December 4, 2017 / 4:26 PM / a year ago

Berlin envisage des règles plus souples dans la fibre optique

BONN (Reuters) - Le régulateur allemand des télécoms a plaidé lundi pour une accélération de la construction du réseau internet à très haut débit du pays, ajoutant qu’il envisageait un assouplissement des règles dans la fibre optique pour doper les investissements.

Le régulateur allemand des télécoms a plaidé lundi pour une accélération de la construction du réseau internet à très haut débit du pays, ajoutant qu'il envisageait un assouplissement des règles dans la fibre optique pour doper les investissements. /Photo prise le 23 juin 2017/REUTERS/Alessandro Bianchi

L’Allemagne s’est fixé pour objectif de proposer une connexion internet d’au moins 50 mégabits par seconde (Mbit/s) à travers l’ensemble du pays en 2018, mais la technologie basée sur le fil de cuivre et utilisée par l’opérateur historique Deutsche Telekom a atteint ses limites.

Cela rend plus difficile la concrétisation de la vision d’une “société Gigabit” dans laquelle toutes les entreprises et tous les ménages auraient accès à des connexions en fibre de verre ultra-rapide d’ici 2025, pour un coût d’au moins 80 milliards d’euros.

“Nous ne pouvons pas repousser les nouveaux investissements à un avenir lointain et risquer de compromettre les possibilités d’une numérisation”, a fait valoir Jochen Homann, le président de l’autorité nationale allemande de régulation, la BNetzA (Bundesnetzagentur) lors de la présentation des rapports annuels sur les marchés des télécommunications et des services postaux.

Le secteur allemand de l’ingénierie a tiré la sonnette d’alarme sur les carences en matière d’accès à l’internet à haut débit, exhortant le prochain gouvernement à investir jusqu’à 40 milliards d’euros pour permettre à une industrie connectée et automatisée de décoller.

La chancelière Angela Merkel a évoqué un investissement de 20 milliards d’euros dans la fibre de verre d’ici à 2025 lors des négociations sur la formation d’un gouvernement de coalition le mois dernier, qui se sont soldées par un échec. Son parti, la CDU, étudie à présent une alliance avec les sociaux-démocrates du SPD.

À LA TRAÎNE

S’exprimant au cours d’une conférence de presse, Jochen Homann a admis que l’Allemagne était “à la traîne” en matière d’accès à internet par la fibre optique.

Il a ajouté que la BNetzA envisageait d’assouplir les règles sur la fibre de verre, ce qui permettrait aux opérateurs de coopérer et de réduire les coûts et les éventuels dépassements dans la construction de leur réseau.

La Commission du monopole, un groupe consultatif mis en place par le gouvernement, soutient une telle initiative. Elle s’est cependant opposée aux appels du président du directoire de Deutsche Telekom, Tim Höttges, qui souhaite une déréglementation complète dans la fibre.

“Nous sommes opposés à des solutions radicales comme l’abandon total de toute réglementation”, a déclaré Jürgen Kühling, le représentant de la Commission pour les télécommunications, au cours de la même conférence de presse.

“Nous estimons qu’une réglementation plus souple serait une incitation suffisante pour investir dans la construction d’un réseau de fibre de verre.”

Jürgen Kühling a également réclamé une privatisation totale de Deutsche Telekom, dont l’Etat détient encore 31,5% du capital l’Etat, afin d’éviter un éventuel conflit d’intérêts dans lequel le gouvernement serait “à la fois acteur et arbitre” sur le marché des télécommunications.

La fédération VATM, qui représente les concurrents de Deutsche Telekom, a salué l’appel de la Commission du monopole en faveur d’un allègement de la réglementation.

En Allemagne, première économie d’Europe, 77% des ménages peuvent disposer d’une connexion internet d’au moins 50 Mbits/s, selon les estimations de la BNetzA. Dans les villes, ce pourcentage grimpe à 90%, mais dans les zones rurales, il chute à 36%.

Seulement environ 13% des 32,5 millions de clients à haut débit peuvent bénéficier d’une vitesse d’au moins 100 Mbits/s. A la mi-2015, ils étaient moitié moins.

La demande d’une connexion internet à très haut débit via la fibre optique reste très faible, constate cependant la BNetzA. Sur les 2,7 millions de ménages qui peuvent en bénéficier, seulement un quart en a fait la demande. Mais cela va changer.

“Avec l’augmentation de la demande pour de meilleures performances, il est clair que nous devons penser au-delà de l’objectif de 50 Mbits/s fixé pour 2018. L’Allemagne a besoin d’une infrastructure compatible avec une vitesse en Gigabit”, a estimé Jochen Homann.

En prévision du déploiement des services de cinquième génération (5G), la BNetzA a dit préparer la mise aux enchères l’an prochain d’un nouveau spectre de fréquences mobiles. Cette norme permettra notamment de connecter les véhicules autonomes et les appareils électroménagers.

Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon

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