6 avril 2016 / 10:57 / dans 2 ans

Le smartphone, futur allié de Bollywood face au piratage?

BOMBAY (Reuters) - Les productions filmiques à l‘eau de rose de Bollywood sont suivies par des millions de fans, sans que cela vienne pour autant alimenter les recettes de la première industrie cinématographique mondiale.

Les productions filmiques de Bollywood sont suivies par des millions de fans, sans que cela vienne pour autant alimenter les recettes de la première industrie cinématographique mondiale. L'industrie cinématographique espère qu'un contenu correct et bon marché pour un film vu en "streaming" sur un téléphone mobile, à la faveur du déploiement prochain des réseaux 4G, découragera le piratage. /Photo prise le 2 avril 2061/REUTERS/Shailesh Andrade

L‘Inde dispose de 10.000 salles de cinéma environ, soit huit par million d‘habitants contre 120 aux Etats-Unis et 30 en Chine, selon le distributeur numérique UFO Moviez.

Cette faible densité explique que pour la plupart des Indiens, le piratage est le seul moyen de voir des films, ce qui coûte à l‘industrie 30% environ de recettes potentielles brutes perdues annuellement.

Sept Indiens sur 10 regardent au moins une vidéo en ligne tous les mois et on estime que dans les trois ans à venir près de 90% de l‘ensemble des données d‘internet seront consacrées en Inde à la vision en ligne de films et de programmes de télévision.

L‘industrie cinématographique espère qu‘un contenu correct et bon marché, peut-être 25 roupies (33 centimes d‘euro) pour un film vu en “streaming” sur un téléphone mobile, à la faveur du déploiement prochain des réseaux 4G, découragera le piratage.

“Même si on arrive à avoir seulement une petite partie des gens qui payent avec leur combiné, on estime que c‘est un marché qui peut devenir plus gros que celui du box office”, dit Girish Johar, directeur des recettes d‘Essel Vision Production, filiale de Zee Entertainment Enterprises, l‘un des plus grands groupes de médias indien.

Le supplément de profit pour les studios de cinéma proviendra pour une large part des contenus en langue locale diffusés par des plateformes de streaming telles que Netflix, qui s‘est lancé en Inde cette année et qui développe à marche forcée son catalogue en hindi.

Ses concurrents locaux, quoique soucieux de développer des partenariats avec les sociétés de vidéo en ligne, lancent leurs propres plates-formes et c‘est une nouvelle source de revenus pour les sociétés de production qui retirent peu des salles de cinéma ou des ventes de DVD.

Il reste qu‘il va falloir convaincre les Indiens de payer pour avoir du contenu, ce qui ne va pas de soi. L‘usage croissant des mobiles comme moyen de paiement pour de petits achats peut y contribuer, ainsi que le développement de contenus uniques, estiment des experts.

D‘autres disent que le secret de la réussite, ce sont des contenus gratuits financés par la publicité.

“Les annonceurs ont une plus grande visibilité par le biais des mobiles tout simplement parce qu‘il y a en Inde plus de téléphones que de téléviseurs”, observe Hemant Joshi, du consultant Deloitte. “Et cela ne fera que croître et embellir”.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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