokia explique de son côté vouloir gagner des parts de marché cette année aux dépens du numéro un du secteur, le suédois Ericsson comme du “challenger” chinois Huawei . Il vise une hausse du chiffre d‘affaires au second semestre par rapport à 2013.

Le directeur général de NSN, Rajeev Suri, a expliqué que ce redressement devrait être facilité par de récents contrats, comme ceux signés avec l‘opérateur américain Sprint et avec China Mobile.

La croissance du chiffre d‘affaires risque toutefois de pénaliser les marges. L‘an dernier, NSN a porté sa marge d‘exploitation à 9,7%, soit quatre points de plus qu‘en 2012, mais au quatrième trimestre, sa rentabilité opérationnelle est revenue à 11,2% contre 14,4% un an plus tôt.

Pour le premier trimestre de cette année, le groupe prévoit une baisse de cette marge à environ 5% en raison de facteurs saisonniers. Il table pour l‘ensemble de l‘année sur un chiffre situé dans le haut de la fourchette de 5% à 10% qui constitue son objectif à long terme.

LES VENTES DE LUMIA EN BAISSE

La division Devices and Services, elle, a accusé une perte d‘exploitation ajustée de 191 millions d‘euros au quatrième trimestre.

“L‘accord avec Microsoft semble de plus en plus favorable à Nokia. S‘il avait conservé ces activités dans ses comptes, son cours serait inférieur à deux euros”, estime Mika Heikkila, gérant de portefeuille chez Taaleritehdas Asset Management.

Les livraisons de “smartphones” Lumia sont tombées à 8,2 millions d‘unités sur les trois derniers mois contre 8,8 millions au troisième trimestre, signe que les derniers modèles n‘ont pas convaincu les consommateurs, y compris pendant la période clé des fêtes de fin d‘année. Nokia a en outre précisé que le prix de vente moyen de ses téléphones avait diminué.

La cession de cette branche à Microsoft doit être bouclée au premier trimestre, mais la direction de Nokia n‘a pour l‘instant pas dévoilé comment le groupe serait géré une fois cette page tournée, et notamment si elle entendait reprendre le versement d‘un dividende, suspendu l‘an dernier pour la première fois en 148 ans d‘existence de la société.

“Les investisseurs restent dans le flou. Pas un mot sur la nouvelle stratégie, la décision sur le dividende attendra et les résultats de NSN sont inférieurs aux attentes”, résume Jari Honko, gérant de fonds d‘Alandsbanken.

Risuko Ando, Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français

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