24 mars 2009 / 17:34 / il y a 9 ans

Google, un ogre à la diète

par Alexei Oreskovic

<p>Apr&egrave;s des ann&eacute;es pass&eacute;es &agrave; engloutir des soci&eacute;t&eacute;s, Google est aujourd'hui &agrave; la di&egrave;te. Le g&eacute;ant de l'internet n'a pas annonc&eacute; d'acquisitions depuis six mois, un ralentissement significatif si l'on consid&egrave;re les 30 accords conclus depuis 2005. Mais certains observateurs notent que Google, qui dispose d'un tr&eacute;sor de guerre de pr&egrave;s de 16 milliards de dollars, risque de ne pas rester en retrait du march&eacute; des acquisitions bien longtemps. /Photo d'archives/REUTERS/Robert Galbraith</p>

SAN FRANCISCO (Reuters) - Après des années passées à engloutir des sociétés, Google est aujourd‘hui à la diète.

Le géant de l‘internet n‘a pas annoncé d‘acquisitions depuis six mois, un ralentissement significatif si l‘on considère les 30 accords conclus depuis 2005.

Le directeur général de Google Eric Schmidt a admis le fait début mars, en déclarant aux investisseurs que les prix restaient trop élevés à son goût et que les initiatives de Google en matière de fusion et acquisition étaient “plutôt inertes”.

Mais certains observateurs notent que Google, qui dispose d‘un trésor de guerre de près de 16 milliards de dollars, risque de ne pas rester en retrait du marché des acquisitions bien longtemps. Dans le monde très concurrentiel des logiciels pour internet, des groupes comme Google ont besoin de regarder à l‘extérieur pour surveiller les nouvelles technologies et les opportunités de croissance.

“Les dirigeants peuvent dire tout ce qu‘ils veulent sur le fait de rester sur la touche, si une transaction intéressante se présente à un bon prix, ils y réfléchiront”, a déclaré un analyste d‘UBS, Ben Schachter.

Des rumeurs ont ainsi récemment fait état de l‘intérêt de Google pour le site communautaire Twitter et l‘agence de voyages en ligne Expedia.

Si Google ne commente pas la rumeur, les analystes sont partagés sur la faisabilité de l‘une ou de l‘autre combinaison. Le rachat d‘Expedia marquerait un changement profond de la stratégie de Google, concentrée sur la recherche, et celui de Twitter offrirait d‘intéressantes fonctionnalités mais sa stratégie d‘entreprise reste floue, estiment les analystes.

La capitalisation boursière d‘Expedia est estimée à environ 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d‘euros) et son action est en baisse de 70% par rapport à un plus haut de mai 2008.

La valeur de la société non cotée Twitter, un site internet qui permet aux utilisateurs d‘envoyer des messages de 140 caractères maximum, est plus difficile à évaluer mais le chiffre de 500 millions de dollars avait été évoqué lors de discussions avec Facebook en 2008, selon des informations rapportées par des médias et des blogs.

GARDER LES YEUX OUVERTS

Il est évident que Google reste à l‘affût.

Un membre du développement d‘entreprise (corporate development) de Google, le département qui supervise les fusions et acquisitions, était présent mercredi dernier lors d‘un événement organisé dans la Silicon Valley par la société Y-Combinator, au cours duquel une poignée de jeunes pousses ont présenté leurs projets devant une sélection d‘investisseurs.

En juillet 2008, Google avait acquis Omnisio, quatre mois après que la jeune société de partage de vidéos se soit présentée lors d‘un événement Y-Combinator.

Karim Faris, un membre de l’équipe développement d‘entreprise de Google qui était présent mercredi, a déclaré que de nombreux groupes cotés et non cotés ne tenaient pas encore complètement compte du ralentissement du marché quand ils estimaient leur valeur et que cet ajustement pourrait prendre selon lui un trimestre ou deux.

La majorité des acquisitions de Google ont concerné de petites sociétés non cotées évaluées entre 20 et 50 millions de dollars, selon une source familière des activités de Google.

Les deux dernières grosses acquisitions de Google ont été la société de publicité en ligne DoubleClick, rachetée 3,1 milliards de dollars (2,3 milliards d‘euros) en 2008, et le site internet de partage de vidéo YouTube, acquis pour 1,65 milliard de dollars (1,2 milliard d‘euros) en 2006.

Google recherche habituellement dans une acquisition ses ingénieurs ou sa technologie. “Elles (les sociétés) sont toutes très jeunes”, a déclaré à propos des acquisitions de Google Paul Buchheit, un ancien ingénieur du groupe qui a cofondé FriendFeed. “Ce qu‘elles ont, ce sont des développeurs très talentueux et un avenir prometteur”.

Tenant compte du fait que Google veut désormais maîtriser ses coûts, Buchheit observe que les besoins du groupe pour ce types d‘acquisitions pourraient devenir moins pressants. “Je pense qu‘ils ont dit qu‘il y avait une sorte de ralentissement des embauches. Donc je m‘attends à ce qu‘il y ait également une sorte de ralentissement dans l‘acquisition de talents, simplement parce que Google essaie d‘en faire plus avec ce qu‘il a déjà”.

Néanmoins, Buchheit dit douter du fait que Google passe son tour s‘il déniche une équipe d‘ingénieurs hors normes.

TWITTER

La popularité croissante de Twitter a ravivé les spéculations sur le fait que Google y voit le moyen de protéger son activité de recherche. Twitter possède une capacité de recherche en temps réel permettant à ses utilisateurs de filtrer un flot de messages pour obtenir la conversation la plus récente à la minute près sur un sujet particulier.

Le cofondateur de Merus Capital, Sean Dempsey, qui a travaillé au sein du groupe de développement d‘entreprise de Google, a déclaré que les acquisitions destinées à étendre les activités du géant de l‘internet, comme YouTube et la société de sécurité pour la messagerie électronique Postini, étaient relativement rares.

Dempsey n‘est pas certain que Google approche une société comme Twitter mais il remarque que les motivations du groupe pour des acquisitions ne sont généralement pas uniquement défensives. “Il faut absolument qu‘il y ait un intérêt stratégique”, dit-il. “L‘objectif n‘est pas simplement d‘empêcher quelqu‘un d‘autre de mettre la main sur untel ou untel”.

Avec Alexei Oreskovic, version française Mathilde Gardin

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