3 décembre 2010 / 08:55 / dans 7 ans

Free devra convaincre qu'il peut rebondir avec sa "box"

par Marie Mawad

<p>Maxime Lombardini, directeur g&eacute;n&eacute;ral d'Iliad, la maison-m&egrave;re de Free. Iliad pourrait perdre l'avance boursi&egrave;re qu'il a sur ses concurrents et son statut de favori fran&ccedil;ais du secteur s'il ne d&eacute;voile pas rapidement une nouvelle "box" susceptible de relancer la dynamique commerciale de son fournisseur d'acc&egrave;s &agrave; internet Free, jugent des analystes. /Photo prise le 23 mars 2010/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>

PARIS (Reuters) - Iliad pourrait perdre l‘avance boursière qu‘il a sur ses concurrents et son statut de favori français du secteur s‘il ne dévoile pas rapidement une nouvelle “box” susceptible de relancer sa dynamique commerciale, disent des analystes.

Le parcours de l‘action dépendra à moyen terme des premiers pas de Free dans la téléphonie mobile en 2012, mais d‘ici fin 2010 le marché sera surtout attentif à l’“innovation” qu‘il a promise pour doper sa part de marché, ajoutent-ils.

“Le lancement de nouveaux services attractifs et de la Freebox V6 (de sixième génération), probablement d‘ici quelques jours ou semaines, sera décisif pour une surperformance du titre”, juge Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James.

Après un coup de frein dans ses recrutements d‘abonnés ces derniers trimestres, Iliad a promis une “innovation majeure” pour relancer sa dynamique commerciale et répondre aux offres multi-services fixe et mobile de ses concurrents, nourrissant les spéculations sur une nouvelle “box”.

“Ils ont créé une grosse attente autour de la ‘box’, donc il y a forcément un risque de déception, surtout si, une fois lancée, la nouvelle ‘box’ s‘avère incolore au niveau des recrutements”, explique un analyste basé à Paris.

Pionnier de l‘offre “triple play” - téléphone, internet et télévision - à 30 euros en France, Iliad affiche depuis quelques années une prime boursière par rapport à ses concurrents, à la faveur de son profil de “challenger” en forte croissance dans la téléphonie fixe et internet.

Certains analystes, sceptiques sur un rebond des abonnements avant le lancement du mobile, attendent une offre, probablement plus chère, qui serait assortie de services plus rentables.

L‘action Iliad cède 5,6% depuis le début de l‘année. Le recul reste moindre que celui de l‘opérateur historique France Télécom (-9%), mais l’écart se réduit, tandis que l‘indice sectoriel européen des télécoms gagne 4%.

INNOVATION TECHNOLOGIQUE

L‘innovation technologique a historiquement fait la force de Free, les générations successives de “Freebox” ayant à chaque fois stimulé la conquête de nouveaux abonnés.

“Il y a beaucoup de choses à faire dans le visuel, dans la façon d‘accéder aux contenus”, expliquait récemment Maxime Lombardini, lors d‘une conférence organisée par l‘Essec, en réponse à une question sur les innovations à venir.

Mais une refonte de l‘interface d‘accès de la “box”, fort probable, ne suffira pas à relancer les abonnements, estiment des analystes.

“On arrive à un stade où les deux-tiers environ des foyers français sont connectés. La marge pour trouver de nouveaux clients se réduit et les opérateurs entrent dans une stratégie de différenciation. Ils ne peuvent plus se contenter d‘offrir le même service que le voisin”, explique de son côté Didier Pouillot, analyste au cabinet d’études et de conseil Idate.

Des articles de presse ont évoqué la possibilité que le boîtier de la nouvelle “box” soit conçu par Philippe Starck, et que ses capacités techniques évoluent pour s‘adapter notamment à la 3D et à la fibre optique.

Deux analystes ont estimé que, pour se différencier vraiment, l‘appareil devra, comme certaines rumeurs l‘ont évoqué, être muni d‘un lecteur de disque Blue-Ray, dont le prix d‘achat reste par ailleurs élevé pour le consommateur.

OFFRE PREMIUM

Si le groupe ne parvient pas à doper le niveau de ses recrutements, il doit au moins dévoiler une offre “premium” jugée crédible et de nouveaux services susceptibles de profiter à ses marges, avancent d‘autres analystes.

“Iliad peut garder un profil de croissance. Si la croissance des ventes ralentit, l‘attention des investisseurs va se reporter sur celle des cash flow et de la rentabilité”, résume un analyste basé à Londres.

Interrogé par Reuters quant à l’éventuel lancement d‘une offre premium, Maxime Lombardini n‘a pas précisé ce qu‘il en était pour Free, mais a répondu que le secteur, aujourd‘hui centré sur le “triple play” à 30 euros, évoluerait probablement vers une gamme d‘offres plus diversifiée.

“De nouvelles ‘box’ plus puissantes coûtent forcément plus cher à construire”, a-t-il expliqué, justifiant ainsi une probable multiplication des offres dans l‘industrie.

SFR a dévoilé le mois dernier une offre premium de téléphonie fixe et d‘internet à 34,90 euros ainsi qu‘une nouvelle “box”, dans un effort de montée en gamme, mais l‘impact éventuel sur ses comptes fait débat. L‘opérateur a prévenu qu‘elle doperait son chiffre d‘affaires, mais pas forcément sa marge.

Edité par Jean-Michel Bélot

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