4 mars 2009 / 16:35 / dans 9 ans

Nouveau patron, nouvelle structure mais même problème pour Yahoo

par Alexei Oreskovic

<p>Malgr&eacute; une nouvelle directrice g&eacute;n&eacute;rale et une r&eacute;organisation de sa structure, Yahoo reste confront&eacute; au m&ecirc;me probl&egrave;me : que faire de son activit&eacute; de moteur de recherche ? /Photo prise le 5 mai 2008/REUTERS/Robert Galbraith</p>

SAN FRANCISCO (Reuters) - Malgré une nouvelle directrice générale et une réorganisation de sa structure, Yahoo reste confronté au même problème : que faire de son activité de moteur de recherche ?

La nouvelle DG, Carol Bartz, a déclaré qu‘elle n‘envisageait pas de mettre en vente la société mais elle n‘exclue pas de trouver un accord avec Microsoft, qui convoite son moteur de recherche pour mieux affronter le champion du secteur, Google.

“A court terme, les marchés souhaitent un accord avec Microsoft. C‘est on ne peut plus simple”, estime Mike Binger, gérant du fond Thrivent Financial, qui détient des parts dans Google mais n‘est pas actionnaire de Yahoo.

“Pour la plupart des observateurs, il n‘y a pas à se poser de question concernant cet accord”, ajoute Binger. “Mais les personnes à même de le conclure ne peuvent s‘y résoudre. Je ne comprend pas bien pourquoi. Je pense que c‘est une question de prix.”

Jerry Yang, co-fondateur et ancien directeur général de Yahoo, a rejeté l‘année dernière une offre de rachat de Microsoft qui valorisait son groupe 47,5 milliards de dollars, déclenchant l‘ire de ses actionnaires.

La vente de l‘activité de moteur de recherche de Yahoo soulèverait de nombreuses questions, sachant combien c‘est une facette importante de la culture Yahoo et de ses produits.

Cette vente permettrait à Yahoo de réduire ses charges d‘exploitation mais les résultats des recherches restent un actif de valeur pour les entreprises dont le chiffre d‘affaires dépend étroitement de la publicité.

Dans le cas où l‘opération se ferait, les termes de l‘accord devraient garantir l‘accès de Yahoo aux données liées aux recherches, disent des analystes, même si le fait de dépendre d‘une société extérieure place Yahoo dans une situation inconfortable.

En janvier, Yahoo détenait 21% du marché américain des recherches sur internet, contre 61% pour Google, selon l‘institut de recherche comScore.

ET SI YAHOO N‘EN AVAIT PAS BESOIN

Ross Sandler, analyste pour RBC Capital Markets, estime que Yahoo n‘a pas besoin de vendre son moteur de recherche pour se relancer.

Yahoo est déjà bien implanté dans le domaine de la publicité sur écrans et la nature fragmentée du marché laisse de la place pour s‘y développer, dit-il, soulignant que 80% de son chiffre d‘affaires publicitaire repose sur des ventes liés à 20% de ses encarts web disponibles.

“S‘ils trouvaient le moyen d’être plus efficaces dans leurs ventes, alors il y aurait une vraie histoire à raconter”, lance Sandler, pour qui l‘association des données de recherche et des publicités liées est un élément crucial.

Il admet cependant que le contexte économique et le resserrement du marché de la publicité pourraient empêcher Yahoo d‘en tirer des bénéfices avant 2010.

Reste à savoir combien de temps ses actionnaires laisseront à Yahoo, à l‘instar de Carl Icahn, investisseur très impliqué et membre du conseil. Icahn n‘a pas pu être joint pour un commentaire.

PROCÉDER PAR ACQUISITIONS ?

En puisant dans les 3,45 milliards de dollars de trésorerie de Yahoo, Bartz pourrait chercher à renforcer le groupe en procédant à des acquisitions. L‘entreprise avait entamé l‘an dernier des discussions avec AOL de Time Warner. Il existe également un certain nombre de start-up qui pourraient permettre à Yahoo de devenir un acteur plus important sur le marché des réseaux sociaux en ligne.

Cependant, selon certains observateurs, les investisseurs pourraient placer la barre haut si Yahoo choisit de s‘engager sur la voie de la croissance externe.

“Une stratégie de croissance par acquisitions doit être remise dans le contexte de l‘autre option”, c‘est-à-dire l‘offre de Microsoft, dit Sydney Finkelstein, professeur à la Tuck School of Business de Dartmouth et co-auteur d‘un livre intitulé “Think Again, Why Good Leaders Make Bad Decisions.” (“Réfléchissez un peu plus. Pourquoi les bons dirigeants prennent de mauvaises décisions”)

Accepter l‘offre de Microsoft aurait apporté 30 milliards de dollars en création de valeur à ses actionnaires, ajoute Finkelstein. “Existe-t-il une stratégie qui puisse apporter l’équivalent ou presque dans un avenir proche ?”, demande-t-il.

Version française Patrice Mancino

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