December 18, 2018 / 3:04 PM / 3 months ago

Un prototype pour transformer les déchets plastiques en carburant

NICE (Reuters) - Une machine de la taille d’un container capable de recycler tous les déchets en plastique pour en tirer du carburant, simple, robuste et réparable au fin fond de la brousse : le prototype de cette invention attend désormais de prendre son envol.

(Corrige le nom de l'inventeur de la machine). / Christofer Costes (à gauche), un inventeur français qui a créé une machine qui transforme les déchets plastiques en carburant discute avec l'acteur français et fondateur de l'association Earthwake Samuel Le Bihan (à droite). Une machine de la taille d'un container capable de recycler tous les déchets en plastique pour en tirer du carburant, simple, robuste et réparable au fin fond de la brousse : le prototype de cette invention attend désormais de prendre son envol. /Photo prise le 14 décembre 2018/REUTERS/Eric Gaillard

L’acteur français Samuel Le Bihan espère finaliser en 2019, principalement à destination des pays émergents, la conception de cette machine capable de lutter contre la pollution tout en fournissant de l’énergie à des populations parfois isolées.

“L’idée, c’est de stimuler le ramassage des déchets avant qu’ils finissent dans les océans avec un équipement à taille humaine tenant dans un container et pouvant créer une économie”, explique celui qui a notamment tourné dans les films Disco, Mesrine ou la série télévisée Alex Hugo. 

Via l’association Earthwake qu’il a confondée, il soutient financièrement depuis trois ans et demi le développement d’une invention baptisée Chrysalis, fabriquée dans un hangar du haut-pays niçois à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) par Christofer Costes, un chercheur autodidacte âgé de 35 ans.

Après la récente démonstration aux médias d’un modèle qui fonctionne sur de petites quantités, un prototype final “de grosse taille” devrait être dévoilé en mai. Selon son créateur, “il permettra de produire entre 30 et 50 litres de carburant avec 30 à 50 kilos de plastique en 1h15/1h20 de temps”. Il sera également “robuste et réparable au fin fond de la brousse”.

Le secret de fonctionnement réside dans la pyrolyse des plastiques, mais améliorée, assure Christofer Costes. Celle-ci “permet de chauffer à 450 degrés en l’absence d’oxygène dans un réacteur fermé tout en supprimant la production de cires qui en résulte avec les techniques habituelles”.

“Au final, on n’obtient que du carburant : 60% de gasoil, 20% d’essence, 10% de gaz et des résidus carbonés”, ajoute-t-il.

UN MODÈLE “ÉCONOMIQUEMENT DURABLE”

Son dispositif peut engloutir des matériaux qui ne se recyclent pas, en polyéthylène et en polypropylène, issus par exemple de sacs plastiques, de bâches ou de seaux.

L’homme, titulaire d’un BTS en électrotechnique, dit avoir eu l’idée de se lancer sur le sujet après avoir “vu sa femme rentrer des courses et jeter des plastiques qu’elle venait à peine d’acheter”. Il raconte avoir envoyé ses plans sur le site internet d’une émission de télé qui collectait des idées d’inventeurs avant d’être mis en contact avec l’association qui lui paye un salaire et achète le matériel nécessaire.

Pour François Danel, directeur d’Earthwake, cet équipement n’est pas seulement basé sur une technique innovante : “Il doit être un outil environnemental et social, créer de la valeur et des emplois. On veut que le modèle soit économiquement durable”.

Samuel Le Bihan, qui affirme vivre les problèmes environnementaux de “manière épidermique” souhaite que le carburant devienne au final des kilowatts heure afin par exemple de faire fonctionner des groupes électrogènes, d’aider à fournir internet ou du wifi dans les pays émergents.

“Si ce plastique a de la valeur, les gens ne vont pas le jeter, un peu comme une consigne de bouteille”, s’enthousiasme-t-il. “Je rêve de voir le nombre de tonnes de déchets qui traînaient dehors que l’on aura pu traiter.”

Chrysalis a reçu le soutien, il y a quelques jours, du Conseil départemental des Alpes-Maritimes qui lui a remis un trophée Green Deal saluant l’initiative en matière de transition écologique et alloué une subvention de 50.000 euros.

Edité par Yves Clarisse

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