22 mars 2010 / 10:53 / il y a 8 ans

La Chine semble indifférente à un possible retrait de Google

par Ben Blanchard et Melanie Lee

<p>Le si&egrave;ge de Google &agrave; P&eacute;kin. La perspective de voir Google fermer son portail internet en Chine semble laisser les Chinois indiff&eacute;rents, voire en satisfaire certains, deux mois apr&egrave;s la menace du moteur de recherche am&eacute;ricain de quitter la Chine face &agrave; la censure et aux cyberattaques. /Photo prise le 22 mars 2010/REUTERS/Jason Lee</p>

PEKIN/SHANGHAI (Reuters) - La perspective de voir Google fermer son portail internet en Chine semble laisser les Chinois indifférents, voire en satisfaire certains, deux mois après la menace du moteur de recherche américain de quitter la Chine face à la censure et aux cyberattaques.

La décision de se retirer de Chine et d‘arrêter le site google.cn pourrait être annoncée dès ce lundi par Google, rapporte le Financial Times, qui cite une source proche du dossier. La société californienne n‘a pour l‘instant rien annoncé officiellement.

“Dehors !” ordonne un utilisateur du site web du tabloïd nationaliste Global Times (www.huanqiu.com). “Je vais acheter des pétards pour célébrer l’événement”, écrit un autre.

Selon des sondages en ligne cités dans un éditorial du Global Times, 80% des personnes interrogées disent ne pas se soucier d‘un éventuel retrait de Chine de la part de Google.

La Chine est le premier marché mondial de l‘internet avec environ 385 millions d‘utilisateurs.

Pour le journal, cette histoire doit faire prendre conscience au pays qu‘il doit développer sa propre technologie et ne pas se reposer sur d‘autres pays.

“C‘est une compétition dans le domaine de la haute technologie et également une compétition pour défendre la souveraineté de l‘Etat”, écrit l’éditorialiste.

Certains bloggeurs vont plus loin et accusent Google d’être de connivence avec les services de renseignements américains.

“Il est sous-entendu que Google est très proche de la CIA”, écrit “Xiaogui” sur le portail sina.com.cn. “Saisissez cette occasion de partir maintenant, espèces d‘espions.”

Selon Joseph Cheng, professeur de sciences politiques à l‘université de Hong Kong, le Parti communiste au pouvoir joue sur la fibre nationaliste pour étouffer le débat sur la censure.

“La critique des exportations culturelles, ou impérialisme culturel, est une sorte de défense pour justifier les contrôles de censure des autorités chinoises”, estime-t-il.

“Dans leurs rapports avec le gouvernement américain, les autorités chinoises essaieront de mettre l‘accent sur le fait que ce n‘est qu‘un différend commercial et qu‘il n‘a rien à voir avec les relations sino-américaines.”

BAIDU ET TENCENT EN PREMIÈRE LIGNE

Au-delà de la censure et du piratage, l‘affaire Google est une épine dans les relations entre les deux pays, déjà tendues par des différends au sujet de Taiwan, du Tibet et de la valeur du yuan.

Ce week-end, l‘agence officielle Chine nouvelle accusait Google de tenter d‘exporter ses propres valeurs et idées et “d‘accuser sans fondement le gouvernement chinois” de soutenir les attaques de piratage informatique.

Les premiers perdants d‘un retrait de Google de Chine pourraient être les millions d‘internautes chinois. Si Google décide d‘arrêter, soulignent certains analystes, beaucoup de choses pourraient s‘arrêter. Google entretient deux centres de recherche et de développement en Chine et des centaines de commerciaux et d‘ingénieurs travaillant sur la plate-forme Android.

Google propose Google Maps, Gmail et des téléchargements gratuits de musique en Chine. Tout cela pourrait être compromis en cas de départ du groupe.

Les premiers bénéficiaires d‘un départ de Google seront les sociétés chinoises de l‘internet, estime Cao Junbo, analyste chez iResearch, une société de Pékin spécialisée dans les questions de technologie.

Il cite le moteur de recherche local Baidu qui a développé une équipe de commerciaux et d‘assistance et Tencent Holdings, qui gère la plus importante plate-forme chinoise de messagerie instantanée.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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