21 mai 2009 / 15:34 / dans 9 ans

L'ADSL résiste, le roaming touché

par Cyril Altmeyer

<p>Les trois premiers fournisseurs d'acc&egrave;s fran&ccedil;ais, Orange, Free et SFR, estiment que l'internet &agrave; haut d&eacute;bit n'est pas touch&eacute; par la crise.</p>

PARIS (Reuters) - Désormais considéré comme un service de base, l‘internet à haut débit n‘est pas touché par la crise, ont estimé Orange, Free et SFR, les trois premiers fournisseurs d‘accès français, lors d‘un sommet organisé cette semaine par Reuters à Paris.

Orange et SFR, les deux premiers opérateurs mobiles français, ont en revanche noté une baisse marquée des revenus tirés des frais d‘itinérance (“roaming”), facturés aux utilisateurs pour les appels passés en dehors de leur pays d‘origine en Europe.

“La dernière chose que les gens veulent, c‘est de se passer de leur connexion internet ou de leur ligne fixe”, a expliqué Frank Esser, PDG de SFR, lors du sommet TMT (Télécoms, médias, technologie) organisé par Reuters à Paris, à New York et en Asie.

“Le triple play devient un service de base. Les gens ont besoin d‘eau, d’électricité et d‘internet haut débit. C‘est une réalité, nous n‘avons pas vu de détérioration du taux de résiliation”, a souligné de son côté Thomas Reynaud, directeur financier d‘Iliad, maison mère de Free.

Gervais Pellissier, directeur financier de France Télécom, a cependant anticipé un ralentissement de la croissance du marché de l‘internet en France à entre 15 et 18% en 2009, contre 21-22% en 2008 et 35-36% en 2006, en raison de son arrivée à maturité.

Il a toutefois souligné la résistance du marché français des télécoms, à la différence du Royaume-Uni et surtout de l‘Espagne.

“Nous pensons qu‘il (le marché espagnol) ne s‘améliorera pas. Il pourrait même se détériorer encore”, a-t-il souligné, notant que l‘Espagne est le seul pays d‘Europe où le volume de communications mobiles baisse, à la différence notamment du Royaume-Uni.

Dans la téléphonie mobile, il a observé une progression continue de la part des clients optant pour un forfait.

“Au départ, cela nous a plutôt surpris, parce que nous nous demandions si les clients passeraient des cartes prépayées à un forfait dans une période de crise”, a noté Gervais Pellissier. “Il semble que les gens préfèrent avoir des conditions fixes garanties au sein d‘un engagement”.

Selon l‘Autorité des télécoms (Arcep), le nombre de clients ayant opté pour un forfait a progressé de 7,9% sur un an à 39,8 millions à la fin mars - pour un total de 58,2 millions -, tandis que ceux préférant les cartes prépayées a reculé de 2,1%.

L‘effet de la crise le plus évident reste la réduction des voyages, qui a entraîné une baisse du “roaming” de plus de 10% au premier trimestre chez SFR, a précisé Frank Esser, tandis que Gervais Pellissier a fait état de baisses de 5 à 7% dans certains pays.

PRESSIONS SUR LE MARCHÉ DES ENTREPRISES

Frank Esser a également constaté un “léger” impact sur l‘activité mobile du marché des entreprises, tandis que Gervais Pellissier a noté des pressions sur les prix de la part des clients sur le marché des entreprises, lui aussi résistant au premier trimestre pour France Télécom.

Selon l‘Arcep, la croissance du nombre de clients à la téléphonie mobile a ralenti à 4,5% en rythme annuel à la fin mars contre 7,1% un an plus tôt. La France affiche un taux de pénétration de 90,7%, peu élevé par rapport à certains pays européens où il dépasse 100%.

C‘est la raison pour laquelle Iliad se montre particulièrement déterminé à devenir le quatrième opérateur mobile français, dans un marché détenu à 95% par Orange, SFR et Bouygues Telecom.

“Il est évident que nous ne comptons pas sur la croissance du marché mobile”, a souligné Thomas Reynaud, le directeur financier d‘Iliad. “Nous comptons sur les résiliations. C‘est un marché très cher, probablement l‘un des plus chers en Europe”.

Iliad paraît favori en vue de l‘obtention d‘une “mini-licence” de troisième génération (3G) pour laquelle l‘Arcep pourrait lancer un appel d‘offres cet été, avec un prix de 206 millions d‘euros, soit un tiers de celui payé les trois opérateurs historiques en 2001 et 2002.

Selon la presse, le câblo-opérateur Numericable et l‘opérateur sans réseau (MVNO) Virgin Mobile pourraient eux aussi présenter une offre. Stan Miller, directeur général de la division Mobile International de l‘opérateur néerlandais KPN a déclaré de son côté lors du sommet TMT qu‘il n’était pas intéressé.

Iliad pourrait, en toute logique, proposer une offre “quadruple play” (internet, télévision, téléphonie fixe et mobile) s‘il obtient la licence. Bouygues Telecom lui a d‘ores et déjà grillé la politesse, avec le lancement lundi prochain de la première offre du genre en France, baptisée Ideo, pour 44,90 euros par mois.

Edité par Jean-Michel Bélot

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