27 mai 2009 / 09:50 / dans 8 ans

France Télécom pourrait revoir ses investissements en Egypte

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - France Télécom pourrait reconsidérer à terme ses investissements en Egypte, après avoir renoncé à son projet d‘offre sur les minoritaires de l‘opérateur mobile ECMS, filiale de la holding Mobinil au coeur d‘un imbroglio juridique, a déclaré un responsable du groupe français.

Lors d‘un entretien téléphonique accordé à Reuters, Jean-Yves Larrouturou, directeur général adjoint chargé du développement international de France Télécom, a précisé que le groupe comptait faire appel dans les prochains jours en Egypte, après le rejet mercredi de son offre par l‘autorité des marchés (CMA). Il a souligné qu‘aucune nouvelle offre n’était envisageable.

Prié de dire si ce différend pouvait avoir des conséquences sur les investissements du groupe dans le pays, il a répondu : “Si nous devions constater qu‘on est à l’écart du droit international, on en arriverait à se poser des questions existentielles et envisager de réduire la voilure concernant nos investissements en Egypte”.

“Je ne me place pas dans cette hypothèse aujourd‘hui”, a-t-il cependant ajouté. “Nous allons utiliser les voies de droit locales égyptiennes et puis internationales”.

L‘offre de France Télécom sur les minoritaires d‘ECMS fait suite à une décision de la Cour d‘arbitrage de la chambre de commerce international du 10 mars qui condamne Orascom Telecom à transférer ses 28,75% détenus dans la holding Mobinil au groupe français qui détient déjà le solde.

DIFFÉREND DEPUIS 2007

La holding Mobinil, qui fait l‘objet d‘un différend depuis 2007 entre le France Télécom et Orascom, détient 51% d‘ECMS. Orascom Telecom en possède 2O% en direct, le solde de 29% étant le flottant.

France Télécom a amélioré la semaine dernière son offre sur 49% d‘ECMS à un prix évalué à environ 237 livres égyptiennes par action (soit un total de 1,5 milliard d‘euros), contre une première proposition de 200 livres (soit un total de 1,3 milliard d‘euros), déjà rejetée en avril par la CMA et Orascom.

La CMA a motivé son rejet de la nouvelle offre du groupe français sur 49% sur capital d‘ECMS par le fait “qu‘elle enfreint le principe de donner une opportunité équivalente” à tous les actionnaires.

Jean-Yves Larrouturou a noté que le prix de l‘offre améliorée d‘ECMS correspondait à une fourchette indiquée par la CMA lors de discussions menées avec France Télécom, évoquant “les pressions d‘un groupe très puissant en Egypte”.

“Il faut souligner l’écart spectaculaire de la qualité du dialogue que nous avons avec les autorités politiques et cette décision d‘une autorité administrative prise de manière non fondée sur le fonds et dans des conditions étonnantes”, a-t-il observé.

Dans le cas où l‘appel n‘aboutirait pas, France Télécom pourrait invoquer les accords France/Egypte de protection réciproque des investissements, a-t-il ajouté.

L‘action ECMS, suspendue depuis le 19 mai dans l‘attente d‘une décision de la CMA, s‘est retournée en baisse dès la première annonce du probable retrait de l‘offre par Reuters. Elle a clôturé en baisse de 4,78% à 190 livres, tandis qu‘Orascom a creusé ses pertes pour finir sur un recul de 5,49% à 33,75 livres. France Télécom a terminé quasi inchangé à 17,18 euros.

ASTREINTE DE 50.000 DOLLARS PAR JOUR

Orascom, dirigé par le milliardaire égyptien Naguib Saouiris avait estimé le 19 mai que France Télécom n‘avait pas rempli les conditions fixées par le tribunal d‘arbitrage et annoncé faire appel pour obtenir l‘annulation de l‘accord sur la vente des titres de l‘opérateur mobile.

Mais selon une décision du tribunal de première instance de Genève rendue le 7 mai et que Reuters a consultée, la sentence arbitrale de la cour internationale est bel et bien exécutoire.

France Télécom rappelle dans son communiqué que la décision de la cour d‘arbitrage internationale prévoyait qu‘Orascom devrait verser 50.000 dollars par jour au groupe français faute d‘avoir livré ses titres Mobinil avant le 10 avril.

Mobinil, lancé en 1998, compte plus de 21 millions de clients et détient 48% du marché égyptien où il emploie près de 3.500 personnes.

Un réexamen des investissements du groupe en Egypte, s‘il était un jour envisagé, pourrait également concerner Orange Business Services, la division entreprise du groupe présente depuis plus d‘un demi-siècle dans le pays.

Employant plus de 1.500 personnes au Caire, elle compte parmi ses clients Egypt Air, le groupe de construction mécanique ENPPI et la banque d‘affaires EFG Hermes, qui n‘est autre que le conseiller financier d‘Orascom Telecom dans ses négociations concernant Mobinil.

Un responsable d‘EFG Hermes a déclaré mardi à Reuters que Mobinil aurait plutôt besoin d‘un “partenaire local fort” pour des raisons de “sécurité nationale” et commerciales.

Avec la contribution d‘Alastair Sharp au Caire, édité par Jean-Michel Bélot et Matthieu Protard

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