3 octobre 2011 / 14:38 / dans 6 ans

Petits remèdes à la saturation des réseaux télécoms

par Marie Mawad et Leila Abboud

<p>Un nombre croissant d'op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms choisissent de s'attaquer au probl&egrave;me de la saturation des infrastructures mobiles en s'appuyant sur les millions de box install&eacute;es chez les abonn&eacute;s pour cr&eacute;er &agrave; moindre co&ucirc;t des r&eacute;seaux sans fil alternatifs. /Photo d'archives/REUTERS/Natalie Behring</p>

PARIS (Reuters) - Un nombre croissant d‘opérateurs télécoms choisissent de s‘attaquer au problème de la saturation des infrastructures mobiles en s‘appuyant sur les millions de box installées chez les abonnés pour créer à moindre coût des réseaux sans fil alternatifs.

Alors que le trafic explose, du fait surtout du visionnage de vidéos sur les portables, les français SFR, Bouygues et bientôt Orange ont décidé de miser sur des réseaux communautaires d‘ondes Wi-Fi, une technologie sans fil vieille de 20 ans, pour alléger une partie de la pression.

“On est dans les premières étapes d‘un nouveau modèle”, explique Philippe Keryer, responsable de l‘activité réseaux de l’équipementier Alcatel-Lucent. “Plus que le choix de la technologie, la question est désormais de savoir comment écouler le trafic de la meilleure façon.”

Le Wi-Fi apparaît donc pour les opérateurs comme une façon de résoudre l’équation du trafic sans dépenser massivement pour déployer de nouvelles antennes ou pour passer rapidement à la technologie 4G de future génération, dont les fréquences ont été mises aux enchères en France.

Une approche qui montre que les groupes de télécoms ont retenu la leçon du déploiement de la 3G, la technologie mobile actuellement en place, qui s‘est avéré coûteux et a tardé à être pleinement rentabilisé au travers des usages qu‘en ont fait les consommateurs.

“A terme, la solution sera un mélange (... mais) pour l‘instant et à moyen terme c‘est du Wi-Fi”, résume Thierry Bonhomme, le directeur des réseaux du premier opérateur français Orange, alors que des industriels évoquent la facilité d‘avoir recours à cette technologie comparée aux nombreux obstacles qui surviennent lors de l‘installation d‘une nouvelle antenne radio.

DES MILLIONS DE BOX

Les opérateurs français ont progressivement ouvert leurs box ces dernières années et, pour ne citer qu‘un exemple, tout abonné SFR peut désormais se connecter avec son mobile à n‘importe laquelle des quatre millions de bornes, ou “hotspot Wi-Fi”, d‘autres clients SFR sans coût additionnel pour l‘opérateur et à un niveau de sécurité comparable.

De la même façon, Bouygues revendique un million de points de connexion dans son réseau communautaire. Orange, dont le parc compte sept millions de box, ouvrira quant à lui d‘ici la fin de l‘année les bornes de ses abonnés, a précisé Thierry Bonhomme.

“Il y a un engouement pour le Wi-Fi en ce moment. On voit des opérateurs se tourner vers cette solution partout en Asie, en Europe et aux Etats-Unis”, dit Thorsten Robrecht, chef des produits réseaux chez Nokia-Siemens Networks.

Ailleurs dans le monde, AT&T s‘est beaucoup appuyé sur le Wi-Fi pour absorber le tsunami de trafic sur son réseau aux débuts de l‘iPhone d‘Apple. L‘opérateur américain a signé des partenariats avec des établissements disposant de bornes Wi-Fi publiques, comme Starbucks ou Fedex.

POUSSER L‘EXPÉRIENCE PLUS LOIN

Des experts s‘attendent à ce que le trafic de données à partir des portables soit multiplié par 25 d‘ici à 2015, après avoir en moyenne doublé tous les ans au cours des trois dernières années.

En instaurant des limites maximales de téléchargement dans les offres mobiles et en incitant les clients à passer en Wi-Fi lorsqu‘ils sont sédentaires, à la maison ou dans un café, les opérateurs sont déjà parvenus à alléger environ 15% du trafic, selon Alain Maloberti, d‘Orange.

Ce ratio passera vraisemblablement à 30% ou 35% du trafic total au fur et à mesure que les opérateurs pousseront l‘expérience du Wi-Fi plus loin, selon les industriels du secteur.

A cet effet, les équipementiers travaillent à intégrer le Wi-Fi davantage aux réseaux mobiles proprement dits. Le suédois Ericsson a, par exemple, lancé récemment un produit qui permet aux opérateurs de faire passer un abonné du réseau mobile classique 3G au Wi-Fi, sans rupture dans la connexion ni manipulation aucune par l‘usager.

SFR a dévoilé cette semaine la première initiative française allant dans ce sens, appelée “auto connect” (connexion automatique) et actuellement en phase de projet-pilote dans trois départements français.

Edité par Dominique Rodriguez

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