18 octobre 2012 / 11:34 / dans 5 ans

Alcatel-Lucent va supprimer plus de 1.400 emplois en France

par Gwénaëlle Barzic

<p>Alcatel-Lucent pr&eacute;voit de supprimer plus de 1.430 emplois en France dans le cadre de son vaste plan de restructuration qui se traduira par 5.490 r&eacute;ductions de postes au total dans le monde. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>

PARIS (Reuters) - L’équipementier télécoms Alcatel-Lucent a annoncé jeudi qu‘il prévoyait de supprimer plus de 1.400 emplois en France dans le cadre de son vaste plan de restructuration qui se traduira par 5.490 réductions de postes au total dans le monde.

Le groupe franco-américain avait dévoilé au milieu de l’été un nouveau programme de réductions de coûts pour économiser 1,25 milliard d‘euros d‘ici fin 2013, annonçant qu‘environ 5.000 postes seraient concernés, mais il n‘avait jusqu‘ici précisé ni les régions ni les métiers affectés.

Au total, a annoncé Alcatel-Lucent lors d‘un comité de groupe européen, 3.300 postes seront supprimés en Europe et dans la zone Moyen-Orient-Afrique, dont 1.430 en France. Cela représente respectivement 60% et 26% des réductions prévues.

La France, où le groupe emploie environ 9.000 personnes, paie ainsi un lourd tribut avec une coupe de 15% dans ses effectifs.

“On est sous le choc”, a déclaré à Reuters Isabelle Guillemot, membre de la CFDT d‘Alcatel-Lucent, précisant que le chiffre des réductions d‘effectifs en France était dans le haut de la fourchette des estimations du syndicat.

“Le nombre de suppressions d‘emplois est énorme. Une catastrophe humaine et industrielle”, souligne dans un communiqué la même organisation, qui appelle le gouvernement à “prendre clairement en charge ce dossier”.

Le gouvernement a réagi aux suppression de postes d‘Alcatel-Lucent en annonçant “un plan d‘action pour l‘ensemble de la filière des équipementiers de télécoms passant notamment par une relance des investissements des opérateurs dans les réseaux à très haut débit”.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l‘Economie numérique, ont également fait savoir qu‘il seraient “extrêmement vigilants à ce que le projet (...) préserve les fonctions les plus stratégiques du groupe en France (et) à ce qu‘un dialogue exemplaire soit mis en place avec les organisations syndicales”.

ASIE-PACIFIQUE ET AMÉRIQUES ÉGALEMENT TOUCHÉES

Alcatel-Lucent emploie au total 76.000 personnes dans 130 pays.

Si l‘Europe est durement touchée, 990 emplois devraient également être supprimés dans la zone Asie-Pacifique et 1.200 dans la zone Amériques.

Les fonctions dites “support”, c‘est-à-dire liées à la vente, au marketing, aux ressources humaines et à la finance, seront les principales affectées. La recherche et développement, qui emploie 26.000 personnes, sera comme prévu épargnée.

Le détail des sites touchés n‘a pas été communiqué par l‘entreprise, qui organisait un comité de groupe spécifique à la France dans l‘après-midi.

Les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT ont cependant annoncé en fin de journée que le direction prévoyait la fermeture du siège de la filiale française à Vélizy (Yvelines), plus gros site du groupe dans le pays avec 2.400 salariés.

Une porte-parole a toutefois précisé que les salariés de Vélizy seraient redéployés sur le site de Villarceaux (Essonne) pour en faire le deuxième centre de recherche et développement du groupe au monde.

Des comités d‘entreprise sont programmés vendredi dans les filiales du groupe en France, ont également fait savoir les syndicats. Ils prévoient d‘organiser des assemblées générales le même jour et la CFDT a lancé un appel à des manifestations.

NOUVELLE DÉSILLUSION

“Ce sont des décisions difficiles mais elles sont nécessaires pour la santé et la rentabilité durable du groupe à long terme”, a déclaré un porte-parole d‘Alcatel. Le groupe a en outre souligné que la France restait un “élément névralgique”.

Les fabricants d’équipements télécoms traversent une période difficile face à la dégradation de la conjoncture, qui pèse sur les revenus de leurs clients opérateurs alors que la guerre des prix continue de faire rage dans le secteur.

Les équipementiers européens doivent en outre faire face à la concurrence des asiatiques Huawei et ZTE, particulièrement agressifs en matière de prix.

L‘annonce d‘un nouveau plan de restructuration de la société franco-américaine a sonné comme une nouvelle désillusion pour le groupe issu de la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006.

Trop petit par rapport à ses principaux concurrents, le groupe, qui souffre également d‘une importante consommation de trésorerie, a échoué pour l‘heure à atteindre son objectif de redevenir une entreprise “normale”, c‘est-à-dire en croissance, profitable et qui génère du cash.

A la Bourse de Paris, le titre Alcatel, tombé récemment à des plus bas historiques, a signé jeudi sa deuxième séance consécutive de hausse, signant la plus forte progression du CAC 40 en terminant la séance sur un bond de 7,8% à 0,863 euro pendant que l‘indice progressait de 0,22%.

Avec Benjamin Mallet, Blaise Robinson et Leila Abboud, édité par Nicolas Delame

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