11 juin 2012 / 16:08 / dans 5 ans

L'Europe doit jouer un rôle moteur dans le numérique, dit Kroes

par Leila Abboud et Gwénaëlle Barzic

<p>La commissaire europ&eacute;enne charg&eacute;e de la strat&eacute;gie num&eacute;rique Neelie Kroes est favorable &agrave; une consolidation permettant de faire &eacute;merger des acteurs paneurop&eacute;ens solides, capables d'investir dans les r&eacute;seaux pour rattraper le retard accumul&eacute; face aux Etats-Unis et &agrave; l'Asie. /Photo d'archives/REUTERS/Yves Herman</p>

PARIS/LONDRES (Reuters) - Neelie Kroes, commissaire européenne chargée de la stratégie numérique, s‘est dite favorable lundi à une consolidation permettant de faire émerger des acteurs paneuropéens solides, capables d‘investir dans les réseaux pour rattraper le retard accumulé face aux Etats-Unis et à l‘Asie.

Invitée du sommet Reuters des médias et des technologies, la vice-présidente de la Commission européenne a également indiqué qu‘elle prévoyait de présenter dans les semaines à venir des propositions aux Etats membres pour encourager le déploiement, pour l‘instant poussif, de la fibre optique sur le territoire européen.

“L‘Europe doit retrouver un rôle moteur dans la société du numérique comme elle l‘a eu, il y a une dizaine d‘années, avec la technologie 3G”, a expliqué la commissaire qui supervise les secteurs des télécoms et des technologies, lors du sommet qui se tient du 11 au 14 juin à New York, Paris et Londres.

“Avoir un certain nombre d‘opérateurs paneuropéens qui sont puissants sur le marché transfrontalier ne serait pas nécessairement mauvais pour la concurrence. Cela peut avoir du sens (...) et être positif pour les investissements et l‘innovation”, a ajouté celle qui fût précédemment Commissaire à la concurrence via une conférence téléphonique.

L‘Union européenne s‘est fixée comme objectif ambitieux de raccorder d‘ici 2020 la moitié des foyers avec l‘internet très haut débit, jugé déterminant pour assurer la compétitivité du territoire.

Mais les opérateurs européens de télécoms ont pris du retard dans leurs investissements dans la fibre, affaiblis par la dégradation de la conjoncture dans la région, par le durcissement de la compétition sur plusieurs marchés dont la France et par l‘arrivée de nouveaux acteurs puissants comme Apple et Google.

A la fin de 2011, 90% des consommateurs européens accédaient toujours à internet grâce aux illustres réseaux de cuivre.

OBJECTIF 2020 MAINTENU

Pour remédier à cette situation, Neelie Kroes a évoqué à l‘automne dernier l‘idée, vivement contestée depuis par de grands opérateurs comme France Télécom ou Telecom Italia, de baisser les prix demandés par ces anciens monopoles d‘Etat pour la location à leurs concurrents de leurs réseaux de cuivre.

“Notre but n‘est pas de fixer des prix en hausse ou en baisse pour le cuivre ni d‘imposer un changement de technologies”, a précisé lundi Neelie Kroes.

“Nous voulons fournir aux Etats membres un certain nombre de principes économiquement sains pour les aider à réguler les prix du cuivre”, a-t-elle ajouté, en soulignant qu‘il était nécessaire de tenir compte des spécificités locales.

La Commission ne publiera pas de recommandation en bonne et due forme mais fournira une série de principes qui permettront aux entreprises et aux investisseurs de savoir à quoi s‘attendre sur la fibre.

Certains opérateurs européens s‘inquiètent cependant des perspectives de rentabilité très lointaines des investissements dans la fibre optique ainsi que des incertitudes entourant le cadre juridique pour leur mise en oeuvre.

“Vous ne pouvez pas demander à des fonds de pension de mettre de l‘argent dans quelque chose qui offre un retour après huit ans sans garantie que les règles ne changent pas en détruisant toute perspective de retour sur investissement”, explique Robin Bienenstock, un analyste spécialiste des télécoms.

“Dans quelques semaines, je suis déterminée à ce que tout soit parfaitement clair”, a pour sa part assuré la responsable européenne d‘origine néerlandaise ajoutant qu’à ses yeux, la principale difficulté n’était pas de trouver des fonds.

“Il ne s‘agit pas d‘un manque de fonds, il y a de l‘argent dans ce secteur”, a-t-elle assuré.

“J‘ai le sentiment que certains acteurs ont été un peu des enfants gâtés, pour le dire avec la franchise néerlandaise, ils préfèrent continuer comme avant. Mais cela ne donnera pas un coup de fouet à l’économie européenne”.

Priée de dire si elle maintenait l‘objectif à horizon 2020 de son agenda numérique, la commissaire européenne a répondu par l‘affirmative, sans donner plus de détails.

Avec Claire Davenport, édité par Jean-Michel Bélot

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