28 février 2012 / 13:58 / dans 6 ans

Changement de paradigme pour les opérateurs télécoms

par Julien Ponthus et Gwénaëlle Barzic

<p>Il y a une d&eacute;cennie, les grands op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms se livraient une guerre sans merci pour b&acirc;tir &agrave; grands coups d'OPA, parfois hostiles, des groupes de t&eacute;l&eacute;phonie mobile paneurop&eacute;ens, voire mondiaux. En 1999, Vodafone n'h&eacute;sitait pas &agrave; d&eacute;bourser pr&egrave;s de deux cent milliards d'euros pour mettre la main sur le conglom&eacute;rat Mannesmann. Aujourd'hui, les op&eacute;rateurs ont fait volte-face et op&eacute;r&eacute; un virage &agrave; 180 degr&eacute;s. /Photo d'archives/REUTERS/David W Cerny</p>

PARIS (Reuters) - Changement d’époque, changement de paradigme. Il y a une décennie, les grands opérateurs télécoms se livraient une guerre sans merci pour bâtir à grands coups d‘OPA, parfois hostiles, des groupes de téléphonie mobile paneuropéens, voire mondiaux, quitte à offrir des valorisations dépassant l‘entendement.

En 1999, Vodafone lançait la première OPA hostile étrangère en Allemagne et n‘hésitait pas à débourser près de deux cent milliards d‘euros pour mettre la main sur le conglomérat Mannesmann.

Cette acquisition, la plus grande opération financière jamais lancée en Europe à ce jour, permit à France Télécom à son tour de prendre le contrôle d‘Orange pour une quarantaine de milliards d‘euros. Pour rappel, la capitalisation boursière actuelle de France Télécom est de 31 milliards d‘euros.

Cette course à la taille se caractérisa par des acquisitions menées tambour battant à des niveaux de valorisation qui semblent aujourd‘hui complètement disproportionnés.

A titre d‘exemple, France Télécom racheta en mars 2000 28,5% du capital de l‘opérateur allemand Mobilcom pour une valorisation de 80 fois l‘Ebitda alors que la norme actuelle est plus de dix fois moindre.

Cette boulimie d‘acquisitions faillit être fatale à l‘opérateur français qui aurait pu aller au tapis sans une recapitalisation accordée par l‘Etat français.

VOLTE-FACE

La téléphonie mobile était alors au coeur de la bulle internet et de la “nouvelle économie”, un concept devenu pour le moins abscons, et ce en l‘espace de quelques années seulement.

Aujourd‘hui, les opérateurs ont fait volte-face et opéré un virage à 180 degrés.

La récession, la concurrence et le coût de la modernisation de leurs réseaux menacent leur générosité en matière de dividende alors que leur rendement leur a longtemps assuré un statut de valeurs refuges.

Dans un secteur qui a longtemps compensé la faiblesse de sa croissance par la solidité de son rendement, Telefonica et Telekom Austria ont brisé un tabou en décembre en annonçant une réduction de leur dividende.

L‘urgence stratégique pour les opérateurs n‘est donc plus d’être partout en Europe mais bien d’être leader sur quelques marchés afin de dégager les marges les plus fortes possibles.

Les opérateurs ont opté quelquefois pour une fusion de leurs filiales locales afin de créer de nouveaux leaders ; c‘est l‘option choisie par France Télécom et Deutsche Telekom au Royaume-Uni, qui ont créé Everything Everywhere.

FAIRE LE MÉNAGE

Cette option se heurte néanmoins aux régulateurs, soucieux de préserver la concurrence entre opérateurs, raison pour laquelle la fusion entre Orange Suisse et Sunrise fut interdite.

D‘où le choix de France Télécom de vendre Orange Suisse, une transaction qui illustre la dynamique des fusions-acquisitions dans ce secteur en Europe.

Les fonds de capital-investissement sont maintenant à l‘affût des opérateurs mobiles européens de second rang délaissés par leurs maisons mères.

Ces dernières sont contraintes de faire le ménage dans leurs actifs pour réduire leur dette tout en continuant à verser de généreux dividendes.

Mais la stratégie des opérateurs télécoms ne se situent pas seulement sur le plan défensif. L‘autre volet stratégique est d‘aller chercher la croissance là où elle est.

“Les opérateurs historiques doivent montrer de la croissance à leurs investisseurs, et c‘est probablement pour cela que France Télécom vend en Suisse pour investir en Afrique”, indique

Benoît Colas, un spécialiste des investissements du secteur TMT pour le fonds Carlyle.

En ce qui concerne la France, cette stratégie fut illustrée par le rachat finalisé en 2010 de l‘opérateur brésilien GVT par Vivendi.

Avec Leila Abboud à Barcelone, édité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below