17 août 2010 / 14:17 / dans 7 ans

Les opérateurs planchent sur un nouvel internet mobile

par Marie Mawad

<p>Les op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms devront revoir leurs mod&egrave;les tarifaires dans l'internet mobile pour soulager leurs r&eacute;seaux face &agrave; l'explosion du trafic de donn&eacute;es et pr&eacute;server la rentabilit&eacute; de ce relais de croissance, ce qui signera pour les abonn&eacute;s la fin des forfaits "data" illimit&eacute;s. /Photo prise le 29 mars 2010/REUTERS/Jorge Silva</p>

PARIS (Reuters) - Les opérateurs télécoms devront revoir leurs modèles tarifaires dans l‘internet mobile pour soulager leurs réseaux face à l‘explosion du trafic de données et préserver la rentabilité de ce relais de croissance, ce qui signera pour les abonnés la fin des forfaits “data” illimités.

Pour sortir du “piège de l‘illimité”, les français Orange, SFR et Bouygues Telecom ont déjà bridé les connexions et fixé des plafonds de téléchargement. Mais ces premières mesures devraient ouvrir la voie à une refonte plus poussée des offres de données sur mobile.

“Le trafic sur mobile devrait, en gros, être multiplié par trente (d‘ici 2014)”, estime Declan Lonergan, analyste chez Yankee Group, dont les prévisions englobent les échanges de données à l’échelle mondiale.

L’émergence des “smartphones” et de l‘internet mobile a permis aux opérateurs d‘engranger une nouvelle manne en créant de nouvelles habitudes d‘utilisation des portables alors que les communications vocales deviennent de moins en moins lucratives.

La difficulté est toutefois de cueillir pleinement les fruits des forfaits d‘internet mobile, l‘explosion du trafic de données ayant engendré des besoins d‘investissement supplémentaires sans se traduire par une augmentation proportionnelle des revenus.

LIMITER ‘L‘ILLIMITÉ’

L‘opérateur historique Orange, dont la part de marché s’élevait à 47% au premier semestre en France dans le mobile, a annoncé la couleur en déclarant qu‘il comptait revoir ses tarifs.

“Je pense qu‘il faut qu‘on fasse un usage plus limité de l‘illimité (...). Il faut que nous réfléchissions à des modèles tarifaires qui permettent de rétablir un équilibre économique”, résumait Stéphane Richard, directeur général de France Télécom, en présentant le plan à cinq ans du groupe, début juillet.

Un client ayant souscrit à l‘internet mobile en plus des services classiques (voix et SMS) est plus rentable pour l‘opérateur, mais le revenu moyen par abonné (ARPU) dans l‘internet mobile a plafonné en 2009 et devrait s’éroder dès cette année en France, selon l‘Idate, un cabinet d’études spécialisé.

En revanche, le trafic de données, qui a explosé avec le lancement de l‘iPhone d‘Apple en 2007 et la généralisation des smartphones, a été multiplié par dix en 2008, d‘après l‘opérateur SFR, et devrait encore décupler d‘ici 2012 par rapport à son niveau actuel.

Après la messagerie électronique, la navigation sur internet et le téléchargement d‘applications, le visionnage de vidéos sur internet (“streaming”) fait partie des nouveaux usages les plus gourmands en bande passante.

Réticents à augmenter leurs investissements dans les réseaux, préférant préserver leur trésorerie et réaffirmer leur politique de dividende, les opérateurs entendent néanmoins préserver la rentabilité de cette nouvelle catégorie d‘abonnés.

D‘autant que le nombre de clients équipés de mobiles de troisième génération (3G) ayant accès à l‘internet mobile devrait atteindre 46 millions de personnes en France en 2012, selon l‘Idate, contre 16 millions en 2009.

REFONTE DES OFFRES

En marge de la présentation du plan “Conquêtes 2015”, Stéphane Richard a déclaré à Reuters étudier une segmentation plus poussée des offres de données sur mobile, de façon à offrir des qualités de services différenciées à des prix distincts, ou à faire payer en supplément certaines options.

A l‘international, l‘américain AT&T a annoncé en juin des forfaits calculés en fonction du volume de données consommées et Verizon Wireless a lancé une réflexion similaire.

De telles initiatives pourraient toutefois se traduire par une augmentation du taux de désabonnement (“churn”) chez ces clients à haute valeur ajoutée, qui serait coûteux pour les opérateurs.

Un sondage réalisé en juillet par GfK/NOP avec Reuters au Royaume-Uni a révélé que les utilisateurs de smartphones sont davantage susceptibles de changer d‘opérateur pour avoir un meilleur forfait internet sur leur mobile.

“(Les usagers) ne veulent pas se poser de questions sur leur limite de téléchargement et se demander s‘ils auront des frais de dépassement à chaque fois qu‘ils ouvrent leur navigateur”, résume Ryan Garner, analyste chez GfK/NOP.

Le critère de l‘internet mobile, et en premier lieu celui de la limite de téléchargement, émerge comme plus important que celui de la marque de l‘opérateur ou du constructeur de téléphone, selon ce sondage.

En France, la qualité de service a été pointée du doigt, notamment par des associations de consommateurs. Ainsi, une étude d‘UFC-Que Choisir en France publiée le 1er juillet fait ressortir au premier rang des inquiétudes des usagers une couverture insuffisante du territoire ainsi que des débits et une qualité de service en deçà des promesses des opérateurs.

Avec Georgina Prodhan à Helsinki, Nicola Leske à Francfort, et Leila Abboud à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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