17 décembre 2009 / 09:34 / il y a 8 ans

Free attend sa licence 3G et devra signer un accord d'itinérance

par Marie Mawad et Leila Abboud

<p>Bien parti pour &ecirc;tre sacr&eacute; quatri&egrave;me op&eacute;rateur mobile par l'Arcep, Free a promis de r&eacute;duire la facture t&eacute;l&eacute;coms des Fran&ccedil;ais mais la n&eacute;gociation d'un accord d'itin&eacute;rance avec France T&eacute;l&eacute;com, SFR ou Bouygues pourrait restreindre sa marge de manoeuvre. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann</p>

PARIS (Reuters) - Bien parti pour être sacré quatrième opérateur mobile par l‘Arcep, Free a promis de réduire la facture télécoms des Français mais la négociation d‘un accord d‘itinérance avec France Télécom, SFR ou Bouygues pourrait restreindre sa marge de manoeuvre.

L‘attribution de la quatrième licence de troisième génération (3G), pour laquelle la maison mère de l‘opérateur, Iliad, est candidat unique, fait désormais peu de doute et devrait recueillir vendredi une réponse favorable de la part de l‘Arcep, le régulateur français des télécoms.

Iliad démarrera alors des négociations avec les mêmes concurrents qui ont tenté ces dernières années de bloquer son arrivée sur le marché du mobile et avec lesquels le fournisseur d‘accès à internet (FAI) s‘est livré à de nombreuses batailles judiciaires et politiques, soulignent des spécialistes.

Selon les modalités prévues par le régulateur des télécoms, le quatrième opérateur mobile devra déployer ses propres antennes pour desservir au moins un quart des Français, représentant une dizaine de villes, avant d‘obtenir le droit d‘accéder au réseau de l‘un de ses concurrents dans le cadre d‘un contrat d‘itinérance de six ans.

Free estime qu‘il lui faudra deux ans environ pour la mise en place de son réseau avant de disposer d‘une couverture suffisante pour lancer ses premières offres commerciales.

Un accord d‘itinérance serait néanmoins signé dès le premier semestre 2010, disent des sources sectorielles, tablant sur un montant annuel compris entre 100 et 200 millions d‘euros.

“QUI VA CRAQUER ET SIGNER?”

Orange et SFR seraient les plus intéressés, estiment des analystes, citant la volonté de ces deux opérateurs d‘augmenter leur chiffre d‘affaires dans la vente de gros, Bouygues s’étant pour l‘instant plutôt tenu à l’écart d‘accords avec des opérateurs mobiles sans réseau (MVNO).

L‘opération, ajoutent-ils, aurait toutefois plus de sens pour Bouygues Telecom, puisque le plus petit des trois concurrents a le plus de capacité libre sur son réseau et que le risque de cannibalisation de sa base clients est, en théorie, moins important du fait de sa taille plus réduite.

“L‘enjeu est de voir la réaction des trois opérateurs. Qui va craquer et signer?”, résume un analyste.

<p>MARCH&Eacute; DU MOBILE</p>

“L‘accord pourrait être très profitable”, estime quant à lui Michael Kovacy, chez Daiwa Securities, d‘autres experts soulignant que le contrat servirait également de couverture contre la perte de clients qui partiraient chez Iliad.

Les conditions du contrat détermineront à quel point le fournisseur d‘accès à internet, dont le PDG Xavier Niel a affirmé à plusieurs reprises vouloir “diviser par deux” la facture de téléphonie mobile d‘un foyer français moyen, pourra casser les prix.

“Free va très probablement adopter une stratégie de prix plus rationnelle” pour faciliter la signature de cet accord, estime Michael Kovacy.

“La dernière chose qu‘ils feront c‘est démarrer une guerre des prix”, explique de son côté un analyste basé à Londres.

L‘ARCEP EN DERNIER RECOURS

Reste que les négociations s‘annoncent tendues et l‘accord, vraisemblablement peu comparable à ceux que les opérateurs ont signé avec des MVNO, serait le premier en son genre.

A la différence des MVNO - qui “ne sont pas concurrents, mais partenaires complémentaires de leur opérateur hôte”, comme le soulignait en juillet 2008 un rapport de l‘Autorité de la concurrence -, Free est un adversaire pour les trois opérateurs mobiles existants.

L‘Arcep a d‘ailleurs prévu que les opérateurs puissent la saisir s‘ils ne parviennent pas à se mettre d‘accord, en vue d‘une procédure de règlement de différend.

Cette procédure, quoiqu‘elle pourrait se solder par des conditions commerciales plus avantageuses pour Iliad, prendrait toutefois entre trois et six mois, et décalerait donc vraisemblablement le lancement commercial de Free Mobile.

France Télécom, SFR et Bouygues n‘ont pas souhaité commenter un éventuel intérêt pour ce contrat d‘itinérance.

Edité par Dominique Rodriguez

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