24 décembre 2008 / 21:35 / dans 9 ans

Le cas YouTube-Warner, signe des difficultés des labels musicaux

par Yinka Adegoke

<p>Chad Hurley (&agrave; gauche) and Steve Chen, cofondateurs de YouTube. Confront&eacute;e au d&eacute;clin des ventes de CD, l'industrie musicale cherche avec insistance de nouvelles sources de revenus, mais elle voit surtout ses partenaires, MTV, Apple ou plus r&eacute;cemment YouTube, prosp&eacute;rer dans la musique en ligne avec des retomb&eacute;es tr&egrave;s r&eacute;duites pour les labels eux-m&ecirc;mes. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer</p>

NEW YORK (Reuters) - Confrontée au déclin des ventes de CD, l‘industrie musicale cherche avec insistance de nouvelles sources de revenus, mais elle voit surtout ses partenaires, MTV, Apple ou plus récemment YouTube, prospérer dans la musique en ligne avec des retombées très réduites pour les labels eux-mêmes.

Sur le jeune marché des vidéos sur internet, les maisons de disques, bien que soucieuses d’éviter leurs erreurs passées, peinent à négocier avec des interlocuteurs en position de force.

En discussions avec YouTube, propriété de Google, Warner Music Group a décidé samedi de retirer des milliers de vidéos musicales du site de partage de vidéos, ce qui indique jusqu’à quel point les majors doivent aller pour peser dans la répartition des profits.

Certaines des principales maisons de disques envisagent de créer un site commun de vidéos musicales afin d‘augmenter leur poids dans les négociations, a déclaré un de leurs responsables.

Cette coentreprise pourrait ressembler au site de diffusion d’émissions télévisées Hulu.com, créé par NBC Universal et News Corp, et pourrait même inclure YouTube, a-t-il précisé, préférant rester anonyme tant que les discussions n‘en sont qu’à leurs balbutiements.

OUTIL DE DÉCOUVERTE

Les maisons de disques considèrent de plus en plus la vidéo en ligne comme une composante clé de leur croissance, alors que les ventes de CD plongent et que celles de fichiers musicaux ralentissent. Mais les majors sont en position de faiblesse face à YouTube qui, avec le site Myspace de News Corp, est devenu l‘un des principaux outils de découverte de nouveaux groupes.

“La première chose que font les jeunes lorsqu‘ils entendent parler d‘un groupe aujourd‘hui, c‘est aller sur YouTube pour en savoir plus, selon nos études de marché”, pointe un autre responsable de l‘industrie musicale.

En trois ans, YouTube est devenu le principal site de vidéos en ligne, enregistrant en octobre plus de 100 millions de visiteurs aux Etats-Unis, selon comScore, qui mesure les audiences sur internet.

Warner, au troisième rang mondial des maisons de disques, était le premier groupe majeur de médias à signer un accord avec le site de partage de vidéos en 2006, l‘autorisant à diffuser des clips d‘artistes comme les Red Hot Chili Peppers ou le rappeur T.I.

Cet accord, qui a expiré il y a plusieurs mois, est intervenu avant que l‘opulent Google ne rachète YouTube. Vivendi Universal et Sony Music, principaux concurrents de Warner Music, sont susceptibles d‘avoir obtenu des termes plus favorables en négociant juste au moment du rachat, estiment des acteurs du secteur.

Sur l‘année fiscale 2008, Warner a réalisé avec YouTube moins de 1% de ses 639 millions de dollars de chiffre d‘affaires dans le numérique. En comparaison, Universal Music devrait dégager près de 100 millions de dollars grâce à tous ses partenariats dans la vidéo en ligne, dont “des dizaines de millions” provenant de YouTube, selon une source au fait des comptes de la première maison de disque mondiale.

Warner pensait que le site de partage de vidéos deviendrait un poids lourd de la publicité en ligne, mais YouTube a préféré miser sur la croissance du nombre de ses visiteurs plutôt que sur l‘augmentation de son chiffre d‘affaires.

“Les labels doivent soupeser les profits qu‘ils peuvent tirer de YouTube en soi, et ceux qu‘ils tirent de l‘exposition de leurs artistes sur YouTube”, conclut Ethan Horwitz, juriste spécialisé dans la propriété intellectuelle chez King & Spalding.

Version française Jean Décotte

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