24 mars 2011 / 15:32 / dans 7 ans

Alcatel progresse en Europe, de nouveaux défis au Moyen-Orient

par Marie Mawad et Leila Abboud

<p>Selon Adolfo Hernandez, directeur de la zone EMEA d'Alcatel-Lucent, le groupe franco-am&eacute;ricain gagne des parts de march&eacute; en Europe en d&eacute;pit d'un contexte domin&eacute; par la "prudence", mais de nouveaux d&eacute;fis se font jour dans certaines zones de croissance du Moyen-Orient sur fond de turbulences politiques. /Photo prise le 16 f&eacute;vrier 2010/REUTERS/Albert Gea</p>

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent gagne des parts de marché en Europe en dépit d‘un contexte dominé par la “prudence”, mais de nouveaux défis se font jour dans certaines zones de croissance du Moyen-Orient sur fond de turbulences politiques, a indiqué son directeur de la zone EMEA.

Les Emirats Arabes Unis, l‘Arabie Saoudite et l‘Afrique subsaharienne restent néanmoins des marchés dynamiques, d‘autant que les investissements dans les télécoms y sont moins réglementés, a expliqué Adolfo Hernandez, dirigeant de l‘Europe, de l‘Afrique et du Moyen- Orient, dans une interview à Reuters.

“(Alcatel) croît en Europe de l‘Ouest, alors que le marché non”, a-t-il déclaré, citant des gains de parts de marché dans les technologies IP et d‘optique, utilisées pour déployer des réseaux fixes, ainsi que dans le segment mobile, dans lequel le groupe franco-américain reste plus petit que ses concurrents, avec une part d‘environ 10% selon les données du cabinet Dell‘Oro.

L’équipementier télécoms avait vu ses ventes croître de 5,5% en 2010 largement à la faveur d‘une forte reprise de son activité en Amérique du Nord, tandis que l‘Europe accusait un recul d‘environ 2% sur l‘ensemble de l‘exercice.

Le marché européen est affecté par des incertitudes macroéconomiques, mais également par un certain retard par rapport aux Etats-Unis dans l‘attribution des licences de téléphonie de nouvelle génération (4G), a expliqué Adolfo Hernandez.

Mais en dépit de ce contexte morose, Alcatel a gagné des parts de marché ces derniers mois en Europe vis-à-vis de l‘américain Cisco dans les routeurs IP et face au chinois Huawei dans l‘optique, a ajouté le dirigeant. Le groupe a enregistré une croissance de 6,7% en Europe au quatrième trimestre.

Ces performances récentes ainsi que l‘annonce de perspectives jugées favorables en février ont crédibilisé le scénario de redressement du groupe, en difficulté depuis qu‘il est né de la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006. L‘action de l’équipementier télécoms a gagné 67% depuis le début 2011.

NOUVELLES PÉNURIES DE COMPOSANTS

Alcatel fait toutefois état d‘incertitudes au Moyen-Orient, un marché traditionnellement en croissance, sur fond de turbulences politiques.

“Il y a une période d‘incertitude (...) en Tunisie, en Egypte ou en Libye. C‘est évidemment un défi que nous devons surmonter. Mais d‘autres parties du Moyen-Orient, par exemple les Emirats ou l‘Arabie Saoudite, qui sont de gros moteurs dans la région, continuent de bien marcher.”

Interrogé sur l‘impact de la catastrophe nippone, le dirigeant a dit qu‘il était trop tôt pour en évaluer les conséquences, alors que des craintes sont apparues ces derniers jours sur l‘approvisionnement des entreprises technologiques, le Japon étant notamment un important producteur de semi-conducteurs.

“Il y aura certainement un impact sur l‘industrie globale, lié aux semi-conducteurs. Nous sommes dans la phase d‘analyse pour savoir comment, quand et de combien l‘impact sera plus tard cette année. Evidemment nous avons commencé à en parler à nos clients, car ils ont posé des questions”, a expliqué le dirigeant.

Dans le même secteur qu‘Alcatel, Ericsson, le numéro un mondial, a fait savoir mercredi qu‘il n‘attendait pas d‘impact significatif du Japon sur ses ventes du premier trimestre, mais le groupe suédois s‘est montré plus prudent à un horizon plus long et a indiqué prévoir que les événements récents finiraient par avoir un impact sur la chaîne d‘approvisionnement.

“Nous savons qu’à très court terme, puisque nous n‘avons pas d‘usine au Japon, nos besoins de produits finis sont couverts”, a expliqué Adolfo Hernandez.

“Nous avons de nouveau réuni l’équipe de gestion de crise que nous avions mis en place pour gérer les pénuries de composants l‘an dernier”, a-t-il ajouté.

Confronté à des pénuries de composants dans l‘industrie, liés à la reprise économique, Alcatel avait été contraint d‘augmenter ses stocks en 2010, au détriment de sa trésorerie.

Edité par Jean-Michel Bélot

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