February 10, 2018 / 11:12 AM / 6 months ago

Accord à l'amiable, Uber cédera 245 millions de dollars à Waymo, filiale de Google

SAN FRANCISCO (Reuters) - Waymo, filiale d’Alphabet spécialisée dans les voitures autonomes, et la plate-forme Uber ont trouvé vendredi un accord à l’amiable pour régler leur litige relatif à des accusations de vol de technologies.

Waymo, filiale d'Alphabet spécialisée dans les voitures autonomes, et la plate-forme Uber ont trouvé vendredi un accord à l'amiable pour régler leur litige relatif à des accusations de vol de technologies. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid

Aux termes de ce règlement, qui met fin au procès ouvert en début de semaine devant un tribunal de San Francisco, le spécialiste de la mise en relation avec des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) devra céder à Waymo 0,34% de ses actions, soit un montant de l’ordre de 245 millions de dollars (200,5 millions d’euros) au cours actuel, a déclaré un représentant de Waymo.

La filiale d’Alphabet, maison-mère de Google, avait porté plainte l’an dernier contre Uber qu’elle accusait de lui avoir dérobé en 2015-2016 des secrets industriels concernant cette technologie novatrice.

Le règlement à l’amiable comprend également une clause visant à garantir qu’aucune donnée confidentielle relevant des technologies de Waymo ne sera intégrée dans les logiciels et les matériels d’Uber.

Waymo avait précédemment estimé à 1,9 milliard de dollars le dommage qu’il avait subi, un montant refusé par Uber.

Dara Khosrowshahi, directeur général d’Uber, a exprimé ses “regrets” pour la manière dont le groupe avait agi. “Même si nous pensons qu’aucun secret industriel n’a été dérobé par Uber à Waymo (...), nous prenons des mesures pour garantir à Waymo que notre technologie Lidar n’est que le reflet de notre travail”, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Cet accord permet à Uber d’éloigner le spectre d’un nouveau scandale après la démission forcée en juin 2017 de Travis Kalanick, co-fondateur et ex-PDG de l’application. L’image de la plate-forme a déjà été ternie par de multiples accusations de harcèlement sexuel et de conduite inappropriée de ses dirigeants.

Témoignant mardi et mercredi devant le tribunal de San Francisco, Kalanick a reconnu qu’Uber avait pris du retard dans le développement des voitures autonomes et que le recrutement d’un ingénieur vedette de Waymo, Anthony Levandowski, visait à rattraper la concurrence.

LA COURSE AUX VOITURES AUTONOMES

Dans sa plainte, déposée il y a un an, Waymo affirmait que l’ingénieur avait téléchargé plus de 14.000 documents confidentiels en décembre 2015 avant de quitter Waymo pour fonder une start-up acquise quelques mois plus tard par Uber.

La technologie des voitures autonomes représente un marché de plusieurs milliards de dollars et des entreprises comme Apple, General Motors, Ford, Volkswagen y investissent massivement.

En réglant ce litige, Uber se sort d’une procédure judiciaire qui lui faisait perdre un temps précieux dans la course aux voitures autonomes.

La société est très en retard sur ses objectifs. D’après un document dévoilé durant le procès, Uber tablait sur le déploiement de voitures autonomes dans vingt villes d’ici la fin de l’année, 50 d’ici la fin 2019 et 150 d’ici la fin 2020. A ce jour, la firme ne procède qu’à des expérimentations limitées à Tempe, en Arizona, et Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Du côté d’Alphabet, la transaction accroît sa part dans le capital d’Uber après son investissement initial de 258 millions de dollars en 2013. Uber est aujourd’hui valorisé à hauteur de 72 milliards de dollars.

Spécialiste des litiges juridiques autour des secrets industriels, l’universitaire Elizabeth Rowe, professeure à la faculté de droit de l’université de Floride, juge que la transaction est une bonne chose pour Waymo.

Pour l’emporter en effet, Waymo aurait dû convaincre les jurés qu’Uber avait non seulement acquis ses secrets industriels mais qu’elle les avait en outre utilisés dans sa propre technologie.

Si le procès s’était poursuivi, “le risque encouru par Waymo aurait augmenté sur de nombreux niveaux”, explique l’universitaire, qui a analysé quelque 150 règlements de procès de ce type depuis 2014.

avec Dan Levine et Heather SomervilleCatherine Mallebay-Vacqueur et Henri-Pierre André pour le service français

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