15 septembre 2014 / 13:38 / dans 3 ans

Netflix veut se concentrer sur l'Europe avant de voir plus loin

PARIS (Reuters) - Netflix veut se concentrer dans l‘année qui vient sur la réussite de sa conquête des consommateurs français et allemands avant d‘envisager une nouvelle phase de son expansion qui pourrait l‘emmener en Asie, a déclaré à Reuters son PDG Reed Hastings.

Le PDG de Netflix, Reed Hastings. Le groupe aux 50 millions d'abonnés veut se concentrer dans l'année qui vient sur la réussite de sa conquête des consommateurs français et allemands avant d'envisager une nouvelle phase de son expansion qui pourrait l'emmener en Asie. /Photo prise le 15 septembre 2014/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Déjà présent dans 40 pays, le groupe aux 50 millions d‘abonnés a donné lundi à Paris le coup d‘envoi de son plus vaste projet d‘expansion depuis son entrée en Amérique latine en 2011. Suivront l‘Allemagne, la Belgique, la Suisse et l‘Autriche dans les jours à venir.

Netflix ne compte pas s‘arrêter là et pourrait prochainement mettre le cap vers l‘Asie, explique Reed Hastings, le cofondateur de l‘ancien loueur de DVD qui ambitionne de devenir une plateforme mondiale à l‘horizon des dix prochaines années.

“Quand on regarde l‘Asie, la Corée et le Japon sont des choix évidents car il s‘agit de pays aisés avec beaucoup de contenus et d‘accès internet”, a-t-il expliqué, citant aussi l‘Espagne comme possible cible.

Mais Netflix devra d‘abord réussir son pari européen avec l‘objectif d‘atteindre d‘ici cinq à dix ans en France et en Allemagne la même part de marché qu‘il contrôle aujourd‘hui aux Etats-Unis, soit 30% des foyers.

“Pour cette année, nous allons nous concentrer sur notre succès ici. Après le lancement, c‘est là que le vrai travail commence : améliorer le contenu et intégrer les ”boxes“”, a-t-il ajouté lors d‘un entretien à Paris.

L‘offre de Netflix sera proposée entre 7,99 euros et 11,99 euros par mois dans l‘Hexagone, comme dans la majorité des autres pays européens, et donnera accès à un vaste catalogue de séries, de films et de programmes pour enfants, pour certains originaux telle la production maison “Orange is the new Black” ou des inédits comme la série “Fargo”.

Le pari est audacieux pour Netflix qui s‘était jusque-là confronté en Europe à des territoires où l‘anglais était largement utilisé.(voir)

Signe de son ambition, le groupe a annoncé pour la première fois, dès son lancement, un accord avec un opérateur pour la distribution de son offre dans une “box”.

SUR LA BOX BOUYGUES TELECOM

Bouygues Telecom, filiale de Bouygues, est le premier à être sorti des rangs des opérateurs français, en annonçant ce lundi matin qu‘il proposerait les services de Netflix sur sa BBox Sensation et sa future box Android.

En Allemagne, Netflix devrait annoncer mardi, jour de son lancement Outre-Rhin, des partenariats similaires avec les opérateurs Vodafone et Deutsche Telekom, selon des médias allemands.

Sur l‘un des autres enjeux clefs qui porte sur l‘adaptation de son offre de contenus aux nouveaux publics qu‘il espère conquérir, Netflix a également pris les devants avec la production d‘une série “made in France” baptisée “Marseille”. Elle viendra enrichir le portefeuille de séries originales de la maison dont le fameux “House of Cards”.

Une série, même de qualité, ne constitue pas à elle seule une offre, a fait valoir sur France Inter Rodolphe Belmer, le numéro deux du leader de la télévision payante en France Canal + (Vivendi) qui voit arriver avec Netflix un nouveau concurrent aux poches pleines.

“A l‘ouverture ce matin, Netflix propose 2.950 heures de séries, Canal Play, 3.800. L‘offre de CanalPlay est donc largement plus abondante que celle de Netflix”, a-t-il souligné évoquant le service de vidéos en illimité par abonnement (SVoD) de Canal+ qui compte 500.000 abonnés.

“Nos séries originales ne resteront pas sans lendemain en Europe”, a assuré pour sa part Ted Sarandos, le directeur des contenus de Netflix, ajoutant qu‘une réflexion sur une création originale était aussi en cours en Allemagne.

Pour les experts de Deloitte, l‘offre du géant américain s‘annonce comme un succès en Europe, même si elle ne devrait pas bousculer dans un premier temps l‘écosystème.

“Ce sont des offres qui seront complémentaires par rapport à l‘offre existante”, explique Ariane Bucaille, responsable technologies, médias et télécoms, rappelant qu‘aux Etats-Unis, où Netflix compte 35 millions de clients, le nombre d‘abonnés ayant résilié leur abonnement au câble en 2013 était de 0,2%.

En permettant de consommer des contenus sur n‘importe quel support et à n‘importe quel moment, l‘essor des Netflix et consors devrait en revanche, à un horizon de 10 à 15 ans, contribuer à la transformation des habitudes des consommateurs aux dépens de la télévision linéraire classique.

Le chemin est encore long : la SVoD ne représente à ce jour que 1,5% en valeur du marché de la télévision payante, selon Deloitte.

Voir aussi :

Le communiqué de Bouygues Telecom :

bit.ly/1uOeHnN

Le raz-de-marée Netflix à l‘épreuve du vieux continent

Edité par Jean-Michel Bélot

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