23 mars 2014 / 08:45 / il y a 4 ans

Huawei condamne tout espionnage américain, se dit indépendant

BERLIN (Reuters) - Huawei, géant chinois des télécommunications et de l‘internet, a défendu dimanche son indépendance à l‘égard des autorités chinoises et déclaré qu‘il condamnerait toute infiltration de ses serveurs par les services secrets américains si ces accusations étaient fondées.

Selon le New York Times, la NSA (National Security Agency) américaine a infiltré les serveurs du siège du géant chinois des télécommunications et de l'internet Huawei, recueillant des informations sensibles et captant des communications entre cadres dirigeants. /Photo d'archives/REUTERS/Tyrone Siu

S‘appuyant sur des documents fournis par l‘ancien consultant de la NSA Edward Snowden, le New York Times et le magazine allemand Der Spiegel rapportent que la National Security Agency a infiltré les serveurs de Huawei, a surveillé les communications de ses dirigeants et a obtenu des informations sensibles sur la compagnie chinoise.

“Si les actions mentionnées dans ces articles de presse sont vraies, Huawei condamne de telles activités d‘intrusion et d‘infiltration dans nos réseaux internes et de surveillance de nos communications”, a déclaré John Suffolk, responsable mondial de la sécurité informatique du groupe, à Reuters.

Le New York Times écrit que l‘un des objectifs de l‘opération, baptisée “Shotgiant”, était de mettre au jour des liens entre Huawei et l‘armée chinoise. L‘opération a visé également à tirer parti de la technologie de Huawei. La NSA cherchait ainsi à effectuer une surveillance via des ordinateurs et des téléphones du réseau Huawei vendus à des pays tiers.

La NSA se tenait aussi prête à lancer des attaques informatiques si le président des Etats-Unis en donnait l‘ordre, selon le journal.

D‘après Der Spiegel, la NSA menait une offensive numérique contre les dirigeants politiques de la Chine, notamment l‘ancien président Hu Jintao et les ministères du Commerce et des Affaires étrangères.

“Si nous pouvons déterminer les projets et les intentions de la société”, écrit un analyste dans un document de 2010 cité par le New York Times, “nous espérons que cela nous conduira aux projets et aux intentions” du gouvernement chinois.

PORTES DÉROBÉES

Le Times relève en outre que les responsables américains considèrent Huawei comme une menace et qu‘ils l‘ont empêchée de développer ses affaires aux Etats-Unis par crainte de la voir installer des équipements dotés de “portes dérobées” susceptibles d‘être ensuite utilisées par l‘armée chinoise ou des pirates afin de subtiliser des secrets économiques ou gouvernementaux.

“Nous ne fabriquons assurément pas de portes dérobées”, a réagi John Suffolk, lui-même Britannique, en assurant que sa société n‘avait jamais transmis ses codes sources à un quelconque gouvernement.

“Je ne sais pas quelles sont les pratiques des entreprises américaines. On ne nous a jamais demandé de remettre la moindre donnée à un gouvernement ou à une autorité ni de faciliter l‘accès à notre technologie”, a-t-il poursuivi. “Et nous ne le ferions pas. Notre position sur ce point est très claire.”

Les autorités américaines démentent tout espionnage de sociétés étrangères par la NSA dans le but de donner un avantage compétitif aux entreprises américaines. Elles reconnaissent toutefois que dans le cadre des procédures d‘évaluation des perspectives économiques et politiques de pays tiers, les services secrets américains sont susceptibles de recueillir des données relatives à des entreprises.

Les articles du Times et du Spiegel ont été publiés quelques jours avant la tournée en Europe du président chinois Xi Jinping. Ce dernier doit notamment s‘entretenir avec la chancelière allemande Angela Merkel, dont le téléphone aurait aussi été surveillé par la NSA.

Dans une interview au Spiegel, Michael Hayden, qui a dirigé la NSA de 1999 à 2005 puis la CIA jusqu‘en 2009, déclare que Washington a sous-estimé la réaction d‘Angela Merkel et de la population allemande aux révélations sur l‘espionnage massif pratiqué par les Etats-Unis.

Il refuse de présenter des excuses pour cet espionnage mais se dit “prêt à présenter des excuses pour le fait que nous ayons mis un bon ami dans l‘embarras”. “Honte à nous, c‘est notre faute”, dit-il.

Andreas Rinke, avec Will Dunham à Washington; Bertrand Boucey; pour le service français, édité par Véronique Tison

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