10 décembre 2009 / 09:23 / dans 8 ans

AOL, de retour en Bourse, divise déjà les analystes financiers

par Yinka Adegoke

<p>La scission d&eacute;sormais effective entre AOL et Time Warner, concr&eacute;tis&eacute;e par le retour d'AOL en Bourse ce jeudi, est loin d'assurer l'avenir boursier du nouveau groupe de services internet, d'autant plus que son capital sera au d&eacute;part d&eacute;tenu pour une bonne part par des fonds actionnaires de Time Warner. /Photo prise le 28 mai 2009/REUTERS/Lucas Jackson</p>

NEW YORK (Reuters) - Lorsque Tim Armstrong, le directeur général d‘AOL, sonnera la cloche jeudi pour ouvrir solennellement la séance à la Bourse de New York, il espèrera sans doute aussi tirer un trait sur l‘une des plus désastreuses fusions de l‘histoire de Wall Street.

Mais la scission désormais effective entre AOL et Time Warner est loin d‘assurer l‘avenir boursier du nouveau groupe de services internet, d‘autant plus que son capital sera au départ détenu pour une bonne part par des fonds actionnaires de Time Warner.

Tim Armstrong veut repositionner AOL pour en faire un acteur de premier plan des contenus et de la publicité en ligne, face à Google et Yahoo principalement. Mais son groupe sera encore longtemps dépendant des liquidités dégagées par ses activités de fournisseur d‘accès, qui n‘affichent pas une santé éclatante.

La scission s‘est traduite par la distribution aux actionnaires de Time Warner d‘une action AOL pour 11 titres détenus. Au cours de clôture de Time Warner le 16 novembre, jour de l‘annonce du projet, AOL était valorisé un peu plus de trois milliards de dollars (2,0 milliards d‘euros).

Mais au vu des cotations sur le marché gris, sa valeur est tombée depuis à 2,4 milliards de dollars environ.

Cette valorisation, à rapporter à celle de 163 milliards accordée au groupe lors de la fusion avec Time Warner en janvier 2000, pourrait justifier l‘intérêt des investisseurs. C‘est en tout cas l‘avis de Thomas Eagan, analyste de Collins Stewart.

Celui-ci s‘appuie sur une comparaison de la valorisation avec celle d‘autres fournisseurs d‘accès, comme United Online ou Eartlink, sur la base de la valeur d‘entreprise par abonné.

“Nous pensons que l‘activité d‘accès d‘AOL à elle seule, avec ses 4,9 millions d‘abonnés, vaut 2,2 milliards de dollars. Cela revient à dire que l‘activité de portail et toutes les marques d‘AOL valent moins de 300 millions”, explique-t-il.

Il juge en outre que Wall Street a peut-être sous-estimé l‘impact potentiel sur les résultats des restructurations lancées par Tim Armstrong.

De son côté, Todd Rethemeier, analyste d‘Hudson Square Capital, pense que la plupart des mauvaises nouvelles concernant AOL appartiennent au passé, qu‘il s‘agisse de la baisse des recettes publicitaires ou de celle de l‘activité de fournisseur d‘accès.

DES INSTITUTIONNELS POURRAIENT VENDRE VITE

“Beaucoup de choses qui n‘allaient pas chez AOL sont déjà intégrées dans la valorisation”, explique-t-il. Il entame la couverture du titre avec une opinion à “conserver”.

Tim Armstrong met la barre plutôt bas. Reste à savoir à quel rythme il arrive à redresser l‘activité publicitaire.”

D‘autres professionnels soulignent que les modalités mêmes de la scission risquent de pénaliser AOL en Bourse car les actionnaires “hérités” de Time Warner sont pour une bonne part des fonds d‘investissement dont la valeur risque de ne pas respecter les critères.

“Il y a des fonds qui pourraient être obligés de vendre AOL”, déclare Chris Marangi, analyste de Gabelli & Co, un actionnaire de longue date de Time Warner.

“Ils pourraient être soumis à des restrictions concernant ce qu‘ils peuvent détenir en terme de capitalisation, où être obligés de ne détenir que des entreprises qui versent des dividendes, par exemple.”

Dans ces conditions, le titre AOL risque d’être sous pression dès ses débuts, note Colin Gillis, analyste de Brigantine Advisors.

Il ajoute que les investisseurs à la recherche de valorisations attractives seront peut-être déçus, à moins d’être prêts à conserver le titre pendant une longue durée, car Tim Armstrong pourrait décider d‘investir aux dépens des dividendes ou des rachats d‘actions.

“Le problème, c‘est que les investisseurs à court terme seront incités à vendre et que les acheteurs seront incités à attendre de voir comment Tim et le titre se comportent”, résume-t-il.

Pour Benjamin Schachter, analyste de Broadpoint, AOL devra, pour monter en Bourse, porter ses marges au niveau de celles de concurrents comme Yahoo, mais la baisse de l‘activité d‘accès pourrait le pénaliser.

“Nous pensons tout simplement qu‘il risque de devoir attendre longtemps avant que les marges puissent s‘améliorer. Au final, même si l‘action AOL peut sembler intéressante sur la base de la comparaison des multiples, nous recommandons aux investisseurs d‘attendre une opportunité d‘entrée plus convaincante.”

Version française Marc Angrand

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