15 décembre 2010 / 08:44 / dans 7 ans

Réglement en vue du conflit Vivendi-Deutsche Telekom sur PTC

par Leila Abboud et Gwénaelle Barzic

<p>Vivendi et Deutsche Telekom sont en passe de r&eacute;gler le diff&eacute;rend qui les oppose depuis 11 ans au sujet de PTC, le groupe allemand ayant accept&eacute; de verser 1,25 milliard d'euros au fran&ccedil;ais pour qu'il renonce au troisi&egrave;me op&eacute;rateur mobile polonais. /Photos d'archives/REUTERS/Charles Platiau /Ina Fassbender</p>

PARIS (Reuters) - Vivendi et Deutsche Telekom sont en passe de régler le différend qui les oppose depuis 11 ans au sujet de PTC, le groupe allemand ayant accepté de verser 1,25 milliard d‘euros au français pour qu‘il renonce au troisième opérateur mobile polonais.

L‘accord, annoncé mercredi matin dans un communiqué, reste conditionné à la réalisation de plusieurs étapes juridiques en Pologne mais il pourrait mettre un terme à un long conflit qui a donné lieu de part et d‘autre à une cinquantaine de procédures dans cinq pays différents.

Selon les termes du compromis, qui pourrait être finalisé dans le courant du premier trimestre 2011, Vivendi recevra environ 1,25 milliard d‘euros et renoncera à tous ses droits sur les actions PTC.

“Cet accord vise à éteindre l‘ensemble des litiges liés à la détention du capital de PTC”, a souligné Vivendi dans son communiqué.

En retour, Deutsche Telekom se verra reconnaître la propriété de 100% de l‘opérateur mobile, ajoute le groupe français.

“Nous croyons à une fin de ce conflit qui dure depuis longtemps et un remboursement total de sa participation dans PTC devrait être favorable à la perception des investisseurs”, note dans une étude UBS, qui préfère néanmoins rester neutre sur Vivendi, estimant que le marché continue d’être plus sensible au rachat des minoritaires de SFR.

Le numéro un européen des médias et du divertissement en termes de capitalisation boursière ne sera donc plus présent en Pologne mais il pourra mettre à profit cette rentrée de fonds pour financer des projets d‘acquisition, notamment le rachat des minoritaires de SFR dont il contrôle aujourd‘hui 56%.

Deutsche Telekom, de son côté, conforte sa présence sur le marché polonais qu‘il considère comme essentiel pour son développement en Europe de l‘Est.

Aucun commentaire n‘a pu être obtenu dans l‘immédiat auprès de l‘opérateur allemand.

11 ANS DE CONFLIT

Le français et l‘allemand ont tous les deux misé sur PTC pour s‘implanter sur le marché polonais qui offrait un potentiel de croissance plus élevé que leurs marchés domestiques. Mais l‘opérateur a rétrogradé du rang de numéro un à celui de numéro trois de la téléphonie mobile en Pologne, derrière Polkomtel et TPSA, détenu en majorité par France Télécom, sur fond de conflit entre ses actionnaires.

Le différend est né en 1999 lorsque Vivendi a déboursé 1,8 milliard d‘euros pour s‘associer avec la holding polonaise Elektrim, en vue de créer une coentreprise détenant 51% de PTC.

Mais Deutsche Telekom, qui possédait alors environ 22% de PTC, s‘est opposé à l‘arrivée de Vivendi en faisant valoir qu‘elle enfreignait le pacte d‘actionnaires qu‘il avait conclu avec Elektrim.

Une bataille juridique s‘est alors engagée entre les trois parties qui ont lancé au total plus de 50 recours et procédures arbitrales dans cinq pays. Elle a été ponctuée d’épisodes de négociations entre Vivendi et Deutsche Telekom qui ont échoué in extremis à deux reprises, en 2004 et 2006.

Deutsche Telekom dirige “de facto” l‘opérateur mobile depuis 2005, date à laquelle les dirigeants de Vivendi ont été expulsés du siège de l‘opérateur, à Varsovie, à la suite d‘une décision de justice en faveur du groupe allemand.

Vivendi a depuis totalement effacé la valeur de son investissement dans PTC dans ses comptes mais il a continué à se défendre devant les tribunaux pour que sa participation dans PTC soit reconnue.

E1,25 MD POUR D‘EVENTUELLES ACQUISITIONS

La trêve étant maintenant signée, Vivendi pourrait utiliser le produit de la transaction pour financer ses projets d‘acquisitions, estiment des analystes, et notamment le rachat des minoritaires de SFR dont le groupe a fait sa priorité.

Vivendi souhaite racheter au britannique Vodafone les 44% qu‘il détient dans le deuxième opérateur mobile français, ce qui lui permettrait de s‘assurer le contrôle total d‘une filiale fortement génératrice de trésorerie.

Il pourrait également mettre à profit ces fonds pour racheter à Lagardère sa participation minoritaire dans Canal+ France. Ce dernier prévoit pour l‘instant de céder ses parts par le biais d‘une introduction en Bourse prévue au printemps prochain, faute d‘avoir trouvé un accord avec Vivendi sur la cession de ses 20%.

Pour l‘opérateur télécoms allemand, l‘accord lève les dernières incertitudes juridiques sur son contrôle de PTC et devrait renforcer sa stratégie d‘expansion en Europe de l‘Est.

Après l‘annonce de l‘accord, l‘action Vivendi a ouvert en hausse de plus de 1%. Vers 10h55, le titre prend 0,81% à 20,655 euros.

Leila Abboud et Gwénaelle Barzic, avec la contribution d‘Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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