18 avril 2017 / 14:10 / dans 8 mois

A Shanghai, cap sur l'électrique malgré le flou réglementaire

SHANGHAI (Reuters) - Le salon de l‘automobile de Shanghai, devenu incontournable pour les constructeurs du monde entier, sera dominé cette année par une vaste offensive des groupes étrangers dans l‘électrique et l‘hybride malgré les flottements actuels dans l‘arsenal réglementaire chinois pour réduire les émissions.

Des employés travaillent sur une voiture électrique dans une usine à Pékin. Le salon de l'automobile de Shanghai sera dominé cette année par une vaste offensive des groupes étrangers dans l'électrique et l'hybride malgré les flottements actuels dans l'arsenal réglementaire chinois pour réduire les émissions. /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon

D‘après de nouvelles règles dévoilées en septembre, les groupes automobiles implantés en Chine vont devoir d‘ici 2018 afficher une production de “véhicules à énergie nouvelle” - électriques ou hybrides - représentant 8% de leurs ventes mondiales sous peine de pénalités.

Les professionnels du secteur s‘attendent à ce que cette exigence monte à 10% en 2019 et à 12% d‘ici 2020 ou peu après.

Mais parallèlement, le gouvernement chinois a annoncé une baisse de 20% des aides publiques à l‘achat de voitures dites vertes, une décision susceptible de creuser les pertes des constructeurs sur de tels modèles et de brouiller l‘esprit des consommateurs.

“On ne freine plus rien. Que les exigences réglementaires chinoises changent, s‘ajustent ou autre chose, ne modifie en aucune manière le fond : il est clair que l‘électrification va jouer un rôle croissant (...) ici en Chine et sur d‘autres marchés”, a déclaré le directeur général de Ford Motor Mark Fields, à Shanghai en amont du salon.

C‘est pour cette raison que Ford, ou encore General Motors, développent ce type de modèle pour la Chine alors même qu‘aux Etats-Unis l‘électrification des véhicules est susceptible d‘être contrariée par une présidence Trump moins préoccupée par les questions environnementales.

Ford lancera l‘an prochain sur le marché chinois une berline hybride rechargeable, la Mondeo Energi, et un SUV électrique au cours des cinq prochaines années. GM compte proposer dix véhicules à énergie nouvelle d‘ici 2020 et, pour soutenir cette offensive, a construit à Shanghai une usine de batteries qui a commencé récemment à produire des pré-séries.

LE NOUVEAU CITROËN C5 AIRCROSS EN VEDETTE

Les constructeurs chinois dominent actuellement le marché local de l‘électrique, notamment le groupe public Beijing Automotive Group et BYD, soutenu par Warren Buffett et spécialisé dans les petits véhicules à l‘autonomie limitée et bon marché.

Fort de ce constat, Renault a confié à Gérard Detourbet, l‘artisan du succès de Dacia et de la Kwid en Inde, l‘étude d‘un projet low cost électrique pour la Chine, mais le calendrier reste à ce jour incertain en raison de la volatilité réglementaire sur place.

Malgré l‘incertitude sur l‘application des quotas, Volkswagen a annoncé mardi un véhicule électrique pour l‘an prochain. Au total, VW prévoit 13 véhicules supplémentaires à énergie nouvelle d‘ici 2020, dans le sillage de la version hybride de sa berline VW Phideon dévoilée à Shanghai.

Toyota produira aussi en Chine des hybrides rechargeables à compter de 2018 mais n‘a encore rien dit sur ses intentions dans l‘électrique pur.

La grand-messe chinoise, qui se tient en alternance à Shanghai et Pékin, ouvrira ses portes vendredi après deux journées réservées à la presse mercredi et jeudi. L‘événement reste majeur car si le marché automobile en Chine a ralenti et est devenu bien plus concurrentiel avec la montée en puissance des constructeurs locaux, il reste le premier mondial.

PSA et Renault attendent cette année une hausse d‘environ 5% du marché automobile chinois, après le bond de 13,7% de 2016, la plus forte hausse en trois ans.

Si Renault, dont la production locale n‘a commencé qu‘en début d‘année dernière, continue de bénéficier d‘un comparatif favorable, PSA reste à la peine face à des constructeurs chinois à l‘offre modernisée et à la politique commerciale agressive.

Sur les deux premiers mois de 2017, les ventes de PSA en Chine et en Asie du Sud-Est ont accentué leur baisse, à -49,1% après -16% sur l‘ensemble de 2016.

Côté nouveautés, le groupe a choisi Shanghai pour présenter le nouveau SUV compact de Citroën, le C5 Aircross, qui sera également produit l‘an prochain à Rennes pour l‘Europe. La marque aux chevrons, engagée dans un audacieux repositionnement avec des designs comme Cactus, vise un rebond supérieur à 1% de ses ventes en 2017. Sur les deux premiers mois de l‘année, celles-ci ont cependant continué à se dégrader avec une baisse de 18,2% à l‘échelle mondiale, contre -1,7% sur l‘ensemble de 2016.

Loin de son berceau historique et de son image de spécialiste de la voitures familiale et abordable, Renault jouera de son côté à Shanghai la carte sportive puisque l‘Asie reste friande de sports mécaniques. Dans le sillage de son retour en F1 et de la relance de la marque Alpine en endurance, il présentera au salon le concept-car R.S. 2027 Vision, incarnant la manière dont il voit le futur de la Formule Un.

Avec Edward Taylor à Shanghai, Gilles Guillaume et Laurence Frost à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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