17 juin 2008 / 05:30 / dans 9 ans

Les Américains suivent la campagne présidentielle sur internet

par Andy Sullivan

<p>Pr&egrave;s de la moiti&eacute; des Am&eacute;ricains utilisent le web et d'autres nouveaux m&eacute;dias pour suivre la course &agrave; la Maison blanche, selon une &eacute;tude de l'institut Pew Internet and American Life Project. /Photo d'archives/REUTERS</p>

WASHINGTON (Reuters) - Internet occupe désormais un rôle central dans la politique aux Etats-Unis, où près de la moitié des Américains utilisent le web et d‘autres nouveaux médias pour suivre la course à la Maison blanche, révèle une étude.

Quelque 17% des adultes déclarent consulter quotidiennement les sites internet consacrés à la politique, lire les courriels et les SMS de campagne, ou disent utiliser la Toile pour suivre l’élection, apprend-on dans le rapport de l‘institut Pew Internet and American Life Project publié dimanche soir.

Cette proportion a plus que doublé en quatre ans. Seuls 8% des adultes disaient suivre l’élection sur internet au même stade de la campagne en 2004. Ils devraient être encore plus nombreux d‘ici novembre, au moment de l’élection, a déclaré Lee Rainie, directeur de l‘association à but non lucratif.

“Nous avons constaté une évolution frappante d‘internet et de son rôle en politique”, a-t-elle dit. L‘association a interrogé 2.251 adultes en avril et mai. La marge d‘erreur de l’étude est de 2%.

Selon l’étude, les sympathisants du candidat démocrate Barack Obama et ceux de son rival républicain John McCain utilisent tout autant internet. Avantage au camp démocrate néanmoins puisque 65% des partisans du sénateur de l‘Illinois disent suivre la politique en ligne, contre 56% des supporters de McCain.

Internet est de plus en plus présent dans les campagnes présidentielles depuis 1996, quand le trublion républicain Bob Dole s’était trompé en donnant l‘adresse de son site web lors d‘un débat avec le président Bill Clinton, candidat à sa réélection.

John McCain a été le pionnier pour lever des fonds sur internet lors de sa campagne pour obtenir l‘investiture républicaine de 2000. Le démocrate Howard Dean, candidat malheureux aux primaires démocrates en 2004, a lui été le premier à mettre la blogosphère sur le devant de la scène.

UNE GÉNÉRATION ENTIÈRE D’ÉLECTEURS

Depuis les sites de partage de vidéos en ligne, comme YouTube, ou les sites communautaires, comme Facebook et MySpace, ont émergé comme des médias importants, voire incontournables pour l’élection de 2008.

L’étude de Pew révèle que 35% des Américains ont visionné en ligne des vidéos “politiques”, et que 10% ont utilisé des réseaux communautaires pour s‘impliquer dans la campagne.

Obama a d‘ailleurs utilisé ces réseaux pour recruter des milliers de bénévoles, et ce plus particulièrement parmi les jeunes électeurs qui, lors des précédentes élections, avaient été difficiles à atteindre.

Le sénateur de l‘Illinois a également levé via internet des dizaines de millions de dollars pour sa campagne, la plupart prenant la forme de petites donations de sympathisants.

Obama peut se targuer d‘avoir 1,35 million d’“amis”, ou partisans, sur MySpace et Facebook, contre seulement 197.000 pour son rival républicain, selon les chiffres de TechPresident, un site internet qui scrute l‘utilisation d‘internet dans la campagne présidentielle.

Les jeunes, les Afro-Américains et les riches, qui constituent la base de l’électorat du sénateur noir, sont ceux qui consomment le plus d‘informations en ligne, rapporte l’étude Pew. Les Noirs sont probablement deux fois plus nombreux qu‘en 2004 à suivre la campagne sur internet.

L’étude explique que les sympathisants démocrates sont sans doute plus enclins à utiliser les réseaux communautaires, à regarder des vidéos en ligne, à faire un don sur internet, à s‘abonner à des services d‘informations sur la campagne par courriel et à s‘informer directement sur les sites des candidats.

David All, un républicain de 29 ans, a lancé le week-end dernier www.realworldrepublicains.com. Ce consultant en communication estime que son parti doit adopter les nouvelles technologies.

Le Parti républicain risque de passer à côté d‘une génération entière d’électeurs parce qu‘ils n‘aura pas assez misé sur les nouveaux médias comme les SMS, explique-t-il.

“Nous avons une génération entière qui tente de changer le monde en 160 caractères ou moins”, a-t-il dit en se référant à la longueur maximale des SMS sur un téléphone portable. “Le problème, c‘est que les Républicains ne transmettent rien que les jeunes puissent faire circuler”.

Version française Mathilde Gardin

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