10 décembre 2015 / 12:46 / il y a 2 ans

Le gouvernement pas opposé en soi à moins d'opérateurs télécoms

PARIS (Reuters) - Le gouvernement n‘est pas opposé par principe à une réduction du nombre d‘opérateurs télécoms en France, a déclaré jeudi le ministre de l‘Economie Emmanuel Macron alors que les échanges ont repris sur un rapprochement entre Orange et Bouygues Telecom.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron affirme jeudi que le gouvernement n'a pas de position de principe sur le nombre d'opérateurs télécoms idéal pour un bon fonctionnement du marché, alors que les spéculations sont relancées sur une consolidation du secteur. /Photo prise le 27 octobre 2015/REUTERS/Charles Platiau

Selon une source directement au fait du dossier, le PDG d‘Orange, Stéphane Richard, a fait état d‘une reprise des échanges avec Bouygues autour de l‘avenir de sa filiale télécoms lors d‘un séminaire réunissant les membres de son conseil d‘administration et de son comité exécutif qui a eu lieu lundi.

Orange n‘a pas souhaité commenter cette information.

“Il s‘agit d‘une première étape. C‘est un chantier qui est rouvert”, a déclaré la source, selon laquelle les discussions portent notamment sur les moyens de surmonter les difficultés en termes de concurrence.

L‘opération aurait en effet pour conséquence de refaire passer de quatre à trois le nombre d‘opérateurs mobiles en France avec la création d‘un nouveau géant qui détiendrait 50% de parts de marché dans le mobile comme dans le fixe.

Interrogé sur un tel scénario, le ministre de l‘Economie s‘est refusé à tout commentaire sur des “rumeurs de marché”, tout en expliquant ne pas avoir de “religion” sur le nombre d‘opérateurs.

“Je dis et répète que la consolidation n‘est pas aujourd‘hui souhaitable pour le secteur”, avait pourtant estimé Emmanuel Macron il y a six mois lorsque le nouveau magnat des télécoms Patrick Drahi avait tenté de croquer Bouygues Telecom.

La maison mère de l‘opérateur, Bouygues, avait finalement opposé une fin de non-recevoir au propriétaire de Numericable-SFR, douchant les espoirs de consolidation d‘un secteur dont les marges et le chiffre d‘affaires ont chuté avec l‘arrivée d‘un quatrième opérateur mobile en 2012.

DISCUSSIONS RÉACTIVÉES

“J‘ai eu l‘occasion de le dire sur la situation qui s‘était présentée avec une offre (...), mais je n‘ai pas de religion sur le sujet en général. Ce n‘est pas une position de principe”, a déclaré ce jeudi Emmanuel Macron à Reuters et à l‘AFP après une réunion ministérielle à Matignon.

Orange avait déjà étudié le scénario d‘une reprise de la filiale de Bouygues en 2014 avant de jeter l‘éponge en raison notamment de divergences sur le prix.

Selon la source, Stéphane Richard n‘a évoqué une reprise des discussions que sur les seules activités télécoms du conglomérat, également propriétaire du groupe de télévision TF1.

Lundi, l‘agence Bloomberg avait rapporté qu‘Orange était en discussions préliminaires avec Bouygues au sujet d‘un rachat de ses activités dans les télécoms et les médias.

Le PDG de TF1 Nonce Paolini a pour sa part déclaré jeudi qu‘il n‘existait aucune discussion concernant un éventuel rachat du groupe de télévision privé par Orange, ajoutant avoir reçu des assurances de Martin Bouygues sur ce point.

Selon la source, les contacts entre Bouygues et Orange ont repris une fois terminé le processus d‘enchères pour les fréquences 700 MHz, qui ont rapporté à l‘Etat davantage que les 2,5 milliards initialement prévus.

Prié de dire si la fin du processus des enchères qui ont été attribuées le mois dernier avait modifié la perception du gouvernement, Emmanuel Macron a répondu: “L‘un n‘était pas lié à l‘autre mais il n’y a pas de position de principe du gouvernement.”

Au moment du projet avorté de reprise de Bouygues Telecom par Numericable-SFR, le ministre, qui a déjà déclaré par le passé qu‘il n‘existe pas un nombre magique d‘opérateurs, avait dit redouter les conséquences d‘une telle opération sur l‘emploi et les investissements.

Dans le scénario d‘un rapprochement Orange-Bouygues Telecom, le risque d‘une casse sociale serait limité, estiment les analystes d‘Oddo Securities, en raison des 30.000 départs naturels prévus chez Orange à l‘horizon 2020.

Edité par Marc Joanny

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