20 mai 2010 / 12:20 / dans 8 ans

France Télécom prévoit une reprise fragile en Europe

par Marie Mawad

<p>Gervais Pellissier, directeur financier de France T&eacute;l&eacute;com. L'op&eacute;rateur envisage de r&eacute;aliser des acquisitions ces prochains mois en Afrique et au Moyen Orient et privil&eacute;gierait des cibles de taille moyenne, /Photo prise le 20 mai 2010/REUTERS/Jacky Naegelen</p>

PARIS (Reuters) - France Télécom constate une stabilisation de son activité, mais ne voit pas à court terme de reprise rapide de la consommation en Europe, a déclaré jeudi Gervais Pellissier, le directeur financier de l‘opérateur, dans le cadre du sommet Reuters des valeurs technologiques.

Le groupe compte intensifier sa présence dans les pays à forte croissance et envisage de réaliser des acquisitions ces prochains mois en Afrique et au Moyen-Orient, en privilégiant des cibles de taille moyenne, a-t-il ajouté.

“Nous avons toujours dit que nous voulions faire des opérations qui ne soient pas transformantes. Zain était à la limite de ce que nous pouvions faire en terme de taille, c’était la limite haute”, a déclaré Gervais Pellissier.

Si le groupe indien Bharti revendait les actifs africains récemment rachetés au groupe koweïtien Zain, France Télécom les regarderait, a-t-il ajouté.

Gervais Pellissier a toutefois exclu d’éventuelles opérations importantes dans les zones émergentes, expliquant que la situation politique et économique de certains de ces pays était encore trop instable, et que miser beaucoup sur un pays en particulier était trop risqué pour être envisagé.

Il a expliqué que l‘opérateur français souhaitait construire dès aujourd‘hui des relations dans les pays où il anticipait des opportunités d‘acquisitions futures. C‘est le cas en Ethiopie, au Vietnam et en Algérie, a-t-il précisé.

France Télécom compte doubler d‘ici cinq ans le chiffre d‘affaires qu‘il réalise dans les pays émergents, mais le groupe maintient également sa politique de consolidation dans les marchés matures.

En Suisse, où l‘autorité de la concurrence a bloqué le rachat de Sunrise, France Télécom est toujours à la recherche d‘une solution, et n‘exclut pas d‘avoir un nouveau partenaire, qui viendrait s‘ajouter au schéma actuel.

“Je ne crois pas que nous en soyons à la fin de l‘histoire en Suisse. Il y a encore des chances que nous réussissions. Nous allons peut-être devoir retravailler avec TDC, ou peut-être avec un autre partenaire”, a déclaré Gervais Pellissier.

Interrogé sur la résistance des dépenses de consommation en Europe, et son impact sur les revenus de l‘opérateur télécoms, le directeur financier s‘est dit préoccupé à moyen terme.

“En période de reprise, les gens dépensent plus sur des voitures, des vacances (...) C‘est seulement une fois qu‘ils sont plus rassurés qu‘ils augmentent leurs dépenses télécoms”, a-t-il expliqué.

Il a estimé que la reprise économique naissante pourrait être affectée par les mesures budgétaires mises en place par les gouvernements européens.

Vers 15h30, le titre reculait de 0,71%, à 15,355 euros.

RATIO DE CAPEX STABLE À MOYEN TERME

La généralisation des smartphones en France constitue néanmoins un moteur de croissance important des revenus et devrait se poursuivre, a estimé Gervais Pellissier.

“C‘est un facteur de croissance supplémentaire pour les revenus pour notre industrie, mais à condition que (le chiffre d‘affaires généré par) la voix ne baisse pas trop.”

En contrepartie, avec la généralisation d‘internet sur les téléphones mobiles, le trafic de données a explosé, contraignant d‘ores et déjà certains opérateurs télécoms à augmenter leurs capacités de réseau.

Gervais Pellissier a estimé que le climat devenait plus favorable aux dépenses d‘investissement des opérateurs, mais il a précisé que le ratio des capex rapporté au chiffre d‘affaires ne devrait pas augmenter à moyen terme au-delà de l‘objectif de 12-13% fixé par le groupe.

Il a expliqué que les fréquences 3G résiduelles récemment mises aux enchères par l‘Arcep et en partie remportées par Orange seraient notamment destinés à absorber l‘augmentation du trafic de données sur les réseaux mobiles.

Interrogé sur l‘iPad, la nouvelle tablette tactile d‘Apple, Gervais Pellissier a indiqué qu‘il y voyait une opportunité de relancer des offres mobiles en 3G qui comprennent uniquement des services d’échange de données, sans voix.

“Pour l‘instant on ne sait pas si l‘iPad sera une sorte de netbook luxueux. (...) Je le voix plutôt du côté du business sur les PC que sur le business des téléphones.”

Orange a été le premier grand opérateur européen à annoncer, début mai, deux forfaits spécifiquement lancés pour l‘iPad, précisant toutefois qu‘il ne comptait pas subventionner la tablette tactile.

France Telecom propose en France, au Royaume-Uni, en Suisse et en Espagne un premier forfait à 10 euros, avec une limite de téléchargement, et un autre, plus généreux, au prix de 39 euros par mois.

L‘iPad sera commercialisé en France à partir du 28 mai.

Avec la contribution de Leila Abboud et Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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