24 mai 2011 / 10:28 / il y a 7 ans

L'e-G8 lancé, l'Etat tend la main aux géants du web

par Gwénaëlle Barzic et Marie Mawad

<p>Ouvrant &agrave; Paris les travaux d'un "e-G8" rassemblant la quasi-totalit&eacute; des groupes embl&eacute;matiques de l'internet, Nicolas Sarkozy a lanc&eacute; mardi un appel &agrave; un dialogue entre les Etats et les acteurs de l'internet pour d&eacute;finir un "socle commun" de r&egrave;gles qui ne brident pas pour autant le d&eacute;veloppement du secteur. /Photo prise le 24 mai 2011/REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool</p>

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a appelé mardi au dialogue entre les acteurs de l‘internet et les Etats en vue de définir des règles communes pour encadrer la “révolution” du web sans en brider le développement, dans le cadre d‘un e-G8 dont les conclusions s‘annoncent toutefois vagues.

Ce forum consacré au numérique, qui doit formuler des recommandations pour le G8 de Deauville, préconisera d‘adopter une approche internationale pour protéger les données privées, mais laissera l’épineuse question du droit d‘auteur largement à l‘initiative des gouvernements nationaux, selon la version préliminaire du communiqué de clôture.

“Le document final n‘a pas besoin d’être un document consensuel. Il peut présenter des contradictions. Il pourra présenter des désaccords”, a déclaré Maurice Lévy, président du directoire de Publicis et organisateur de l’événement.

Lors de l‘e-G8, qui réunit mardi et mercredi des chefs d‘entreprise emblématiques du monde du web, de Facebook à Google ou Twitter, le président français Nicolas Sarkozy a adopté un ton conciliant, tranchant avec de précédentes déclarations sur la nécessité de “civiliser” internet.

“Nous avons besoin de comprendre vos attentes vos aspirations, vos besoins. Et vous avez besoin d‘entendre nos limites, nos lignes rouges”, a-t-il expliqué, citant la protection des enfants, la lutte contre le terrorisme ou encore la propriété intellectuelle parmi les thèmes à aborder.

PAS DE MESURES CONCRÈTES EN VUE

Conscient des craintes suscitées par l‘initiative française d‘inscrire internet au menu du G8, Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait que son intention n’était pas de nuire à la croissance d‘un des secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale.

“Vous avez changé le monde au même titre que Colomb et Galilée”, a-t-il lancé à l‘assistance. Mais les acteurs de l‘internet doivent comprendre qu‘ils ne peuvent s‘affranchir “de valeurs minimum, de règles minimum”, a-t-il nuancé.

Interrogés en marge du forum, des chefs d‘entreprise ont quant à eux indiqué s‘attendre surtout, dans le cadre de l‘e-G8, au début d‘un dialogue plutôt qu’à des mesures concrètes.

“On n‘est pas du tout dans un temps de décision”, a ainsi jugé Stéphane Richard, PDG de France Télécom, qui a cependant reconnu la nécessité d’établir des règles, même si elles se présentent sous la forme d‘accords entre les acteurs privés.

Une délégation de six personnes présentera les conclusions finales de l‘e-G8 à Deauville et sera composée de Maurice Lévy, Stéphane Richard, Eric Schmidt, président de Google, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, Yuri Milner du fonds Digital Sky Technologies et Hiroshi Mikitani du groupe japonais Rakuten.

DÉJA DES DIVERGENCES

Les premières tables rondes organisées sous un chapiteau dans les Jardins des Tuileries à Paris ont toutefois mis en lumière l‘ampleur des divergences qui restent à surmonter entre les acteurs d‘internet et les pouvoirs publics.

Les débats ont même parfois été vifs, notamment lorsqu‘il a été question de la propriété intellectuelle et du dispositif légal de lutte contre le piratage Hadopi.

“Je pense que le gouvernement a effectivement un rôle à jouer pour encourager l‘innovation sur internet : c‘est de rester hors de notre chemin”, a dit à Reuters Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia.

Le président de Google Eric Schmidt a pour sa part mis en garde contre toute précipitation dans l‘adoption de mesures de régulation, en soulignant que les innovations technologiques apportaient parfois des solutions plus efficaces.

“Le point le plus important aujourd‘hui c‘est de ne pas faire de mal”, a souligné de son côté le directeur général de Dailymotion, Martin Rogard, en marge du Forum. “Il faut faire attention à préserver un écosystème dans lequel les lois ne changent pas tous les six mois”.

Il a notamment critiqué le projet de loi français qui imposerait une taxe aux annonceurs sur internet, baptisée “taxe Google”, en estimant qu‘elle désavantageait les acteurs français par rapport à leurs concurrents étrangers.

Avant l‘ouverture du Forum, le ministre de l‘Industrie et de l‘Economie numérique Eric Besson s‘est prononcé pour un nouveau report de l‘application du texte censé entrer en vigueur le 1er juillet.

Nicolas Sarkozy a exprimé le souhait qu‘un e-G8 puisse se réunir désormais chaque année avant les sommets du G8 et a dit espérer saisir ensuite le G20 du problème puis, à terme, l‘assemblée générale des Nations unies.

Avec Yann Le Guernigou, Georgina Prodhan et Leila Abboud, édité par Cyril Altmeyer

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