27 mars 2013 / 16:43 / dans 5 ans

Le nouveau DG d'Alcatel-Lucent annoncera un plan en juin

par Leila Abboud et Catherine Monin

Le nouveau directeur général d'Alcatel-Lucent Michel Combes dévoilera en juin son plan pour redresser l'équipementier télécoms grevé par de lourdes pertes et pour lequel une vaste restructuration a été engagée. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier

PARIS (Reuters) - Le nouveau directeur général d‘Alcatel-Lucent Michel Combes dévoilera en juin son plan pour redresser l‘équipementier télécoms grevé par de lourdes pertes et pour lequel une vaste restructuration a été engagée.

Après avoir souffert l‘an dernier du ralentissement des investissements des opérateurs télécoms et de la concurrence redoutable des asiatiques Huawei et ZTE, Alcatel-Lucent avait été contraint de lancer l‘été dernier un plan de restructuration impliquant la suppression d‘environ 5.500 emplois.

“Il s‘est donné le mois de mars pour écouter et s‘informer de la situation de l‘entreprise en rencontrant les principaux clients et les salariés. Il prendra deux mois pour décider d‘un projet et annoncera au mois de juin son plan et les grandes orientations du groupe pour les trois années a venir”, a déclaré mercredi à Reuters une porte-parole du groupe.

Les syndicats s‘attendent à ce que Michel Combes poursuive cette stratégie de réduction des coûts.

“Il a expliqué qu‘il faut de manière impérative aller plus vite sur le plan de réduction de postes”, a précisé l‘une des sources syndicale présente lors d‘une rencontre organisée lundi avec le nouveau dirigeant.

Michel Combes, dont la nomination avait été annoncée fin février, doit prendre ses fonctions à la tête du groupe le 2 avril. Il succède à Ben Verwaayen, placé à la tête de l‘équipementier télécoms en septembre 2008 mais qui n‘a pas réussi à redresser les comptes de l‘équipementier.

LA DETTE, TOUJOURS UNE PRIORITÉ

La nécessité d‘assainir les finances du groupe, qui a brûlé près de 700 millions d‘euros de cash en 2012, sera l‘une des priorités du nouveau dirigeant, même si un accord de financement de deux milliards d‘euros conclu en janvier a écarté un risque de défaut à court terme.

“Michel Combes devra frapper un grand coup pour stopper l‘hémorragie de cash, c‘est une question de vie ou de mort pour Alcatel-Lucent. Il n‘y aura pas de période de transition”, explique un analyste sous couvert d‘anonymat.

Cet impératif alimente les spéculations sur une revue du périmètre d‘activités du groupe, qui prévoit de vendre entre 1,0 et 1,5 milliard d‘euros d‘actifs.

Des sources au fait du dossier avaient dit en novembre que le groupe réfléchissait à céder son unité dédiée aux câbles sous-marins et son activité de fabrication d‘équipements de téléphonie pour les entreprises.

Dans une note, les analystes de Morgan Stanley préconisent la cession du segment Entreprise, valorisé entre 300 et 350 millions d‘euros et qu‘ils jugent “non stratégique”.

Michel Combes pourrait toutefois prendre son temps pour décider d‘éventuelles cessions afin de ne pas brader ses actifs.

“On est sorti de la logique d‘urgence depuis que la ligne de crédit a été levée. Il ne rejette pas l‘idée d‘une cession si cela a du sens mais il ne s‘agit pas de vendre uniquement pour combler les pertes, sous la pression des marchés”, a ainsi nuancé une source syndicale.

“Pour le moment, il semble que Michel Combes n‘a pas l‘aval du conseil d‘administration pour mettre en place un changement drastique dans le périmètre du groupe”, souligne de son côté Pierre Ferragu, analyste chez Bernstein.

“Sa rémunération est liée a la réalisation des objectifs à l‘horizon 2015 qui correspondent au plan mis en place par l‘ancienne équipe dirigeante. Mais à terme Combes pourrait revenir vers le conseil d‘administration dans 6 mois ou un an pour essayer de trouver un soutien et effectuer des changements plus radicaux”, ajoute-t-il.

EXPÉRIENCE SOLIDE

La logique de rentabilité pourrait par ailleurs inciter l‘équipementier franco-américain a opérer un recentrage sur ses marchés les plus porteurs, comme l‘Amérique du Nord et l‘Asie, au détriment de l‘Europe, où le groupe, en perte de vitesse, réalise moins de 30% de son chiffre d‘affaires.

En revanche, Michel Combes devra veiller à ce que les réductions budgétaires ne se fassent pas aux dépens de la recherche et développement, point fort du groupe notamment dans les technologies des réseaux mobiles à très haut débit, sous peine de voir Alcatel-Lucent se faire devancer par ses concurrents, estiment les spécialistes du secteur.

D‘autant plus que l‘entreprise pourrait profiter d‘un rebond de la demande de services liés aux données et aux équipements de réseaux attendue cette année.

Dans une note, les analystes de Goldman Sachs mentionnent la “solide expérience” dans les télécoms de Michel Combes qui a occupé le poste de directeur financier de France Télécom et de PDG de TDF avant de prendre les rênes de Vodafone Europe jusqu‘en octobre dernier.

“Après qu‘il ait pris la tête de Vodafone Europe, le groupe a amélioré sa compétitivité en Europe, a cessé de perdre des parts de marché et a mis en place un contrôle des coûts importants”, rappelle Goldman Sachs.

Toutefois, sa nomination n‘a pour le moment pas tellement profité au titre en Bourse puisque celui-ci a reculé de 8,5% depuis son annonce le 22 février. Mercredi, vers 16h30, l‘action évoluait en baisse de 1,25% à 1,027 euro.

Edité par Jean-Michel Bélot

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