27 novembre 2012 / 10:34 / dans 5 ans

Sawiris pose ses conditions à une entrée dans Telecom Italia

par Mirna Sleiman

<p>L'homme d'affaires &eacute;gyptien Naguib Sawiris est pr&ecirc;t &agrave; redynamiser Telecom Italia et &agrave; piloter le d&eacute;veloppement des activit&eacute;s de l'op&eacute;rateur t&eacute;l&eacute;coms au Br&eacute;sil sous r&eacute;serve que les actionnaires du groupe r&eacute;servent un bon accueil &agrave; sa proposition d'une augmentation de capital de trois milliards d'euros. /Photo prise le 12 novembre 2012/REUTERS/Alessandro Bianchi</p>

DUBAI (Reuters) - Le titre Telecom Italia cède environ 3% à la Bourse de Milan après les conditions posées par l‘homme d‘affaires égyptien Naguib Sawiris pour prendre une participation dans la société lourdement endettée.

Naguib Sawiris s‘est dit prêt à redynamiser Telecom Italia et à piloter le développement de ses activités au Brésil sous réserve que les actionnaires du groupe réservent un bon accueil à sa proposition d‘une augmentation de capital de trois milliards d‘euros.

Via cette opération, l‘homme d‘affaires égyptien est susceptible de devenir le premier actionnaire d‘une entreprise confrontée à des choix stratégiques dans les semaines à venir.

Telecom Italia doit notamment se prononcer sur le sort de son activité de téléphonie fixe en Italie et sur la possibilité de faire une offre sur l‘opérateur brésilien GVT, propriété du français Vivendi Universal.

Ces dossiers seront étudiés lors du conseil d‘administration prévu le 6 décembre, qui devrait également aborder les intentions de Naguib Sawiris.

Ce dernier, qui souligne n‘avoir eu aucun contact direct avec Telecom Italia depuis l‘envoi d‘une lettre manifestant son intérêt pour le groupe il y a deux semaines, a dit à Reuters qu‘il voulait que son projet d‘augmentation de capital soit ouvert à tout le monde.

L‘homme d‘affaires propose que cette opération se fasse au cours actuel du titre, de l‘ordre de 0,70 euro par action, une suggestion qui ne devrait pas être du goût des autres actionnaires de Telecom Italia, dont Telefonica et trois institutions financières italiennes qui détiennent à ensemble 22,4% du groupe via la holding Telco.

Ces derniers valorisent Telecom Italia à 1,50 euro par action dans leurs comptes et Marco Fossati, dont la holding familiale Findim Group détient 5% de l‘opérateur télécoms, a déclaré lundi que 1,50 euro était le “juste prix” de toute augmentation de capital.

Vers 14h50 GMT, le titre Telecom Italia reculait de 3,02% à 0,6750 euro à la Bourse de Milan alors que l‘indice regroupant les valeurs télécoms européennes cédait 0,92%.

SAWIRIS CONTRE UNE SCISSION DU FIXE

Naguib Sawiris, qui fut un temps propriétaire de Wind, le troisième opérateur mobile italien, a précisé qu‘il pourrait faire venir certains de ses anciens associés pour remettre Telecom Italia sur la voie de la croissance.

“La proposition (que j‘ai faite) offrira une structure financière plus stable pour Telecom Italia, davantage de croissance en Amérique latine et au Brésil et une gestion améliorée grâce à l‘apport de personnes qui ont une excellente connaissance du marché italien”, a-t-il dit.

Dans un premier temps, Naguib Sawiris était entré en contact avec les actionnaires de Telco pour évoquer la possibilité d‘une augmentation de capital au niveau de la holding. Sa suggestion ayant été rejetée, il a décidé de s‘adresser directement au groupe.

“Nous sommes prêts à participer à l‘augmentation de capital, mais les actionnaires peuvent choisir de ne pas être dilués et de contribuer à l‘injection d‘argent. S‘ils ne le veulent pas, nous les remplacerons (...)”, a-t-il dit.

En plus de Telefonica (46,18%), la holding Telco compte parmi ses actionnaires Generali (30,58%) ainsi que Mediobanca et Intesa Sanpaolo (11,62% chacun).

Certains de ces actionnaires sont en faveur d‘une scission du réseau de téléphonie fixe de Telecom Italia, estimant qu‘une telle opération permettrait de lever d‘importantes sommes nécessaires au désendettement du groupe.

Le gouvernement italien est également en faveur d‘une scission - Telecom Italia est en discussion avec un fonds d‘investissement public au sujet d‘une telle éventualité - au nom d‘une nécessaire modernisation des infrastuctures internet en piteux état de la quatrième économie européenne.

Naguib Sawiris estime au contraire qu‘une scission serait une “catastrophe”. “Si Telecom Italia se lance dans une telle opération, le groupe perdrait le seul élément lui permettant de se différencier sur le marché télécoms italien”.

TELECOM ITALIA “EMPÊCHÉ DE CROÎTRE EN AMÉRIQUE LATINE”

En affichant sa volonté de faire croître Telecom Italia en Amérique latine, Naguib Sawiris confirme à mi-mot qu‘il est intéressé par GVT (Global Village Telecom), un spécialiste du haut débit au Brésil dont Vivendi espère retirer jusqu’à sept milliards d‘euros.

Des sources ont dit plus tôt dans le mois que le groupe français avait reçu des marques d‘intérêt d‘au moins quatre acheteurs potentiels, dont Telecom Italia, pour GVT, Vivendi espérant recevoir des offres préliminaires d‘ici la fin de l‘année.

Dans un entretien publié il y a près de deux semaines par la Financial Times, Naguib Sawiris a d‘ailleurs dit envisager de racheter SFR, la filiale téléphonie mobile de Vivendi. Le groupe français a dit le 15 novembre qu‘il comptait passer à l‘action dans les trimestres à venir avec la mise en oeuvre de son nouveau plan stratégique. et

S‘agissant des visées de Naguib Sawiris sur GVT, Nuno Matias, analyste télécoms chez Espirito Santo, a déclaré que l‘homme d‘affaires allait avoir du mal à convaincre ses interlocuteurs de Telecom Italia.

“Naguib Sawiris n‘est pas seul, il y a les actionnaires de contrôle de Telecom Italia, qui ont leurs propres intérêts. Si Telecom Italia se renforce au Brésil, cela plante le décor d‘un conflit avec Telefonica”, a-t-il dit.

Telefonica et Telecom Italia sont respectivement les numéros un et deux du marché de la téléphonie au Brésil et les deux groupes sont également en concurrence en Argentine.

Naguib Sawiris note qu‘il a tenté d‘aborder ce sujet avec le groupe de télécoms espagnol.

“J‘ai rencontré des représentants du groupe (...) Ces derniers sont satisfaits de la situation actuelle, détenant Telecom Italia comme un otage et empêchant le groupe de croître en Amérique latine”, a-t-il dit.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison et Catherine Monin

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