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Technologie

L'opérateur SFR veut recourir au chômage partiel

PARIS (Reuters) - L’opérateur télécoms SFR, filiale française d’Altice Europe, prévoit de mettre en chômage partiel jusqu’à 60% de ses effectifs face aux conséquences de l’épidémie de coronavirus, a-t-on appris mardi auprès de représentants syndicaux.

L'opérateur télécoms SFR, filiale française d'Altice Europe, prévoit de mettre en chômage partiel jusqu'à 60% de ses effectifs face aux conséquences de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris mardi auprès de représentants syndicaux. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

La France a lancé un plan de soutien massif de 45 milliards d’euros, permettant notamment aux entreprises de réduire ou suspendre temporairement l’activité de leurs salariés, en leur versant une indemnisation prise en charge en partie par l’Etat.

Quelques jours après la mise en place de ce dispositif, 730.000 salariés français bénéficient déjà du chômage partiel, selon des chiffres diffusés mardi.

“Il y a manifestement un effet d’aubaine, un opportunisme”, estime Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT chez SFR, qui se dit choqué que l’opérateur fasse appel à l’argent public pour payer les salaires.

“Notre métier par essence est moins impacté que d’autres”, ajoute le représentant syndical.

Un porte-parole du ministère de l’Economie a indiqué que les entreprises françaises ont jusqu’à 30 jours pour demander à bénéficier du dispositif.

Les magasins des opérateurs télécoms sont autorisés à rester ouverts pendant la période de confinement décrétée par les autorités françaises pour limiter la propagation de l’épidémie.

Les abonnements mobiles et internet fournissent un revenu récurrent à SFR et ses concurrents Orange, Bouygues Telecom (Bouygues) et Free (Iliad) dont les réseaux sont fortement sollicités par des Français contraints pour beaucoup de rester chez eux.

Dans un message interne consulté par Reuters, Grégory Rabuel, directeur général de SFR, confirme avoir décidé de recourir au dispositif, sans préciser le nombre de salariés concernés.

“Nous avons décidé de recourir au chômage partiel à compter du 23 mars pour un grand nombre d’entre vous ou plus progressivement pour certains sur une partie de nos activités”, explique le directeur général dans le courrier.

Un porte-parole de SFR n’a pas souhaité faire de commentaire sur le pourcentage de salariés qui seraient placés en chômage partiel. Une source proche de la direction de SFR a toutefois précisé que la proportion se situait entre 40% et 50%.

“L’ensemble des salariés sont médusés par rapport à ce comportement : on attend des explications sur le fond comme sur la forme”, a déclaré Abdelkader Choukrane, un représentant de l’Unsa, premier syndicat chez SFR.

Un porte-parole d’Orange a déclaré que l’opérateur historique n’avait pas l’intention de recourir au chômage partiel. Iliad n’a pas souhaité faire de commentaire et Bouygues Telecom n’était pas joignable dans l’immédiat.

Version française Myriam Rivet et Gwénaëlle Barzic, édité par Blandine Hénault

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