13 août 2012 / 14:17 / il y a 5 ans

Le rachat d'Orange Autriche par Hutchison, OPA à valeur de test

par Leila Abboud

<p>Boutique Orange, &agrave; Vienne, en Autriche. Hutchison Whampoa, groupe de Hong Kong d&eacute;j&agrave; propri&eacute;taire du num&eacute;ro trois autrichien de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile, veut mettre la main sur le num&eacute;ro quatre Orange Autriche, filiale de France T&eacute;l&eacute;com, pour se renforcer et am&eacute;liorer sa rentabilit&eacute; sur l'un des march&eacute;s des t&eacute;l&eacute;coms les plus concurrentiels en Europe, mais la Commission europ&eacute;enne a ouvert fin juin une enqu&ecirc;te approfondie. /Photo prise le 3 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Heinz-Peter Bader</p>

PARIS (Reuters) - C‘est une petite acquisition dans un petit pays, mais l‘opération pourrait être lourde d‘implications pour l‘avenir du secteur européen de la téléphonie mobile.

Hutchison Whampoa, groupe de Hong Kong déjà propriétaire du numéro trois autrichien de la téléphonie mobile, veut mettre la main sur le numéro quatre Orange Autriche, filiale de France Télécom, pour se renforcer et améliorer sa rentabilité sur l‘un des marchés des télécoms les plus concurrentiels en Europe.

Mais la Commission européenne a ouvert fin juin une enquête approfondie sur cette OPA à 1,3 milliard d‘euros lancée en février. Elle a expliqué que la fusion ferait passer le nombre d‘opérateurs mobiles en Autriche de quatre à trois et que la CE doit donc s‘assurer que cette concentration n‘aboutira pas à une hausse des tarifs pour le consommateur.

A première vue, la décision - attendue d‘ici au 27 novembre - peut paraître minime dans un pays de 8,2 millions d‘habitants. Mais entreprises de télécoms et investisseurs examineront à la loupe le verdict de Bruxelles dans la mesure où celui-ci pourrait ouvrir la voie à une consolidation dans d‘autres marchés européens bien plus importants comme l‘Allemagne, l‘Italie ou l‘Espagne qui comptent eux aussi quatre opérateurs de téléphonie mobile.

La France aussi dispose de quatre opérateurs depuis l‘arrivée tonitruante, en janvier, de Free Mobile, filiale d‘Iliad. Free a bousculé le secteur français du mobile en lançant deux offres à des prix nettement inférieurs aux standards du marché. Et des analystes se demandent maintenant si la France a les moyens de s‘offrir quatre opérateurs.

UNE CONSOLIDATION JUGÉE NÉCESSAIRE

“Tout le monde dans le secteur s‘accorde à dire que le marché a besoin d‘une consolidation, mais les dirigeants sont terrifiés à l‘idée que les autorités de la concurrence puissent ne pas les y autoriser”, souligne Michael Grenfell, associé au cabinet d‘avocats Norton Rose et spécialiste des questions de concurrence.

“L‘issue du dossier autrichien nous dira si des rapprochements qui font tomber de quatre à trois le nombre d‘opérateurs sur un marché peuvent être autorisés et, si oui, quand ces fusions peuvent être autorisées”, poursuit l‘avocat.

L‘Espagne pourrait être à l‘aube d‘une consolidation, le suédois Teliasonera envisageant de céder sa filiale espagnole Yoigo, que convoiteraient France Télécom et le britannique Vodafone.

En Allemagne, l‘espagnol Telefonica et le néerlandais KPN étaient en discussions au début de l’été en vue d‘une fusion mais ne sont pas parvenus à un accord. En Italie, des rapprochements impliquant Vodafone, l‘américain Wind et Hutchison pourraient avoir du sens.

Les spécialistes de la réglementation européenne, s‘ils se refusent à faire des pronostics sur la décision que Bruxelles prendra concernant Orange Autriche, estiment toutefois que Hutchison devrait obtenir un feu vert sous conditions.

“Je serai surpris que l‘opération soit bloquée. Cela ne peut pas être exclu mais je pense que les parties vont développer des arguments forts”, déclare Francesco Liberatore, avocat chez Jones Day.

En filigrane se pose la “question philosophique” du nombre d‘opérateurs nécessaires sur un marché pour qu‘une réelle concurrence y soit assurée, souligne-t-il.

Les avocats expliquent que, globalement, les autorités européennes rechignent à faire passer de quatre à trois le nombre d‘opérateurs de peur de créer une situation d‘oligopole dans laquelle les acteurs du marché ne verraient pas la nécessité de se lancer dans des stratégies de baisse des prix.

Aux Etats-Unis, en bloquant le rachat à 39 milliards de dollars de T-Mobile USA par AT&T, les autorités avaient empêché que le marché ne soit ramené à trois opérateurs. Les régulateurs s’étaient inquiétés d‘une disparition de T-Mobile, perçu comme un opérateur innovant et enclin à baisser ses tarifs.

Matthieu Protard pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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