9 avril 2013 / 10:39 / il y a 5 ans

Hutchison voudrait devenir le 1er actionnaire de Telecom Italia

par Arno Schütze et Lisa Jucca et Danilo Masoni

Le groupe hongkongais Hutchison Whampoa souhaite racheter jusqu'à 29,9% de Telecom Italia, mais les négociations pourraient prendre plusieurs mois, selon une source proche des discussions. /Photo prise le 2 octobre 2012/REUTERS/Tyrone Siu

MILAN (Reuters) - Hutchison Whampoa discute de l‘achat d‘une participation pouvant représenter jusqu‘à 29,9% de Telecom Italia, une opération qui, si elle se réalisait, changerait radicalement le tour de table du premier opérateur italien de télécommunications, ont dit mardi deux sources proches des négociations.

Le groupe de Hong Kong veut racheter les parts de trois actionnaires italiens dans la holding de contrôle de Telecom Italia, et pourrait proposer le double environ du prix du marché afin de devenir le premier actionnaire de l‘opérateur italien surendetté.

L‘action Telecom Italia végète non loin de ses plus bas historiques en raison d‘une baisse des marges dans une Italie en crise et d‘un ralentissement de son autre grand marché, le Brésil.

Hutchison devra toutefois pour aboutir à ses fins convaincre les principaux actionnaires et le Trésor italien, lequel dispose d‘un droit de veto.

Suivant le plan décrit dans le protocole d‘accord soumis au président Franco Bernabe, Hutchison pourrait échanger sa filiale mobile 3 Italia, valorisée entre 1,5 milliard et deux milliards d‘euros, contre une portion du capital de Telecom Italia.

En outre, le groupe de Hong Kong propose de racheter une participation combinée de 11% détenue via la holding Telco par l‘assureur Generali, par la banque d‘affaires Mediobanca et par la banque de détail Intesa Sanpaolo. Le prix pourrait être proche d‘une valeur comptable de 1,2 euro par action.

Si l‘affaire aboutissait, il n‘y aurait plus que trois opérateurs mobiles en Italie et non plus quatre, avec peut-être des problèmes de concurrence dans la mesure où la nouvelle entité aurait 46% du marché.

“Toutes les parties concernées ont été mises au courant et la chose sera discutée lors d‘une réunion du conseil d‘administration le 11 avril. Une telle opération ne peut se faire en une semaine toutefois, et il n‘y a donc pas de décision à attendre de cette réunion”, a dit l‘une des deux sources. “Entre des discussions embryonnaires et un accord pleinement négocié des mois peuvent s‘écouler.”

LE PRIX, ENTRE AUTRES CRITÈRES

L‘une des sources a précisé que Hutchison pourrait également racheter des titres détenus par d‘autres investisseurs. Elle a ajouté qu‘on ne savait pas si l‘opérateur télécoms espagnol Telefonica, premier actionnaire de Telco avec 46,2% des parts, voulait vendre.

La deuxième source a ajouté que Telefonica n‘était pas très chaud a priori pour laisser venir Hutchison, face auquel il est en concurrence en Amérique latine.

“Les conditions du marché ont changé du tout au tout depuis que Telefonica a investi dans Telecom Italia en 2007. Telefonica n‘a plus aucun intérêt à continuer d‘investir dans l‘opérateur italien. Mais il ne prendra pas la sortie en se contentant de vendre aux Chinois”, a déclaré une source proche de Telco.

Telecom Italia et Intesa Sanpaolo n‘étaient pas disponibles dans l‘immédiat pour un commentaire. Hutchison Whampoa, Mediobanca, Generali et Telefonica ont refusé d‘en faire un.

Des sources proches de Telco ont dit que les actionnaires de celui-ci n‘avaient pas été informés, tant officieusement qu‘officiellement, des conditions de l‘offre.

“Le prix, s‘il est confirmé, est intéressant car il offre une prime, mais ce ne peut être le seul critère de vente”, a expliqué l‘une des sources.

En tous les cas, les actionnaires italiens de Telco veulent vendre leurs titres Telecom Italia, sources de dépréciations multiples. Mais ils veulent être sûrs que l‘acheteur n‘envisage pas de supprimer des emplois en Italie même, où la récession a entraîné un chômage des jeunes sans précédent.

Ces mêmes actionnaires avaient opposé une fin de non-recevoir l‘an passé à une offre d‘injection de trois milliards d‘euros de cash de l‘homme d‘affaires égyptien Naguib Saouiris, valorisant l‘action à 0,7 euro.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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