5 octobre 2009 / 18:04 / dans 8 ans

France Télécom remplace son numéro 2, gel des mobilités prolongé

PARIS (Reuters) - France Télécom a nommé Stéphane Richard pour remplacer Louis-Pierre Wenes au poste de numéro 2 de l‘opérateur et prolongé le gel des mutations que les syndicats tiennent pour partie responsables de la vague de suicides qui frappe le groupe.

<p>Louis-Pierre Wenes (&agrave; gauche), le directeur g&eacute;n&eacute;ral adjoint charg&eacute; des op&eacute;rations de France T&eacute;l&eacute;com et Didier Lombard, le P-DG. Le groupe a nomm&eacute; St&eacute;phane Richard pour remplacer Louis-Pierre Wenes au poste de num&eacute;ro 2 de l'op&eacute;rateur et prolong&eacute; le gel des mutations que les syndicats tiennent pour partie responsables de la vague de suicides qui frappe le groupe. /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

Jusqu‘ici directeur général adjoint chargé des opérations France, Louis-Pierre Wenes est l‘un des dirigeants qui a mis en place les mesures de mobilité aujourd‘hui contestées et que les syndicats tiennent responsables des 24 suicides intervenus au sein de l‘entreprise depuis février 2008.

Ancien directeur de cabinet de la ministre de l‘Economie Christine Lagarde, Stéphane Richard est entré chez l‘opérateur, détenu à 27% par l‘Etat français, il y a quelques mois en tant que successeur désigné du P-DG Didier Lombard à partir de 2011.

Le groupe de télécoms a parallèlement accédé à l‘une des demandes des syndicats en confirmant le prolongement pour une période de deux mois, soit jusqu’à fin décembre, du moratoire sur les mobilités forcées.

“Cela fait partie des propositions que nous souhaitions présenter aux syndicats mardi”, a indiqué un porte-parole de France Télécom, évoquant la rencontre prévue demain entre les deux parties.

Un communiqué commun à l‘ensemble des organisations syndicales du groupe appelait, jeudi dernier, à la grève nationale les 6 et 7 octobre, pour demander le gel des mobilités, mais également l‘arrêt des restructurations, parmi d‘autres revendications.

Désormais, “le 6 octobre, jour des négociations, sera une date clé”, résume Pierre Dubois, délégué CFDT, interrogé par Reuters.

LES SYNDICATS EN PARTIE RASSURÉS

Les organisations syndicales restent attentives aux “mesures concrètes d‘amélioration des conditions de travail”, a déclaré à Reuters Christian Pigeon, délégué Sud, mais le remplacement du numéro deux, Louis-Pierre Wenes, les a néanmoins en partie rassurés.

“On prend ce geste comme un geste fort, qui nous rassure un petit peu sur la disposition de la direction dans la négociation qui commence”, a dit Patrick Ackerman, secrétaire fédéral du syndicat Sud, sur France Info.

“Ce n‘est pas innocent de couper la tête du numéro deux juste avant les deux jours de grève”, indique de son côté Pierre Dubois, délégué CFDT, estimant que l‘annonce calmera au moins en partie les tensions.

Quant à l‘arrivée de Stéphane Richard, Christian Pigeon en déduit que “le contrôle de l‘Etat sur le groupe sera beaucoup plus étroit qu‘avant.”

“Nous sommes plutôt réservés sur Stéphane Richard, c‘est un proche de l‘Elysée, de Christine Lagarde”, déclare de son côté Patrick Ackerman.

Vers 14h10, le titre progressait de 1,56%, à 17,945 euros, à comparer avec une hausse de 0,28% pour l‘indice de référence des télécoms.

Un analyste estime que le report du gel des mutations avait été anticipé par le marché.

“Il n‘y a plus vraiment d‘effet de surprise lié à ces annonces, le gros d‘entre elles se reflète déjà dans le prix”, commente un autre analyste, pour qui le “momentum” est néanmoins défavorable sur le titre, du fait des événements récents.

L‘opposition de gauche a réclamé la démission du P-DG Didier Lombard, mais Christine Lagarde, ministre de l‘Economie, lui a renouvelé jeudi sa “pleine et entière confiance”.

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a quant à lui demandé à l‘inspection du travail d‘intensifier la surveillance de la mise en oeuvre des mesures d‘urgences annoncées par France Télécom après le dernier suicide, réclamant un état des lieux hebdomadaire.

Marie Mawad, avec la contribution de Dominique Vidalon, édité par Gilles Guillaume

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