24 juin 2009 / 19:10 / dans 8 ans

Washington demande à Pékin de renoncer à un filtre internet

WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire américain au Commerce a réclamé mercredi l‘abandon par la Chine de son projet de filtrage d‘internet, estimant que cette mesure pourrait enfreindre les règles commerciales internationales.

<p>Dans un caf&eacute; internet de Yingtan, dans la province de Jiangxi. Le secr&eacute;taire am&eacute;ricain au Commerce r&eacute;clame l'abandon par la Chine de son projet de filtrage d'internet, estimant que cette mesure pourrait enfreindre les r&egrave;gles commerciales internationales. /Photo prise le 23 juin 2009/REUTERS</p>

“La Chine place les entreprises dans une position intenable en leur imposant, sans pratiquement aucune annonce publique, de pré-installer un logiciel qui semble contenir de larges implications en terme de censure et de sécurité du réseau”, a déclaré Gary Locke dans un communiqué.

Les autorités chinoises défendent l‘obligation de vendre, à compter du 1er juillet, tout nouveau PC équipé de ce logiciel baptisé “barrage vert” en expliquant qu‘il permettra de protéger les enfants d‘images violentes ou pornographiques.

Les détracteurs du logiciel, vendu par le groupe Jinhui Computer System Engineering, estiment qu‘il est techniquement défaillant et qu‘il pourra être utilisé pour espionner les internautes et bloquer des sites jugés dérangeants politiquement.

Gary Locke et le représentant au Commerce Ron Kirk font part de leurs inquiétudes à leurs homologues chinois en réaction à un récent article du China Daily assurant que Pékin “ne reculera pas” sur la mise en place de ce “barrage vert”.

“La protection des enfants est un objectif légitime mais le moyen est inadapté et aura probablement une portée plus large”, soulignent les deux hauts responsables américains.

“Le fait d‘obliger à installer un logiciel techniquement défaillant et à refuser aux fabricants et aux consommateurs la liberté de choisir leur logiciel de filtrage est un moyen inutile et injustifié d‘atteindre cet objectif, et représente un sérieux obstacle au commerce”, ajoutent-ils.

Cette mesure soulève une question fondamentale concernant la transparence des pratiques réglementaires de la Chine et des interrogations concernant le respect des règles de l‘Organisation mondiale du Commerce, poursuivent-ils.

Gary Locke et Ron Kirk assurent avoir reçu de nombreuses plaintes de la part de fabricants, de ressortissants chinois et de médias portant sur la stabilité du logiciel, sur l’étendue de ses activités de filtrage et sur ses failles en matière de sécurité.

La principale page d‘accès au moteur de recherche Google (www.google.com) a été inaccessible pendant une heure environ en Chine mercredi soir, entre 22h00 et 23h00. Le patron de Google Chine a diffusé un message sur le site de microblogage Twitter pour dire que ses services se renseignaient sur cet incident.

L‘autorité chinoise de surveillance du Web a ordonné il y a moins d‘une semaine au groupe américain de bloquer l‘accès via son moteur de recherche chinois à tous les sites étrangers au contenu “vulgaire ou pornographique”.

Doug Palmer, version française Jean-Stéphane Brosse

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