4 décembre 2008 / 15:16 / dans 9 ans

Sword s'attend à une crise des SSII en France

par Baptiste Cordier et Cyril Altmeyer

<p>Jacques Mottard, P-DG de Sword. La SSII anticipe un ralentissement de sa croissance organique &agrave; 5-10% en 2009 contre plus de 14% en 2008 en raison de la crise qui touchera le secteur l'ann&eacute;e prochaine/Photo prise le 4 d&eacute;cembre 2008/REUTERS/Jacky Naegelen</p>

PARIS (Reuters) - Le recentrage de Sword Group sur les logiciels préservera la croissance de ses ventes en 2009 malgré la récession qui menace le secteur des SSII en France, déclare Jacques Mottard, P-DG et fondateur de la société de services en ingénierie informatique.

“Je pense qu‘il y aura une récession dans les métiers de SSII en France l‘année prochaine”, a-t-il déclaré au cours d‘une interview accordée à Reuters en prévoyant une décroissance de l‘activité de l‘ordre de 5%. “Cela va être extrêmement brutal et sanglant.”

Le Royaume-Uni, où Sword réalise 40% de son chiffre d‘affaires, sortira plus rapidement de la crise que la France, estime Jacques Mottard, en raison notamment d‘une plus grande flexibilité sur le marché du travail.

Se disant “très prudent” en raison de la crise économique, Sword anticipe un ralentissement de la croissance organique de son chiffre d‘affaires à 5-10% en 2009 contre plus de 14% en 2008 et 17,4% en 2007.

La société créée en 2000 compte stabiliser sa marge opérationnelle autour de 18% en 2009 contre 17,5% attendus pour 2008 et 16,5% en 2007 afin de défendre sa croissance organique, a expliqué Jacques Mottard. “Nous allons faire en sorte que notre Ebit soit stabilisé pour nous permettre de surperformer (le marché) de cinq points en croissance interne”, a-t-il dit.

“Aujourd‘hui, je ne ressens pas la crise si ce n‘est une petite consommation inférieure chez les constructeurs automobiles de nos outils de gestion de financement” qui ne représentent qu‘environ 10% de l‘activité, a précisé le patron de Sword Group, dont les deux principales activités - la réassurance et l’énergie - restent “extrêmement dynamiques”.

Contrairement à bon nombre de SSII qui prônent la délocalisation d‘une partie de leur activité dans des pays émergents comme l‘Inde, Sword Group a préféré s‘implanter début 2008 au Pays de Galles pour y développer des applications et produits à haute valeur ajoutée.

“Avec les risques de non qualité liés à la délocalisation, le jeu n‘en vaut plus la chandelle”, considère Jacques Mottard, précisant que Sword Group réservait ses tâches à faible valeur ajoutée à des plates-formes de sous-traitance au Liban et à Inde.

Parmi ses produits, Sword Group propose notamment des services de gestion des pipelines (comme la détection des fuites) aux groupes d’énergie, de gestion des risques aux réassureurs, ou encore la gestion des flux de passagers dans les aéroports pour limiter les files d‘attente à la douane.

Présent dans 35 pays, Sword est pénalisé par les effets de changes, puisque seul un tiers de son chiffre d‘affaires est facturé directement en euros. En 2008, les taux de changes auront entrainé une perte de 11 points de croissance interne, estime Jacques Mottard.

Sword Group compte passer d‘ici fin 2009-début 2010 de 50% à 80% de son chiffre d‘affaires dans les logiciels, dont la rentabilité est comprise entre 17 et 25%, contre 11 à 13% dans les services.

Le groupe, qui ne réalisait que 20% de son chiffre d‘affaires dans les logiciels en 2007, compte développer des produits comme les cartes d‘embarquement sur téléphones portables et réfléchit également à la cession d‘actifs dans les services.

PAS D‘ACQUISITION EN VUE AVANT LA MI-2009

En réalisant une seule acquisition en 2008 contre sept en 2007, Sword a ralenti le rythme de sa croissance externe jusqu’à la mi-2009. “Nous allons attendre le bon moment, quand les cibles seront bien moins chères”, a expliqué Jacques Mottard, ajoutant que sa priorité était d’élargir sa gamme sur les marchés sur lesquels la société est présente.

Il ajouté que Sword Group se montrerait “opportuniste” et pouvait lever entre 40 et 50 millions d‘euros. La trésorerie du groupe est négative de 70 millions d‘euros, avec la possibilité de descendre jusqu’à -125 millions d‘euros.

Interrogé sur la chute du course de Bourse de son groupe, Jacques Mottard a jugé qu‘il était inutile de “lutter contre la marée”. “Je ne vais pas soutenir le cours de Bourse en rachetant des titres”, a-t-il dit. “Je n‘ai pas l‘intention d‘influer la géographie de mon capital”, a ajouté Jacques Mottard, qui détient 19% du groupe.

Avec un recul de 68% depuis le début de l‘année, en raison de l‘effet attendu de la crise sur le secteur, la capitalisation boursière de Sword a fondu à un peu moins de 100 millions d‘euros.

Le dividende versé augmentera au même rythme que les profits, a déclaré Jacques Mottard. Pour l‘exercice 2007, Sword groupe a distribué un dividende de 0,53 euro par action.

Edité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below