June 7, 2018 / 2:39 PM / in 4 months

Les "smartphones" interdits à l'école à la rentrée en France

PARIS (Reuters) - Les députés français ont adopté jeudi une proposition de loi émanant de La République en marche (LaRem) visant à interdire l’usage du téléphone mobile par les élèves dans les écoles et les collèges dès la rentrée prochaine.

Les députés français ont adopté jeudi une proposition de loi émanant de La République en marche (LaRem) visant à interdire l'usage du téléphone mobile par les élèves dans les écoles et les collèges dès la rentrée prochaine. /Photo d'archives/REUTERS/Stefan Wermuth

LaRem, le MoDem et l’UDI ont voté pour, les groupes Nouvelle gauche et France insoumise se sont abstenus et Les Républicains (LR) ont voté contre.

Promesse de campagne du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, le texte vise à prohiber le téléphone mobile et tout autre outil de communication électronique (tablette, montre connectée et toute future invention de ce type) dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges.

L’appareil pourra toutefois être accepté en classe à des fins pédagogiques et dans les lieux où le règlement intérieur l’autorise expressément.

“Comment est-ce qu’un monde de plus en plus technologique peut être un monde de plus en plus humain ? A mes yeux c’est la question principale de notre temps. Et cette proposition de loi est l’une des questions que nous pouvons apporter”, a dit le ministre de l’Education nationale dans son propos liminaire.

“Toutes les études internationales le montrent : cette addiction aux écrans fait des dégâts”, a fait valoir Jean-Michel Blanquer. “Les chefs d’établissement pourront vous le dire : une cour sans téléphone portable, c’est une cour où les enfants jouent, discutent, chahutent, où ils vivent leur vie d’enfant.”

Au chapitre des nuisances, le ministre comme la rapporteure du texte, la députée LaRem Cathy Racon-Bouzon, ont cité les problèmes d’attention des enfants, la baisse de la lecture et des exercices physiques, le danger d’être exposé à des contenus violents et pornographiques, le cyberharcèlement et les conséquences sur le climat scolaire.

Durant le débat, qui a duré une grande partie de la journée, des députés ont fait écho aux inquiétudes d’organisations de parents d’élèves, comme la PEEP et la FCPE, sur la mise en oeuvre de cette interdiction.

DES PROPOSITIONS RETIRÉES

Le texte ne prévoit “aucun encadrement et aucune sanction en cas de non exécution”, a ainsi fait remarquer Patrick Hetzel (LR), qui s’est aussi interrogé sur l’équipement des 5.300 collèges publics de quelque trois millions de casiers, à la charge des conseils départementaux.

En réponse à d’autres remarques, Jean-Michel Blanquer a indiqué que l’actuelle mention de l’interdiction du téléphone portable dans le code de l’éducation ne suffisait pas à la rendre effective dans tous les établissements.

Autre sujet de débat : l’interdiction de l’usage du téléphone portable par les enseignants et le personnel éducatif. Un amendement relatif à cette interdiction a été retiré.

Bien qu’également retirée, la proposition de la députée LaRem Pascale Boyer “d’organiser une semaine sans écran” à l’école a suscité l’intérêt du ministre.

“Je ne pense pas que cela relève de la loi mais sur le fond, c’est extrêmement intéressant”, a dit Jean-Michel Blanquer.

A l’instar de certains députés, la FCPE, première fédération de parents d’élèves des écoles publiques, a fait part de sa déception quant à l’absence d’aspect pédagogique dans le texte.

“Cette proposition de loi ne comporte aucun volet pédagogique, aucun volet d’éducation aux usages du numérique. En cela, elle nous semble ne pas répondre aux enjeux à venir pour notre jeunesse”, écrit la fédération dans un communiqué.

Selon l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), 93% des 12-17 ans disposaient d’un téléphone portable en 2016.

Les deux tiers (63%) des 11-14 ans sont inscrits sur au moins un réseau social, où ils sont plus de quatre sur dix à mentir sur leur âge, révèle en outre une enquête conjointe de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et de l’association Génération numérique datant de 2017.

Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry

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