7 octobre 2011 / 10:34 / il y a 6 ans

L'héritage de Steve Jobs salué par le monde du design

par Mark Bendeich, Astrid Wendlandt et Peter Henderson

<p>L'esth&eacute;tique des produits Apple a assur&eacute; &agrave; Steve Jobs une place dans l'histoire du design bien avant sa mort. "Ce qui &eacute;tait extraordinaire selon moi chez Steve Jobs, c'&eacute;tait cette facult&eacute; &agrave; cr&eacute;er des objets sophistiqu&eacute;s et faciles &agrave; utiliser", estim Paolo Pininfarina, administrateur d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du groupe de design automobile portant son nom. /Photo d'archives/REUTERS/Karoly Arvai</p>

SYDNEY/PARIS/SAN FRANCISCO (Reuters) - L‘esthétique des produits Apple a assuré à Steve Jobs une place dans l‘histoire du design bien avant sa mort, mais son influence en la matière est loin de se limiter à l‘aspect minimaliste de l‘iPhone.

Le Mac, l‘iPod, puis l‘iPhone et l‘iPad, fruits d‘une volonté de marier haute technologie et design simple et élégant, sont déjà reconnus comme des icônes de l’ère numérique.

De l‘avis de Florian Idenburg, architecte à l’école de design de l‘université Harvard, Steve Jobs peut être comparé à l‘architecte Mies van der Rohe, qui imposa un style minimaliste à ses gratte-ciels de verre à une époque où la brique dominait le paysage.

Idenburg note toutefois que si la quasi-totalité de ses élèves semblent posséder un iPhone, certains semblent se rebeller contre leur apparence sobre et policée.

Ainsi, l‘héritage laissé par le cofondateur d‘Apple semble reposer davantage sur la façon dont ses produits encouragent la créativité individuelle et une vision originale du monde.

Idenburg remarque que certains de ses étudiants cherchent à donner aux bâtiments qu‘ils conçoivent “une flexibilité et une fantaisie” similaires à celle de l‘iPhone, par exemple en permettant à une salle de concert d‘accueillir toutes sortes d’événements.

“C‘est un très joli petit téléphone, mais son effet réel, c‘est qu‘il change totalement les comportements individuels”, a estimé Thom Mayne, architecte de Los Angeles et lauréat du prix Pritzker, plus haute distinction de la profession.

PETITS DÉTAILS ET GRANDES AMBITIONS

Steve Jobs mêlait à merveille le souci des plus petits détails à des ambitions immenses, a pour sa part salué Norman Foster, à qui l‘on doit, entre autres, le “Gherkin” ovoïde de la City londonienne.

“Steve Jobs nous encourageait à mettre au point de nouvelles façons de considérer le design, dans l‘espoir de refléter son talent unique à faire l‘aller-retour entre une grande stratégie et les minutieux détails des composants les plus petits”, ajoute l‘architecte, qui est aussi l‘auteur du nouveau campus Apple, aux allures de vaisseau spatial posé sur les pelouses de Cupertino.

Dans le monde entier, des iPods sont quotidiennement fourrés dans des poches de jeans troués comme de costumes cravates, fixés au bras de joggeurs ou enfouis dans les sacs des voyageurs du métro.

Quant à l‘iPad, il était immanquable à Paris lors de la fashion week qui s‘est achevée mercredi, les spectateurs des défilés s‘en servant pour photographier les modèles et constituer leur catalogue personnel.

“Ce qui était extraordinaire selon moi chez Steve Jobs, c’était cette faculté à créer des objets sophistiqués et faciles à utiliser. Giulia, ma fille de trois ans, sait se servir de l‘iPhone”, a fait valoir Paolo Pininfarina, administrateur délégué du groupe de design automobile portant son nom.

Dans le monde entier, des musées ont rassemblé des productions des débuts d‘Apple, à commencer par l‘ordinateur Apple 1, mis au point dans la chambre que partageaient alors Steve Jobs et l‘autre cofondateur du groupe, Steve Wozniak, mais aussi le premier neXt, un cube de magnésium conçu par Jobs dans les années 1980, sa période hors d‘Apple.

“L‘iPod ne fonctionnera peut-être plus dans vingt ans, mais il est certain qu‘il restera dans la chronologie des grands designs”, a jugé Campbell Bickerstaff, conservateur au musée Powerhouse de Sydney, qui regroupe des icônes de la culture contemporaine.

DE LA CALLIGRAPHIE EN MICRO-INFORMATIQUE

Dans son célèbre discours prononcé en 2005 devant les étudiants de Stanford, Steve Jobs évoquait un cours de calligraphie suivi au Reed College comme l‘une des origines de son goût pour le design.

“Rien de tout cela n‘avait la moindre chance d‘avoir une application pratique dans ma vie. Mais dix ans plus tard, quand nous concevions le premier Macintosh, tout m‘est revenu en mémoire. Et nous avons tout appliqué sur le Mac. C’était le premier ordinateur doté d‘une belle typographie”, s’était-il souvenu dans cette intervention facilement consultable sur YouTube.

“J’étais presque ému aux larmes”, en regardant la vidéo de ce discours, s‘est souvenu le designer de mode Calvin Klein.

“Je pense qu‘il a eu une vie bien remplie. Construire une entreprise de cette taille, en innovant constamment, nécessite tout le talent qu‘on peut imaginer. Cela devient votre vie et requiert une dévotion vraiment spéciale, vraiment rare.”

Dans le discours de Stanford, Jobs évoquait également l‘importance d‘avoir confiance en soi. Et en ses intuitions.

“Steve Jobs a démontré que les produits marquants naissent en prenant des risques intuitifs, et pas en écoutant l‘avis d‘un groupe de consommateurs test”, a souligné l‘ingénieur britannique James Dyson, dont le design des aspirateurs et ventilateurs est également salué.

Avec Clare Jim à Taipeh, Abi Sekimitsu à Tokyo, Georgina Prodhan à Londres, Tarmo Virki à Helsinki et Silvia Aloisi à Milan, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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