29 juin 2009 / 10:39 / dans 8 ans

MySpace doit se réinventer pour trouver un nouveau souffle

par Robert MacMillan

<p>Chris DeWolfe, co-fondateur de MySpace. Les r&eacute;ductions drastiques d'effectifs d&eacute;cid&eacute;es par le site communautaire, propri&eacute;t&eacute; du groupe News Corp, ne repr&eacute;sentent que la premi&egrave;re &eacute;tape d'une refondation indispensable pour relancer un r&eacute;seau en perte de vitesse. /Photo prise le 30 janvier 2009/REUTERS/Denis Balibouse</p>

NEW YORK (Reuters) - Les réductions drastiques d‘effectifs décidées par le site communautaire MySpace, propriété du groupe News Corp, ne représentent que la première étape d‘une refondation indispensable pour relancer un réseau en perte de vitesse.

Détrôné par le réseau social Facebook et le site de micro-blogging Twitter, MySpace est également menacé sur le plan financier, alors que l‘accord publicitaire lucratif qui le lie à

Google arrive à échéance l‘an prochain. Le site va donc devoir inverser des courbes de fréquentation inquiétantes, améliorer le retour sur investissements pour les annonceurs et peut-être même trouver une nouvelle maison-mère, estiment les analystes.

En mai, le nombre de visiteurs uniques de Facebook a progressé pour s’établir à 70,278 millions aux Etats-Unis contre 70,237 millions pour MySpace. Au niveau mondial, Facebook comptait 307,1 millions de visiteurs uniques en avril, et MySpace 123,3 millions.

“Les internautes sont très volages en ce qui concerne les réseaux sociaux en ligne”, explique Jeffrey Lindsay, analyste chez Sanford Bernstein, en précisant qu‘il faut leur permettre de rafraîchir sans cesse leurs profils pour s‘assurer leur fidélité, dont dépend la survie d‘un site.

Pour éviter de rejoindre la liste des sites passés aux oubliettes après avoir été un temps la coqueluche des internautes, comme Friendster, AltaVista et GeoCities, MySpace va devoir se recentrer sur la musique et le divertissement, d‘autant plus que le service “MySpace Music”, qui permet aux internautes de partager et de découvrir des morceaux, a bien tiré son épingle du jeu, selon les analystes.

Une telle évolution permettrait au réseau d‘envisager des nouveaux accords publicitaires avantageux avec des maisons de disques, des studios de cinéma et d‘autres entreprises du secteur du divertissement, qui pourraient alors avoir une idée relativement précise du profil des internautes cibles.

A l‘heure actuelle “le problème est que les bannières publicitaires (sur MySpace) n‘ont pas prouver leur efficacité”, relève Josh Bernoff, analyste chez Forrester Research, qui préconise le recrutement d‘une équipe chargée de développer un nouveau format publicitaire plus performant.

Cette situation menace notamment l‘accord avec Google concernant la publicité liée aux recherches, qui arrive à échéance l‘an prochain. Ce contrat assure 300 millions de dollars par an à MySpace mais il est peu susceptible d’être reconduit dans les mêmes termes selon les analystes, qui prévoient que le renouvellement pourrait se faire pour un montant inférieur de moitié, voire réduit de 75% pour les anticipations les moins optimistes.

Une autre option pour le réseau serait de se tourner vers un concurrent de Google cherchant à se renforcer dans ce secteur, certains analystes évoquant le nom de Microsoft, qui cherche “à tout prix” à développer son activité en ligne, d‘après Jeffrey Lindsay.

Ni le réseau social, le géant du logiciel, ou le moteur de recherche n‘ont souhaité commenter cette éventualité.

MYSPACE DEVRAIT RESTER DANS LE GIRON DE NEWS CORP

Si d‘aucuns se sont posé la question de l’éventualité que Rupert Murdoch décide de se séparer de MySpace, la majorité des analystes jugent qu‘une cession est très peu probable au regard de la situation actuelle des marchés financiers.

En achetant MySpace pour 580 millions de dollars en 2005, le magnat des médias est apparu comme un visionnaire du web. Mais le déclin des revenus publicitaires et la croissance exponentielle de Facebook ont sévèrement écorné l‘image du réseau, qui semble de plus en plus dépassée.

Banquiers et analystes peinent aujourd‘hui à évaluer la valeur de MySpace, dans la mesure où News Corp ne fournit pas de données financières.

“Il est difficile d‘estimer les réseaux sociaux en ligne dans la mesure où aucun modèle économique ne s‘est encore imposé” dans ce domaine, souligne Robert Jackman, de Jefferies & Co. Et d‘ici à ce que les acteurs du secteur déterminent un moyen durable de générer de l‘argent à partir des millions d‘utilisateurs de ces sites, toute fusion-acquisition significative “sera un peu un pari”, note-t-il.

Ce spécialiste estime cependant qu‘en dépit des problèmes rencontrés par MySpace, News Corp est probablement le groupe de médias qui s‘en sort le mieux dans ses tentatives pour définir une stratégie numérique.

“News Corp a fait le plus gros pari (...) et reste celui qui a rencontré le plus de succès parmi les groupes de médias traditionnels dont la plus grande partie n‘a connu que des échecs.”

En avril, News Corp a nommé Owen Van Natta, ancien dirigeant de Facebook, à la tête de MySpace en remplacement du co-fondateur du réseau, Chris DeWolfe. Owen Van Natta, qui souhaite que MySpace renoue avec la culture d‘entreprise d‘une “start-up”, a annoncé un vaste plan de restructuration portant sur la suppression de près de 700 postes aux Etats-Unis et à l‘international, pour ramener ses effectifs à un total d‘environ 1.150 personnes.

Avec Anupreeta Dasv, version française Myriam Rivet

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below