18 mai 2011 / 14:44 / il y a 7 ans

Les créateurs de jeux vidéo explorent de nouveaux modèles

par Marie Mawad

<p>Le jeu Angry Birds du finlandais Rovio Mobile, t&eacute;l&eacute;charg&eacute; 200 millions de fois depuis son lancement fin 2009. L'explosion des smartphones et des t&eacute;l&eacute;chargements d'applications ont ouvert des d&eacute;bouch&eacute;s pour les cr&eacute;ateurs de jeux vid&eacute;o, propulsant de nouvelles vedettes au top des ventes du secteur et poussant les entreprises &eacute;tablies &agrave; explorer de nouveaux mod&egrave;les &eacute;conomiques. /Photo d'archives/REUTERS</p>

PARIS (Reuters) - L‘explosion des smartphones et des téléchargements d‘applications ont ouvert des débouchés pour les créateurs de jeux vidéo, propulsant de nouvelles vedettes au top des ventes du secteur et poussant les entreprises établies à explorer de nouveaux modèles économiques.

Dans un secteur en ébullition, de jeunes entreprises encore récemment inconnues se sont rapidement imposées en distribuant leurs jeux dans les boutiques virtuelles d‘Apple ou de Google, à l‘image du finlandais Rovio Mobile, créateur du jeu vedette Angry Birds.

“On voit des entreprises qui démarrent dans un garage et émergent (...) On a brisé beaucoup des conventions autour de la fabrication des jeux”, a expliqué le PDG de Rovio, Niklas Zennstroem, lors du sommet des technologies que Reuters organise du 16 au 19 mai à Paris, New York, San Francisco et Tokyo.

L‘entreprise finlandaise, qui a connu une croissance fulgurante en passant d‘un groupe de 12 personnes à cent employés en un peu plus d‘un an, s‘attend à des ventes de 50 à 100 millions d‘euros en 2011 et se dit “très, très profitable”.

Egalement invité du sommet, l’éditeur français Gameloft, bien établi dans le secteur, mise sur une réorientation de ses produits pour servir les smartphones et explore de nouveaux modèles pour s‘assurer des relais de croissance à moyen terme.

Le groupe s‘est lancé dans les jeux pour smartphones fin 2007, avec la commercialisation de l‘iPhone d‘Apple, et à la faveur de la généralisation de ces appareils, la part des ventes qu‘il réalise grâce aux téléphones traditionnels devrait passer sous le seuil de 50% dès 2012, à comparer avec 64% l‘an dernier.

D‘ici quelques semaines, Gameloft proposera dix jeux sur le marché Android, et il en aura 20 d‘ici la fin de l‘année. Il vend 85 titres sur la boutique d‘Apple.

MODÈLE “FREEMIUM”

Mais avec l’émergence des concurrents d‘un nouveau type comme Rovio, mais également Zynga ou Glu Mobile, Gameloft doit déjà entamer sa prochaine transformation et étudie dès aujourd‘hui des modèles alternatifs de revenus.

Parmi eux, le modèle dit “freemium” - contraction de “free” et de “premium” - né sur les réseaux sociaux, en vertu duquel un jeu est offert gratuitement au téléchargement, mais est ensuite rentabilisé par la vente d‘ajouts ou bonus payants.

“Il y a une catégorie d‘usagers qui ne sont pas prêts à payer cinq à sept dollars en amont pour un jeu”, a souligné Alexandre de Rochefort, directeur financier de Gameloft, pour qui les réseaux sociaux sont un moyen d‘attirer de nouveaux joueurs, sans cannibaliser les ventes existantes.

Le tiers des jeux que Gameloft compte lancer cette année seront basés sur le modèle “freemium”.

Rovio va lui aussi lancer, cet été, une version en réseau social de son jeu Angry Birds, notamment sur Facebook. L‘entreprise travaille également à une version à destination des consoles de jeu classiques, Playstation de Sony, Xbox de Microsoft ou Wii de Nintendo.

NOUVELLE CONCURRENCE

Alexandre de Rochefort a toutefois relativisé l’ébullition du secteur. La distribution sur les smartphones dépend moins des opérateurs télécoms, ce qui fait tomber des barrières à l‘entrée, mais la multiplication des appareils en érige de fait de nouvelles, notamment pour la plate-forme Android de Google, a-t-il expliqué.

Le PDG de Rovio a fait remarquer de son côté que pour décliner des jeux sur plusieurs plates-formes, il fallait d‘importantes d‘infrastructures, et donc une certaine taille.

“Beaucoup des développeurs de jeux pour smartphones sont en perte. Des petites entreprises qui souhaitent être rachetées viennent souvent nous voir. D‘un point de vue de directeur financier, c‘est un paysage morose”, a souligné Alexandre de Rochefort.

“Le marché des smartphones n‘est pas une mine d‘or pour les développeurs”, a-t-il ajouté. “C‘est un peu comme jouer au loto (...) A un moment, cette ruée vers l‘or va se calmer.”

Avec Leila Abboud, Georgina Prodhan, et Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez

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