19 mai 2010 / 12:47 / dans 8 ans

LaCie mise sur la tendance du "cloud computing"

par Florent Le Quintrec et Michel Rose

PARIS (Reuters) - LaCie prévoit que le développement du “cloud computing”, cette nouvelle tendance de services informatiques à distance, sans support matériel et via le web, constituera un nouveau relais de croissance et dopera son activité, a déclaré à Reuters sa directrice financière, Géraldine Hottier-Fayon.

Le fabricant de périphériques informatiques, qui estime occuper la troisième place sur ce marché derrière les groupes américains Seagate et Western Digital, a amorcé durant la crise un virage stratégique mettant l‘accent sur les offres “software” (logiciels) en vue de compléter son offre “hardware” (matérielle).

Le groupe a notamment racheté en mars 2009 la société suisse Wuala, spécialisée dans le stockage en ligne de données, et va commercialiser, pour suivre la tendance du “cloud computing”, une solution logicielle permettant de stocker de manière très sécurisée des données à la fois de manière matérielle et à distance, en échange d‘un abonnement ou de paiements à la demande.

“C‘est la complémentarité entre l‘offre ‘cloud’ et l‘offre ‘hard’. C‘est le bébé issu de l‘investissement (le rachat de Wuala)”, a dit Géraldine Hottier-Fayon mardi lors d‘une interview.

Ce produit, que LaCie estime être une “killer application” principalement à destination du “Small Office Home Office” (PME et semi-professionnels), a toutefois vu son lancement reporté de plusieurs mois.

“La ‘killer app’ ne sortira pas en mai, elle sortira en septembre. Elle avait quelque chose qu‘on ne trouvait pas satisfaisant, donc quitte à sortir une killer app, autant qu‘elle soit killer”, a-t-elle précisé.

LaCie, qui estime que les disques durs externes classiques ont “bien vécu”, mise également sur le développement de produits utilisant la mémoire “flash”, un procédé de stockage utilisant les semi-conducteurs, couramment utilisé pour les lecteurs mp3.

Le groupe précise toutefois que ses dépenses de recherche et développement sont principalement destinées aux logiciels.

“Nous ce qui nous coûte, c‘est le ‘soft’. Nous avons beaucoup progressé parce qu‘on devait être à 1% (de budget de R&D par rapport au chiffre d‘affaires) il y a quelques années. On doit être à quelque part comme 2,5%”, a dit la directrice financière.

UN T4 SANS BONNE SURPRISE

LaCie, dont le chiffre d‘affaires du troisième trimestre, à fin mars, a été marqué par un retour de la croissance après six trimestres consécutifs de repli, observe depuis quelques semaines un regain de prudence de ses clients et estime que la crise économique n‘est pas encore terminée.

“Depuis 45 jours, on sent clairement que tout le monde a pris un coup de froid, et en Europe plus qu‘ailleurs”, a indiqué Géraldine Hottier-Fayon. “Tout le monde a appris de la crise. Personne ne prend des positions de stocks agressives.”

Le groupe prévient qu‘il n‘attend pas de bonne surprise pour le trimestre en cours.

“Aujourd‘hui, on est au milieu du gué, on ne pense pas que ce sera flamboyant”, a-t-elle dit au sujet du quatrième trimestre. Elle a par ailleurs ajouté que la demande liée à la rentrée scolaire, qui joue sur ses ventes du premier trimestre, semblait pour l‘instant frileuse.

LaCie, dont les achats de matières premières se font à 60-70% en dollar, assure que la faiblesse de l‘euro face à la devise américaine n‘a pas d‘impact sur son activité mais qu‘en revanche, son violent décrochage des derniers jours l‘avait exceptionnellement conduit à augmenter ses prix.

La société, qui réalise 62% de ses ventes en Europe, 31% outre-Atlantique et 7% en Asie-Pacifique, souhaite réduire ces écarts et développe actuellement une équipe de vente sur la côte Est des Etats-Unis pour compléter sa présence à l‘ouest.

“Déjà les pôles européens et américains devraient être un peu plus rééquilibrés. Ça peut aller relativement vite. Je pense que d‘ici 18 mois on devrait voir les choses bouger significativement”, a indiqué la directrice financière, ajoutant que sa filiale américaine, en perte opérationnelle sur l‘exercice précédent, sera rentable cette année, les Etats-Unis ayant repris “du poil de la bête”.

LaCie n‘exclut pas de réaliser des opérations de croissance externe et souligne que l‘idée d‘une présence en Chine fait partie “des arbitrages” que le groupe devra faire l‘an prochain.

Mercredi à la Bourse de Paris, le titre LaCie cédait 3,08% à 4,40 euros vers 14h30, portant à ce cours sa capitalisation à près de 159 millions d‘euros. Depuis le début de l‘année, il s‘adjuge 49,2% après avoir gagné 48% en 2009.

Edité par Dominique Rodriguez

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