4 décembre 2015 / 16:28 / dans 2 ans

Rome n'envisage pas d'acheter des actions Telecom Italia

MILAN (Reuters) - L‘Etat Italien n‘a pas l‘intention d‘acheter des actions de Telecom Italia pour contrer la montée d‘investisseurs français au capital de l‘opérateur, a-t-on appris vendredi de deux sources proches du dossier.

L'Etat Italien n'a pas l'intention d'acheter des actions de Telecom Italia pour contrer la montée d'investisseurs français au capital de l'opérateur, mais suit la situaiton de près. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Bianchi

Rome surveille néanmoins l‘évolution du dossier et pourrait utiliser son droit de veto pour protéger le réseau fixe de Telecom Italia, l‘actif le plus précieux de l‘opérateur historique, a dit l‘une des sources.

Vivendi détient 20,116% du capital de Telecom Italia, ce qui en fait le premier actionnaire du groupe, et souhaite se voir attribuer quatre sièges au conseil d‘administration.

De son côté, Xavier Niel, le fondateur d‘Iliad, est potentiellement le deuxième actionnaire de l‘opérateur italien puisqu‘il dispose d‘options d‘achat susceptibles de lui octroyer un peu plus de 15% du capital.

Cette double montée a conduit certains observateurs à spéculer sur la possibilité d‘une entrée de l‘Etat italien au tour de table de Telecom Italia via la Cassa Depositi e Prestiti (CDP). “La CDP n‘est pas en train de prendre une participation”, a dit une source directement informée de l‘évolution du dossier.

Les projets de Vivendi pour Telecom Italia n‘étant toujours pas clairs, le gouvernement italien ne veut pas s‘engager par crainte de devoir partager la responsabilité de décisions controversées comme, par exemple, la vente de la filiale brésilienne de téléphonie mobile de l‘opérateur, a dit l‘autre source.

Cette même source a fait état d‘une certaine préoccupation au sein du gouvernement concernant les projets du président de Vivendi, Vincent Bolloré, pour Telecom Italia.

Le gouvernement de Matteo Renzi s‘inquiéterait en particulier de l‘éventualité d‘un accord entre Bolloré et le diffuseur Mediaset, contrôlé par Silvio Berlusconi, ou de toute décision pouvant entraîner des suppressions d‘emplois en Italie.

Matteo Renzi a récemment rencontré Xavier Niel et, séparément, des représentants de Vivendi, ont rapporté les sources.

Vivendi, qui sollicite une représentation au sein du conseil d‘administration de Telecom Italia, assure ne pas avoir l‘intention d‘exercer une influence exagérée sur le groupe ni d‘engager un rapprochement avec l‘opérateur italien.

Paola Arosio, Luca Torgni et Valentina Za, Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand

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